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Sauvons le documentaire !
Le regroupement « sauvonsledocumentaire.ca » a officiellemement lancé son action jeudi dernier lors d’une conférence de presse. Il faut agir parce que le gouvernement canadien met en péril le documentaire. Visitez le site www.sauvonsledocumentaire.ca et signez la pétition dans la section « Agissez »!
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J’ai signé cette pétition parce que je crois en l’importance du documentaire et que je suis pour une production indépendante de sujet et de traitement qui n’a pas à se conformer aux cotes d’écoute ou aux préoccupations de nos gouvernements et entreprises « culturelles »… pour une société ouverte, libre et démocratique.
Blogue et assiduité
Il n’est vraiment pas facile d’entretenir un blogue avec une bonne fréquence. Mes longs silences des derniers temps sont dus en grande partie au fait que je tente de compléter le scénario de « Quand le Sud monte au Nord », un exercice difficile qui m’empêche, en quelque sorte, d’écrire et même de lire autre chose. Cela est sans compter quelques autres projets sur lesquels je travaille, dont le webdocumentaire avec l’Office national du film — Onf — où je suis réalisateur et photographe. Vous verrez les premières séquences de ce documentaire interactif autour de la mi-août. Entre temps nous sommes une bonne équipe, d’un océan à l’autre, à suivre nos personnages sur fond de crise économique.
Dans les prochains jours je devrais me remettre un peu plus régulièrement à cet exercice d’écriture « blogue ». Parce qu’en plus de déposer d’ici peu une première version de mon scénario à mes producteurs — Virage devenu depuis Specta Virage Media –, je prends la route du Québec en direction des Îles-de-la-Madeleine. Une dizaine de jours de congé où j’en profiterai pour faire un peu de photographie… et continuer à travailler dans un décor de dunes, où de longues marches ponctueront la journée.
Obama au Caire et quelques commentaires recueillis ici et là
La plupart des commentateurs s’entendent pour dire que le discours de Barack Obama, cette semaine au Caire était, pour le moins important, voire même certainement historique (lien vers le discours intégral en français).
Toutefois, comme le précise Gil Courtemanche dans son commentaire du Devoir de ce weekend, « Le président américain n’a annoncé rien de neuf. […] Ce qui est historique, ce sont le respect, l’ouverture et l’humilité dont il fait preuve. Ces trois qualités ont rarement fait partie de l’arsenal des Etats-Unis dans leur conduite des affaires mondiales. »
Je poursuis avec Alain Gresh du Monde diplomatique, et l’article qu’il publie aujourd’hui même sur son blogue :
« Incontestablement, le discours du président Barack Obama prononcé le 4 juin au Caire est important. Sa signification réelle, nous la mesurerons dans les prochains mois. Je voudrais ici simplement reprendre quelques réactions et analyses, qui vont de l’enthousiasme au scepticisme, de divers commentateurs et responsables arabes, israéliens et occidentaux. […] »
« Daniel Levy, sur son blog (projet conjoint de la New American Foundation et de The Century Foundation) fait dix remarques à chaud sur le discours, « 10 Comments on Obama in Cairo – Still Accumulating, Not Expending Capital ». Il fait dix commentaires dont je retiens les suivants (dans son introduction, Daniel Levy remarque que le président n’a pas prononcé le mot de terrorisme) :
• le discours marque l’acceptation du dialogue avec l’islam politique ; il trace une ligne de démarcation claire entre Al-Qaida et d’autres mouvements politiques, notamment le Hamas dont il affirme qu’il a un rôle à jouer dans l’avenir de la Palestine ;
• même si le discours est important, rien n’a été défini en termes d’analyse concrète ;
• le président a reconnu l’implication des Etats-Unis dans le coup d’Etat de 1953 en Iran (même s’il n’a pas présenté d’excuses) et il a affirmé le droit de l’Iran a l’énergie nucléaire pacifique ;
• il n’a eu aucun mot positif sur le président Moubarak et il a maintenu l’importance du droit des peuples à choisir librement leur gouvernement.
Le journaliste britannique Robert Fisk, qui avait publié le 2 juin un article très négatif sur le discours à venir du président dans le quotidien The independent (« Most Arabs know this speech will make little difference) », semble infléchir sa position le 5 juin dans son texte « Words that could heal wounds of centuries » :
« En l’écoutant, on se dit : Obama ne mentionne pas l’Irak, et ensuite il le fait (“une guerre choisie… nos troupes combattantes partiront”). On se dit il ne mentionne pas l’Afghanistan, et ensuite il le mentionne. » Bien sûr, le président américain omet plusieurs points, l’arme nucléaire israélienne ou la guerre israélienne contre Gaza. Et Robert Fisk de conclure :
« Un type intelligent, cet Obama. Ce n’était ni Gettysburg, ni Churchill, mais pas mal quand même. On peut seulement se rappeler les observations de Churchill, “les mots sont faciles et nombreux, les grandes actions sont difficiles et rares.” » […] »
Alain Gresh poursuit un peu plus loin :
« Helena Cobban, dont on connaît le blog « Just World News », était à Damas le jour du discours et elle a inteviewé Khaled Mechaal, le chef du bureau politique du Hamas (« US-MIDEAST : Hamas Leader to Obama : Deeds, Not Words »).
Mechaal : « Le discours était intelligemment écrit pour s’adresser au monde musulman et dans la manière dont il a montré du respect pour l’héritage musulman. Mais je pense que ce n’est pas suffisant. Ce dont on a besoin, ce sont des actes, des actes sur le terrain, un changement de politique.
(…) Pourquoi Obama est prêt à dialogue avec l’Iran sans conditions préalables, et pas avec nous. Obama utilise des mots nouveaux en partie différents de ce que nous avons entendu chez Bush, mais en aucun cas nous n’acceptons de préconditions. »
Le dirigeant du Hamas a affirmé qu’il était prêt à prendre un café avec George Mitchell, l’envoyé du président Obama qui doit se rendre dans la région ces jours-ci. Il a rappelé que Mitchell qui avait contribué à la paix en Irlande du Nord devait agir comme il l’avait fait là-bas, parler avec tout le monde, sans conditions préalables.
Enfin, un petit rappel historique, le discours que le président William Clinton avait prononcé à Gaza, le 14 décembre 1998, « Remarks by the president to the members of the palestinian national council and other palestinian organizations ». Le président américain y disait déjà aux Palestiniens : « Je connais les souffrances terribles qui ont résulté de la violence, de la séparation des familles, de la restriction dans la circulation des personnes et des biens. Je comprends votre préoccupation devant la colonisation, la confiscation des terres et la démolition des maisons. » Dix ans plus tard, les mêmes problèmes demeurent… »
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Il reste donc au président américain à faire ses preuves en agissant. Car ce discours ne doit pas faire oublier la réalité sur le terrain. Pensons seulement à l’annonce faite par le premier ministre israélien de poursuivre la colonisation des territoires palestiniens en Cisjordanie au lendemain de sa première visite à Washington. Qu’a fait le président américain, lui qui se dit contre la poursuite de la colonisation ?
Alors que fera-t-il dans les prochains mois pour donner suite à ses belles paroles prononcées cette semaine ?
« Afghanistan and Canada »
Les éditions Black Rose Book viennent de publier “Afghanistan and Canada. Is there an Alternatives to the War” un recueil d’articles sous la direction de Lucia Kowaluk et Steven Staples. Un livre auquel j’ai participé avec une série de photographies tirée de mes différents voyages dans le pays entre les années 2003 et 2007.
(Je profite de ce blogue pour corriger deux des légendes qui accompagnent les photographies.)
Voici la table des matières :
Afghanistan and Canada
Is There An Alternative To The War?
Lucia Kowaluk and Steven Staples, editors
Canada has steadily increased its military involvement, but just what is the mission, and where might we end up next?
Table of Contents
Introduction by Lucia Kowaluk and Steven Staples, editors
Photographs essay by Dominic Morissette
THE CONTEXT
Canada in Afghanistan ‘a well-intentioned atrocity’ by Michael Neuman
War-fighting role in Afghanistan betrays Canadian Values by Murray Dobbin
Harper is Happy to turn Canada from Peacemaker to War-maker by Murray Dobbin
Putting an End to the ‘Great War for Civilization’ by D’Abord Solidaires
HISTORY and BACKGROUND
What is Canada Promoting in Afghanistan ? a brief history of its role by John W.Warnock
Afghanistan: Mirage of the Good War by Tariq Ali
Canada’s Role in the Occupation of Afghanistan by Echec a la Guerre
CURRENT SITUATION and CANADA’S ROLE
How much is this War Costing Canadians ? by Steven Staples
The Challenges to Aid: Humanitarian and Development work in the ‘War on Terror’ by Stephen Cornish
Afghan Torture Furor Shows How Canada Kowtows to the U.S. by Linda McQuaig
No Life Like It: The PR Battles of the Canadian Military by Ira Basen
Is the War in Afghanistan Legal? by Ligue des droits et libertes
Finally We Know Why Canada is War-fighting in Khandahar by Richard Preston
WOMEN’S QUESTION
The Role of Women in Building Afghan Society by Cheshmak Farhoumand-Sims
An Interview with Afghan MP Malalai Joya by Asad Ismi
A Visit to a Pashtun Village by Rosemary Whalley
GEO-POLITICS and ENERGY
Afghanistan as a Natural Gas Pipeline Route by John Foster
A Pipeline Through a Troubled Land: Afghanistan,Canada, and the New Great Energy Game by John Foster
WHAT CAN BE DONE?
What Has Happened to Canada’s Honourable Role as a Peace-Keeping Nation ? by A.Walter Dorn
Canada and the Crisis in Afghanistan by Pierre Beaudet
Afghanistan: a disastrous situation by Claude Castonguay
An Alternative to the Manley Preston by Richard Preston
Back to the ‘Peace’ in Peace-building: an old/new role for Canada by Peggy Mason
Biographies of Authors
« Afghanistan and Canada » a photo essay
Je profite de la publication par les éditons Black Rose Book de « Afghanistan and Canada ». Is there an Alternatives to the War” pour mettre sur mon blogue quelques photographies de l’Afghanistan que je n’avais jamais mises en ligne. La plupart des autres photographies de l’essai publié sont comprises dans ma série « Chroniques afghanes » qui a déjà fait l’objet d’une exposition à Montréal et à Jakarta de même que quelques entrées sur mon blogue.
Je commence par Kaboul.
“Afghanistan and Canada” – Formation vidéo et photographie
Lors de mes premiers voyages en Afghanistan, j’ai eu la chance de faire, pour l’organisation Alternatives, de la formation en vidéo et en photographie auprès de jeunes. Pour la plupart d’anciens réfugiés au Pakistan ou en Iran, certains d’entre eux et d’entre elles découvraient Kaboul pour la première, comme moi. D’autres y revenaient après un trop long séjour à l’étranger pour fuir les différentes guerres.
Yunnus, un étudiant en science politique, alors militant d’une organisation étudiante à l’Université nationale de Kaboul, travaille aujourd’hui – au moment de mon dernier voyage du moins – pour une télévision privée afghane. Avec lui, j’ai eu la chance de parcourir la ville et de m’attarder à la problématique étudiante. Venus de partout au pays, ils doivent réussir leurs examens d’entrée. Seul un faible pourcentage passe cette étape. Parce que s’ils ne réussissent pas, certains retourneront dans leur village. Mais d’autres ne pourront parce que leur famille est trop pauvre, alors ils viendront grossir le rang des sans-emplois, déjà endémique dans la capitale.
“Afghanistan and Canada” – La campagne présidentielle
Au cours de l’été 2004, en plus de la formation vidéo, j’ai réalisé avec une petite équipe de jeunes, la campagne visuelle – vidéo et photographie – des dix-huit candidats à la présidence. Un travail hautement stimulant que j’ai fait avec des amis Afghans et Français de chez Awaz production.
Aujourd’hui, la plupart de ces jeunes travaillent toujours pour cette boite de production afghane à la réalisation d’émissions et de reportages pour la télévision nationale.
« Favela Rising » au Drop in de Saint-Michel
Hier soir, je présentais aux jeunes du Drop in, le documentaire « Favela Rising » de Jeff Zimbalist et Matt Mochary. Le film relate l’historique du mouvement qu’est devenu Afro Reggae mais surtout trace le portrait d’Anderson l’un des chanteurs et leader du groupe.
L’aventure commence dans la favela de Vigario Geral à Rio de Janeiro en 1993, au lendemain d’un massacre de 21 personnes innocentes exécutées par la police militaire pour venger quatre des leurs. Les pionniers d’Afro Reggae ne pouvaient imaginer mettre sur pied une organisation qui allait rapidement franchir les frontières du quartier. Anderson, alors adolescent et déjà proche de la petite criminalité, c’est joint au groupe, après que son frère eut été l’une des victimes de la fusillade. Ainsi commence sa « guerre pour la paix » avec comme armes les mots, les rythmes, la dance et la culture.
Comme je l’ai souvent mentionné, depuis Afro Reggae s’exporte partout au Brésil et ailleurs dans le monde avec son band et sa philosophie de changements social par l’art.
Les jeunes du Drop in ont beaucoup aimé. Ils étaient une dizaine à regarder attentivement et à poser des questions ou faire des commentaires : « Mais est-ce de vraies armes ? », « Ah ! Mais c’est incroyable ! ». Et ils ont été émus par la fin.
Un documentaire qui nous fait vivre une histoire et de vraies émotions.
Le Drop in 18 – 30 de Saint-Michel à Montréal
Le Drop in de Saint-Michel a été fondé en 2004 et est né de la demande des jeunes adultes du quartier qui désiraient avoir un lieu pour se retrouver entre eux et pour pratiquer le breakdance, le chant et toutes autres activités liées à la culture hip-hop en général. « Les jeunes en avaient marre de ne pas savoir où aller, ma raconte Mai Tran, la jeune coordonnatrice. Il n’existait pas de lieux pour eux. Souvent, ils se retrouvaient à la station de métro où la police les harcelait et leur donnait des contraventions. Ce qui ne favorisait pas de bonnes relations. La nécessité de ce lieu est donc venue en partie de ce constat. »
Ce projet met donc à leur disposition des moyens pour aider à développer leur créativité. Bien entendu, le manque criant de ressource ralentit les ardeurs. Toutefois, la motivation des intervenants et le besoin des jeunes de se retrouver dans un lieu qui leur appartient sont plus déterminants que tout.






















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