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Quand Afro Reggae et le Bad Taste Cru discutent ensemble

27 mai 2009

Je reviens un peu en arrière, soit au moment de mon voyage de recherche à Newcastle en Angleterre, pour le projet « Quand le Sud monte au Nord ».

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La veille de la fin des ateliers et du départ de Juniho le percussionniste et de Beto le chorégraphe d’Afro Reggae, Paul Heritage du People’s Project Palace organise une discussion d’échange et d’organisation entre eux et quelques « Breakdancers » du Bad Taste Cru en prévision de la prochaine visite des Brésiliens en octobre 2009.

Ils interviennent à tour de rôle et Paul traduit dans les deux langues. Juniho : « Quand je vois des gens comme vous [les membres du Bad Taste Cru] je me dis que la solution n’est pas Afro Reggae et nos ateliers. Non, la solution c’est vous. En fait, nous apprenons nous aussi, peut-être autant que vous. C’est ça qui est super dans ces échanges. Nous partageons une même vision et une même approche de l’art. Que nous soyons blanc, noirs, jaunes même rouges, nous sommes tous humains. »

À cela l’un des jeunes répond : « Il est vrai que nous partageons la même passion. C’est ce que nous avons découvert cette semaine avec vous. Malgré les différences apparentes, nous sommes tous semblables. »

Ils conviennent ensemble que la prochaine session d’ateliers qui aura lieu en octobre prochain devra porter d’avantage sur la création collective que sur une série d’ateliers animée par les membre d’Afro Reggae.

Donc Afro Reggae, ses percussionnistes et son chorégraphe travailleront en collaboration avec le Bad Taste Cru et ses « streetdancers », quatre heures par jour, à la création d’une performance.

Et si « Quand le Sud monte au Nord » prenait prétexte de cette création Sud-Nord et de ces rencontres et échanges entre les deux groupes pour donner à voir le pouvoir de la création ?

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Spectacle de fin d’atelier au Dance City

14 mai 2009
Dance city
Dance city
Spectacle de fin d'atelier au Dance City
Spectacle de fin d’atelier au Dance City, Newcastle, 9 avril 2009
Rokas et sa partenaire au Dance City, Newcastle, avril 2009
Rokas et sa partenaire au Dance City, Newcastle, 9 avril 2009

Pour poursuivre dans la série photos de scènes.

Je n’avais pas encore montré les photographies du spectacle qui résultait du workshop de danse et de percussion animé par Beto et Juniho d’Afro Reggae au Dance City de Newcastle.

Nous sommes donc jeudi après-midi, après seulement trois jours et demi d’ateliers. Les jeunes sont fébriles. Après une répétition générale le matin (voir plus tôt sur mon blogue), les voilà enfin prêts pour se lancer dans l’arène.

Et quel spectacle! Aux carences du manque d’expérience de certains, Beto a su improviser une chorégraphie où les mouvements et les rythmes afro-brésiliens ont été incorporés dans une performance bien contemporaine. Mais plus que tout, un sentiment d’appartenance et d’accomplissement se lisait sur tous les visages.

C’est Rokas du Bad Taste Cru qui ouvre le bal – voir les images de l’entrée précédente – et qui le clôt, avec la présentation d’une performance qu’il a chorégraphiée avec sa partenaire en vue d’une compétition le lendemain à Londres.

Les spectateurs sont impressionnés par un tel résultat. Bien entendu, la directrice du Dance City, Paul Heritage du People’s Project Palace et Beto et Juniho d’Afro Reggae sont très heureux.

Pour leur part, les membres du Bad Taste Cru dont Rokas, ont bien hâte de retrouver Afro Reggae. Parce qu’à l’automne prochain, ce sont huit Brésiliens qui sont attendus à Newcastle pour y donner des ateliers, mais aussi et surtout, pour participer à une session intensive de création avec cette troupe de breakdancer.

En partie, le sujet de mon film « Quand le Sud monte au Nord ».

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Rokas, Afro Reggae et la transmission par l’art

12 mai 2009

Rokas au Dance City, Newcastle, le 9 avril 2009
Rokas au Dance City, Newcastle, le 9 avril 2009
Rokas au Dance City, Newcastle, le 9 avril 2009
Rokas du Bad Taste Cru au Dance City, Newcastle, le 9 avril 2009

Je reviens sur Rokas, le danseur de Break Dance du Bad Taste Cru, rencontré à Newcastle dans le cadre de ma recherche pour le projet documentaire « Quand le Sud monte au Nord ».

Dans un premier temps, il parle de valeurs communes plutôt que de compétence pour expliquer la formation et les liens qui unissent les membres de son groupe. Il mentionne aussi de sa passion pour danse.

Dans la même entrevue il poursuit sur la nécessité de partager ses expériences et son savoir avec les jeunes de sa communauté. Nous reprenons donc la discussion à l’endroit où nous l’avons laissé :

« J’aime la musique, j’aime danser et pour ces gars-là d’Afro Reggae c’est la même chose. C’est ce qui nous unies. Nous utilisons les mêmes outils pour communiquer et pour enseigner aux autres.

« C’est exactement ce que fait Afro Reggae. Mais eux le font sur une plus grande échelle que nous et leurs objectifs sont certainement plus importants. C’est à cause de l’endroit d’où ils viennent, de ces quartiers difficiles. Nous sommes dans deux mondes différents, mais d’une certaine façon, nous nous rejoignons.

« Pour moi, bien entendu, l’enseignement est une part importante de mon revenu, parce que comme artiste, parfois tu réussis bien, parfois moins. C’est une question d’argent.

« Mais sur une base quotidienne, il est important de toujours faire ce que tu aimes. C’est ce qui est le plus important. Comme pour l’enseignement, c’est quelque chose qui te permet de ne pas a avoir un job comme euh!… Ça, c’est une chose. Même sans cela, j’enseignerais qu’en même, mais peut-être pas de façon si régulière. Parce que quand tu vois un jeune garçon qui essaie de faire un mouvement difficile, comment ne pas aller l’aider et lui montrer si tu sais le faire? C’est naturel. C’est quelque chose qui… qui… Comme je disais, cela va avec les valeurs de cette culture. Tu échanges, tu rencontres des gens, tu partages tes expériences et tes connaissances. »

Et au sujet des ateliers avec Afro Reggae, il poursuit :

« En terme de danse, j’ai appris de nouveaux mouvements et de nouveaux styles. Mais le plus important est que ces ateliers m’ont fait voir la danse d’une nouvelle façon. Cette semaine a vraiment été super. Je crois que je vais incorporer des choses que j’ai apprises dans mon propre style. »

Nous terminons l’entrevue par cette courte présentation :

« Mon nom est Rokas, je suis de Vilnius en Lituanie. Je danse depuis neuf ans et j’ai 23 ans… euh! c’est pas mal ça ! »

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Sola et le Drop in

10 mai 2009
La tulipe
Le La tulipe, Montréal, 1er mai 2009
LA tulipe
Jamel, au La tulipe, Montréal, 1er mai 2009
Sola et Las Lolas, au La tulipe, Montréal, 1er mai 2009
Sola et Las Lolas, au La tulipe, Montréal, 1er mai 2009

Jeudi 30 avril

Ma première discussion avec Sola remonte à près de deux semaines. C’est par téléphone que je lui expose mon projet de film avec Afro Reggae et le Bad Taste Cru et mon intention d’y inclure un chapitre montréalais. Je suis à la recherche d’une artiste engagée auprès de sa communauté comme je la crois être.

Immédiatement, elle m’explique son travail : « Je suis animatrice au Drop In de Saint-Michel auprès de jeunes adultes de 18 à 30 ans. Pourquoi des ateliers pour jeunes adultes ? Parce que pour cette tranche d’âge, il n’y a pas beaucoup d’activités dans le quartier, si ce n’est le sport.

« Il faut aussi créer un espace pour ces jeunes-là. Certains d’entre eux sortent de centres d’accueil à l’âge de 18 ans et ne savent pas trop où aller. Quelques uns sortent de prison… D’autres ne savent juste pas où se retrouver pour « chiller ».

« C’est un lieu pour créer et pour s’exprimer. Un endroit pour se rencontrer aussi. Ils sont plus d’une dizaine de jeunes à venir régulièrement. Cela est sans compter le studio d’enregistrement auquel ils ont accès. »

La discussion est parsemée d’expressions que je peine à comprendre ; je devrai m’y faire, la culture hip hop a son propre langage.

En terminant, elle m’invite au spectacle du lendemain avec son groupe Las Lolas, composé exclusivement de filles

Au La tulipe, Vendredi soir, 1er mai

Il n’est pas difficile de trouver Sola. La salle est encore vide et ils sont une dizaine autour d’elle. Carnet de notes à la main et cellulaire à l’oreille, elle raccroche : « Il vient d’arriver. Il cherche un parking. » Je la sens nerveuse. Je vais me présenter.

Dans moins de trente minutes le spectacle d’avant-première doit commencer. Ce sont les jeunes du Drop In qui ouvriront son propre show à elle, mais ils ne sont pas tous là encore. Ils se font attendre. Elle ne cesse de faire des appels.

C’est avec désinvolture, que le DJ arrive, salue tout le monde et monte directement sur la scène avec sa « caisse de lait » remplie de vinyles. Les écouteurs sur les oreilles, il se fait des mixes et s’amuse avec les platines.

Le spectacle d’une quarantaine de minutes commence avec quelques instants de retard. Jamel, le maître de cérémonie aussi intervenant au Drop In, annonce et présente les différentes formations qui se succèdent sur la scène, certains avec un peu plus d’aplomb que d’autres. En français, en anglais, en espagnol et certainement en créole, peu importe.

On réinstalle la scène pour Sola et sa formation. Avec sa guitare acoustique et son tabouret de bar, nous sommes loin de ce que j’imaginais comme show à tendance hip hop. Elle a une belle prestance sur scène. En cours de route, elle invite quelques collaborateurs qu’elle reconnaît dans la salle à venir à tour de rôle la rejoindre sur la scène le temps d’une pièce.

Aux pieds de la scène, les jeunes du Drop In semblent contents d’être là, d’avoir pu performer sur une vraie scène et d’assister à la prestation de Sola.

Tout au long de ces deux spectacles, c’est un peu l’esprit de Saint-Michel qui s’exprime. Fiers, les jeunes tout comme Sola, revendiquent leur appartenance à ce quartier plus au nord et à leur culture.

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Quelle sortie de crise ?

8 mai 2009
Newcastle, avril 2009
Newcastle, avril 2009
Chicago, décembre 2008
Chicago, décembre 2008

Dans la chronique de Gérard Bérubé dans le quotidien Le Devoir d’hier, on peut lire que : « Du point de vue statistiques économiques, nous sommes passés d’une période du «moins pire que prévu» à celle d’une décroissance moindre faisant espérer que le pire serait derrière nous, que le creux de la récession a été atteint au premier trimestre. […]

« Finalement, il serait permis de rêver d’une fin de récession et d’un retour à la croissance économique dans moins de quatre mois.

« Finalement, donc, l’année 2009 pourrait ne pas être si noire. Ce serait du moins le cas de ce côté-ci de l’Atlantique. Car sur l’autre rive, dans une Europe dont le modèle communautaire a surtout montré ses rigidités et ses inefficacités durant cette crise, on en est encore à craindre les chocs sociaux devant la montée attendue du chômage» (C’est moi qui souligne.)

Alors si je comprend bien, en plus de dire que de ce côté-ci nos gouvernements ont été efficaces, il nous annonce une reprise de l’économie et une augmentation des pertes d’emploi. Doit-on se réjouir de cette reprise financière au détriment du chômage qui augmente ? À lire cette chronique, il semble que oui. Par ailleurs, l’auteur confirme, en d’autres mots, ce que Gilles Courtemanche dénoncait il y a quelques semaines : soit le manque de réaction, voire même le manque d’indignation, ici en Amérique,  face à la gestion des dirigeants d’entreprise, à l’inaction de nos gouvernements et aux pertes d’emploi (voir «Crise économique et mépris… Et l’indignation dans tout ça ?»).

De plus, cette « sortie » de crise permettra-t-elle de revoir certains disfonctionnements cruels de nos économies ? Remettra-t-elle en cause ce  laisser-faire coupable de tant de maux sociaux ?

Sur la même page du journal on peut lire que selon l’organisation américaine de journalisme d’investigation, le Center for Public Integrity, « les banques américaines et européennes n’ont pas été des victimes de la crise financière qui a éclaté aux États-Unis en 2008, mais sont coupables de l’avoir délibérément provoquée. […] » À lire !

Après de tels constats, que doit-on espérer de la « reprise » économique ?

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Le Drop In de St-Michel

7 mai 2009
Drop In
Drop In
Drop In
Le Drop in à St-Michel, Montréal, 6 mai 2009
Le Drop in à St-Michel, Montréal, 6 mai 2009

Nous sommes dans le quartier Saint-Michel à Montréal, au 3333 de la rue Crémazie, la voie de service du Métropolitain, à l’intersection du boulevard Saint-Michel. Deux importantes artères de la ville.

C’est ici qu’a élu domicile le Drop In 18-30, une initiative de l’organisme Pact de rue pour les jeunes adultes du quartier. Après Rio de Janeiro et Afro Reggae,  Newcastel et le Bad Taste Cru, il est fort possible que «Quand le Sud monte au Nord» passe par ici.

Je reviens dans les prochains jours avec plus de détails sur cette organisme et ce quartier.

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Un webdocumentaire sur fond de crise économique

27 avril 2009
Camion
Camion
Camion de pitoune, La Tuque, Québec, août 2009
Camion de pitoune, La Tuque, Québec, août 2008

On vient de m’inviter à me joindre à l’équipe qui travaillera sur ce nouveau projet de webdocumentaire avec l’Office national du film du Canada. Un projet qui, en plus de couvrir la crise économique sur une année, d’un océan à l’autre, permettra un travail sur la forme documentaire. Par le fait même, cette production participera au débat sur l’état du documentaire à l’ère du Web 2.0 et des difficultés liées à sa production et sa diffusion, le tout, sur fond d’importantes coupures.

Mais avant tout, un projet documentaire emballant.

Je cite le communiqué de presse qui définit les grandes lignes du projet et qui invite les internautes à venir visiter et participer au blogue du projet.

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L’Office National du Film du Canada présente

Un webdocumentaire sur fond de crise économique

PIB

Malgré la crise, ils persistent, imaginent et bâtissent.

À la manière des changements profonds que subit la société, la crise économique actuelle bouleversera nos vies. Au-delà des pertes d’emploi et des changements de carrière, elle modifiera le parcours, voire, le destin de plusieurs personnes. Tous les jours pendant un an, le webdocumentaire PIB témoignera de l’impact de la récession dans la vie de dizaines de Canadiens et de Canadiennes.

Aux quatre coins du pays, une équipe de cinéastes et de photo-essayistes mettront leur créativité et leur sensibilité au service de cette expérience novatrice. Grâce à leur regard aguerri, ils nous feront découvrir des histoires inattendues. Au cœur du récit : 15 lieux névralgiques avec leurs différents « acteurs de changement », des hommes et des femmes de tous âges, de tous horizons et de différents secteurs d’activité, qui influenceront le cour de l’histoire en faisant preuve de résilience et d’inventivité à travers les épreuves qu’ils devront surmonter. Qu’ils s’agisse d’un négociateur sur le parquet de la bourse de Toronto, d’un barbier de Fort McMurray, d’un organisateur d’un grand festival international ou du client d’un centre de main-d’œuvre à Montréal, leurs courts récits documentaires enrichiront cette grande œuvre collective au fil des semaines.

À compter de l’automne 2009, les internautes pourront suivre l’expérience en direct. Par sa nature interactive, ce projet ne peut être probant sans l’engagement et la participation citoyenne. Les programmes anglais et français de l’office national du film du Canada espèrent que ce site bilingue deviendra un lieu d’échange et de solidarité sociale à l’échelle nationale. D’ici la mise en ligne du site officiel, nous vous invitons à consulter notre blogue et à partager vos histoires à recession.onf.ca.

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L’impact de la crise aux États-Unis

24 avril 2009
Détroit
Détroit
Détroit, Michigan, États-Unis, 1993
Détroit, Michigan, États-Unis, 1993

Toujours sur la crise économique, voici un extrait d’un reportage photos à Détroit que j’ai fait en 1993, au moment où la ville et les travailleurs étaient déjà très affectés par la crise de l’automobile. Nous voulions documenter l’impact de cette crise sur les travailleurs de même que l’annonce du gouverneur de l’État du Michigan qui allait couper l’aide sociale à toute personne, après deux années de bénéfices. Mais comment pouvait-on imaginer un État sans dernier recours pour sa population privée de travail ?

Nous sortions à peine des années Reagan.

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Pour poursuivre dans le même sens, et avec la crise actuelle, deux liens vers Magnum et ses essais photos.

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Crise économique et mépris… Et l’indignation dans tout ça ?

24 avril 2009

Camion de pitoune, Dolbeau-Mistassini, août 2008
Camion de pitoune, Dolbeau-Mistassini, Québec, août 2008

En ces jours où on ne parle que de crise économique, je me suis amusé à faire un collage de textes au sujet de la faillite très probable d’AbitibiBowater. Pour ce faire, j’ai choisi, dans Le Devoir de samedi dernier le commentaire de Gil Courtemanche (GC) intitulé “Les victimes de la crise” ainsi que l’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon (JRS), “AbitibiBowater – Incompétence et mépris”.

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« Avec 7500 employés et 9000 retraités, AbitibiBowater est l’un des plus importants employeurs au Québec. Endettée par-dessus la tête, la compagnie vient de se placer sous la protection des tribunaux pour tenter de restructurer ses activités et sa dette de quelque 8,7 milliards. […] » (JRS)

« Voilà d’ailleurs un cas typique d’industrie qui s’est longtemps appuyée sur la faiblesse du dollar canadien pour engranger des profits non mérités; une industrie qui a épuisé la ressource la plus facilement accessible et qui exige maintenant que les gouvernements paient pour le reboisement et la construction de chemins forestiers tout en lui cédant le bois et l’énergie pour des peanuts. En somme, un autre beau cas de compagnie dirigée par des patrons imprévoyants tout juste capables de se remplir les poches sans se soucier de l’avenir des régions qui les ont accueillis.

« Malgré ce constat dramatique, les gouvernements n’ont pas le choix, eux qui ont si longtemps été complices. […] » (JRS)

« Pendant ce temps, le gouvernement de Stephen Harper n’en a que pour l’exploitation pétrolière de l’Ouest et le sauvetage de l’industrie de l’auto en Ontario, les deux régions du pays sur lesquelles il compte le plus pour remporter les prochaines élections. […] » (JRS)

« Alors qu’on tente toujours désespérément d’éviter que GM et Chrysler se placent sous la protection des tribunaux, cette étape vient d’être franchie par AbitibiBowater sans que le gouvernement conservateur lève le petit doigt. Voilà ce qu’on appelle du mépris. » (JRS)

« Et la colère, bordel? Et l’indignation? Et le sentiment de profonde injustice? Ils [les travailleurs qui ont perdu leur emploi] sont où? Ils s’expriment comment? Ils ne s’expriment pas, car ils n’ont jamais été formulés, ni par les politiques, ni par les syndicats. Alors, comment demander aux travailleurs de mettre en forme et en action leur sentiment d’être des paumés de la terre? Des paumés riches, mais des paumés quand même.

« En France, à Mantes-la-Jolie, 200 ouvriers de FCI, quatrième producteur mondial de connecteurs, ont décidé d’occuper leur usine menacée de délocalisation à Singapour. C’était le 24 février. L’usine et la compagnie étaient rentables, mais le fonds d’investissement américain, ce genre de groupe anonyme de riches qui veulent devenir plus riches, souhaitait une plus grande rentabilité. L’usine de FCI a rouvert ses portes mardi dernier et une entente a été conclue qui garantit les emplois au moins jusqu’en 2011. […] » (GC)

« Posons-nous une question. Pourquoi avons-nous l’indignation automatique quand la «nation» est brimée, snobée, oubliée, et faisons-nous le mort quand nos ouvriers prennent le chemin du chômage, de la fin de leur vie active, que leur retraite n’est pas assurée? Posons une autre question. Pourquoi la capacité de mobilisation des centrales syndicales est-elle si faible? Et une question subsidiaire: pourquoi leurs propositions pour faire face à la crise sont-elles si minces et si vides? […] » (GC)

« Abitibi-Bowater va faire faillite. Ce n’est pas la faute de ses employés efficaces et productifs, qui ont fait moult concessions. L’entreprise est tuée par une dette énorme accumulée pour acquérir, pas pour produire. Et ce sont les travailleurs qui paieront de leur maison, certainement pas les dirigeants qui ont coulé le bateau. Il faudrait peut-être commencer à être en colère. Pourquoi ne pas occuper une usine, s’approprier le bois ou le papier? Cesser de laisser les voleurs voler. » (GC)

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La troupe Bad Taste Cru

22 avril 2009
Bad Test Crew, Dance City, Newcastle, 6 avril 2009
Bad Taste Cru, Dance City, Newcastle, 6 avril 2009

Ils sont une dizaine que la passion de la danse lie. Au départ le groupe Bad Taste Cru est d’origine Irlandaise du Nord. Mais à y regarder de plus près, même cette homogénéité apparente cache une réalité bien irlandaise.

Cette troupe de danse a vu le jour au lendemain de l’attentat le plus meurtrier d’Irlande du Nord. Nos sommes le 15 août 1998 à Omagh, après les Accords du Vendredi Saint qui ont instauré un fragile processus de paix qui dure depuis. C’est par cet événement où 29 personnes sont tuées que l’IRA véritable se fait connaître du grand public. Cette organisation dissidente de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) signataire des accords, réclame toujours une République Irlandaise.

Contre toute attente, au lendemain de cet attentat, la population locale s’unit contre l’IRA véritable et en faveur de la paix et ce, bien au-delà du clivage religieux qui trace la frontière entre les ennemis de ce conflit fratricide. « Personne ne pouvait imaginer que la population catholique et protestante s’unirait à ce point pour la paix, me confit Darren l’un des membre fondateur du groupe. Une première depuis ces longues années de conflit. »

Bad Taste Cru est né de ces cendres. Quelques jeunes férus de Hip Hop et de culture autre que traditionnelle dans laquelle les deux camps s’étaient retranchés, se sont réunis. Ils étaient catholiques ou protestants, mais cela n’avait aucune prise sur eux. Ils voulaient évoluer dans une autre histoire, ils voulaient faire du Street et du Break Dance. Leur mixité religieuse qui n’est toujours pas au goût du jour ainsi que le désir de s’exprimer dans une culture qui n’est « pas » leur, les ont obligé à s’exiler. Cette culture ouverte sur le monde les a amenés à se retrouver ailleurs.

C’est dans les rues de Newcastle que Bad Taste Cru a élu domicile. Aujourd’hui, après des années sans ressources ni facilité, les voilà en résidences au Dance City. En plus d’un domicile fixe, ils sont maintenant appelés à se produire partout en Grande-Bretagne et ailleurs, sur les scènes de compétitions de cette danse de performance. Parfois, certains d’entre eux retournent en Irlande du Nord pour quelques spectacles mais surtout le temps d’y faire des ateliers de Street Dance auprès des jeunes de leur communauté.

Parce que cela aussi fait partie de leur philosophie : redonner à la communauté ce qu’ils ont appris.

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