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Archives pour 07/2010

Danyka et Stéphane se marient

30 juillet 2010
Stéphane et Danyka, Mont Saint-Hilaire, 24 juillet 2010

Après une dizaine d’années de vie commune et deux filles, ma petite soeur a décidé de marier son chum. À moins que ce ne soit le contraire.

Je me suis donc amusé à faire quelques portraits de famille avec mon Mamiya. Malheureusement, la numérisation fait à partir d’un scanner à plat ne rend pas justice au potentiel de cet appareil moyen format et de la pellicule.

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29ième semaine

20 juillet 2010
Marie-Pierre, juin 2010

En juin dernier, Marie-Pierre commençait sa 29ième semaine de grossesse.

Tout au long de la grossesse, je me suis aussi amusé à la photographier à l’aide d’un appareil moyen format, comme ici, plus bas, à la 25ième semaine.

Marie-Pierre, mai 2010

Ces photographies de bedaines ont été prises avec un appareil 120. Ce qui explique, en quelque sorte, le délai de « publication ». En plus du développement de la pellicule, il faut faire la numérisation… Cet appareil ne comprend pas que des avantages…

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« Ma ville est dans mon ventre »

14 juillet 2010

C’est dans l’avion qui me ramenait à Port-au-Prince en juin dernier que j’ai lu ce texte. Écrit le 6 septembre 2006 par Frankétienne, auteur, poète et artiste Haïtien, il a été publié dans « Une journée haïtienne » de Thomas C. Spear. Je cite de longs extraits où l’auteur parle de sa ville qu’est Port-au-Prince.

« Depuis mon réveil, aux premières poussées de l’aube, je me mets à penser au retour de Marie-Andrée qui vient de marouler un long séjour dans la cité des tours fantômes. Loin du pays. Loin de la maison. Loin de moi.

Au fond, je ne pense qu’à moi-même, à ma solitude incurable dans cette foutue ville port-au-princienne que j’aime avec rage. Avec hargne et douleur.

Seul, je me suis toujours senti seul. Et aujourd’hui encore, je me sens seul dans ce foutoir mouroir dépotoir d’infernal paradis. Je ne m’en suis jamais plaint. Je ne m’en plains pas. Je ne m’en plaindrai jamais. Toutes les déblosailles, les salopritures voluptueusement jouissives de ma ville miracle et malédiction m’habitent totalement. Elles sont dans mes tripes et ma tête.

[…]

Violences, viols, injustices, kidnappings. Tout cela sur fond de misère grinçante autour de minuscules îlots d’un semblant de bien-être et de bonheur chrysocalque. Un étrange cinéma à trame de peur, de stress, de douleur, de provocation, d’arrogance, de faux espoir, de répugnante résignation et de train-train répétitif de mal-vivre et de mal-être.

Arc-en-ciel de silence

l’imaginaire change de forme

et le corps se déplace lentement sous la lune des muettes métamorphoses

un soleil virulent me dévore les entrailles.

Il est midi.

[…]

L’âme reste rongée de violence au feu des mutations sauvages

La mort s’active au moulin des malheurs noyant rêves et chimères.

Rien. Plus rien. Absolument rien. Ni jour ni nuit. Ni temps ni lieu. Ni blanc ni noir. Ni chair ni feu. Ni bois ni pierre. Ni mâle ni femelle. Ni mer ni ciel. Ni toi ni moi. Ni plus ni moins. Ni œuf ni bœuf. Ni vent ni paille. Rien. Absolument rien que le dire hypothétique du non-dire infinitif.

Partir. Revenir. Une histoire d’amour à cheval d’arçon. Des trébuchements. Déséquilibre et chutes évités. Voir. Se revoir. Dire. Dédire et déparler jusqu’au délire.

Non-événement.

Non-fiction.

Non-retour.

Voyager vers le tout.

Voyager tout-partout.

Voyager vers nulle part.

Voyager vers la mort au tempo du néant aux infinis battements de rien définitif.

Un théâtre d’ombre et de rumeurs aux premières lueurs du crépuscule. Tumultueuses agitations à charge de pluie et de sang. Éclairs et bégaiement d’étoiles.

Je travers la ville pénombre d’inquiétude et de bruits sourds. J’avance dans un espace métissé de ténèbres et de clartés. Soudain j’arrive dans les environs de l’aéroport.

[…] »

***

Port-au-Prince mis en mot, en quelque sorte : ses contrastes, ses contradictions, ses joies, ses peines. « Ni jour ni nuit. Ni temps ni lieu. Ni blanc ni noir. »

Je reviendrai sur ce recueil de textes, « Une journée haïtienne » de Thomas C. Spear qui « initie un volume où les poètes, romanciers, auteurs de théâtre et autres nouvellistes annoncent et dénoncent, témoignent et illustrent le vivre à vif d’un peuple. Sans besoin de petite musique de nuit pour endormir ou pour travestir. […] appliqué à lire plus loin que le regard […] Spear transforme le voyage au loin en quête. Quoi de plus fertile !  [...] » Tiré de l’Avant-propos : Journée haïtienne : on en redemanderait ! d’Édouard J. Mounick.

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Voyages et littérature – Haïti

7 juillet 2010

Une suite, en quelque sorte, à « Voyages et littérature » publié le 16 février dernier.

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Me voilà de retour de Port-au-Prince. Un second séjour de tournage depuis le séisme du 12 janvier dernier. Lors de voyages de production comme ceux-là, il m’est bien entendu difficile de porter mon attention ailleurs que sur le projet. J’ai donc dû laisser de côté mon appareil photo qui me suit toujours, et mes livres de lecture pour ne pas perdre le fil.

*

Depuis janvier, mais surtout depuis mai dernier, je tente de parfaire ma connaissance de la littérature haïtienne qui se limitait presque exclusivement à Dany Laferrière et Émile Ollivier dont j’ai retrouvé un des livres dans ma bibliothèque juste avant mon départ. Je me suis promis d’y revenir.

J’ai commencé mes devoirs avec  « Gouverneurs de la rosée » de Jacques Roumain. À Port-au-Prince même, j’ai mis la main sur une édition haïtienne de « Les comédiens » de Graham Green, dont l’intrigue se passe à l’Hôtel Oloffson durant les pires années du régime de Papa Doc et sa célèbre et sanguinaire milice des Tontons Macoute.

Au cours des derniers jours, je me suis lancé à la recherche de sites d’intérêts sur Haïti. Un premier « répertoire » trouvé : le blogue « Papalagui, littératures éparses et ultrapériphériques » de Christian Tortel sur site des blogs du Monde, qui nous réfère à plusieurs pages sur Haïti, dont ce blogue de Jean-Marie Théodat. Ce matin, je suis tombé sur ce texte, « Le deuil des autres« , publié au lendemain des défaites du Brésil et de l’Argentine à la Coupe du monde en Afrique du Sud. L’auteur termine son article avec ce paragraphe – c’est moi qui souligne :

« Je me dis que le football n’est qu’un prétexte à une confrontation nécessaire entre des groupes dont c’est l’ultime raison d’exister, en l’absence d’actions et de projets de société qui les mobilisent en vue du bien commun et de l’intérêt général. Cette belle jeunesse à l’énergie profuse fourmille d’idées et de chantiers, mais il manque une vraie partition, une feuille de route claire pour diriger cette débauche de talents et cette saine passion vers des buts plus élevés qu’un simple carré de filet sur une pelouse factice. Un peuple qui accorde autant d’importance à une manifestation sportive à laquelle elle n’a même pas été invitée, alors que les décombres de la capitale sont encore fumants sous ses tentes, ne peut pas être tout à fait idiot, ni tout à fait insensible à la douleur. Je préfère y voir le signe d’une résilience réelle, d’un fairplay souverain dans la défaite sportive comme dans le deuil et qui semble y préparer. Il s’agit d’un signal envers les élites pour dire que ce peuple aussi rêve de victoires et de trophées, qu’il est encore capable de se mobiliser et de s’enthousiasmer pour des objectifs élevés. Bref, qu’il n’est pas enseveli ni abasourdi par la chute des murs. Qu’il est encore debout. « Se bite l’bite, l’poko tonbe ». Il a beau trébucher, il n’a pas encore touché le sol. »

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Première brassée

3 juillet 2010
Montréal, 2 juillet 2010

Images du quotidien

De retour à Montréal…

2 juillet 2010
Marie-Pierre, 1er juillet 2010

Je retrouve ma copine et les préparatifs de la naissance de notre petite, prévue à la mi-août. Elle bouge, elle bouge!

Un bon retour!

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Port-au-Prince – Montréal

1 juillet 2010
Port-au-Prince, Haïti, 30 juin 2010

Montréal - La seule image prise avec mon appareil photo durant mon séjour de tournage à Port-au-Prince. Un rappel d’une photographie prise en janvier dernier.

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