Archives du mot-clef Alternatives

Erbil : troisième jour

Erbil, 1er novembre 2010

Erbil, Irak – L’atelier prend son rythme : au deuxième jour de six, nous avons commencé à travailler avec la caméra. Deux caméras, deux équipes. L’une est restée avec moi pour regarder certains détails techniques. Les membres de l’autre équipe filment la formation en cours. Ils ne doivent pas oublier les « establishing shots » et les différentes valeurs de plans, penser à la règle des tiers, faire le foyer et l’exposition et suivre l’« action » avec le microphone monté sur la perche. Aussi, ils doivent terminer avec une courte entrevue avec le regard dans la bonne direction. Une demi-heure chaque équipe, ensuite nous avons visionné.

Demain, nous poursuivons avec une introduction au montage avec Final Cut Pro… Un défi !

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Depuis que je mentionne ce projet de formation en Irak, j’ai toujours oublié d’écrire que c’est avec Alternatives que je fais ce travail. Un peu comme en Afghanistan en 2003 – 04.

Chronique de voyages en Afghanistan

Village de Shahidan (Bamiyan), 9 octobre 2004

Je profite des élections législatives d’hier en Afghanistan pour vous présenter à nouveau mes premières réalisations « afghanes » et quelques résultats d’ateliers, regroupés dans le dossier multimédia « Chroniques afghanes » sur le site de Parole citoyenne.

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Je suis arrivé à Kaboul, la première fois, en décembre 2003 pour y donner de la formation en vidéo et en photographie pour l’ONG montréalaise Alternatives, auprès d’une organisation non gouvernementale afghane – Afghan Peace and Democraty Act — APDA. Ce voyage qui devait être de quatre semaines s’est prolongé à près de trois mois. D’ailleurs, il ne m’aura fallu qu’une courte pause à Montréal pour revenir à Kaboul pour un second séjour où j’ai travaillé avec une équipe afghane à la production de bandes vidéo, pour la télévision nationale, des 18 candidats aux premières élections présidentielles d’octobre 2004. Nous étions dans un autre contexte que celui qui se déroule actuellement.

De ces deux premiers séjours, l’idée de réaliser un documentaire qui allait devenir Chroniques afghanes, émergeait.

En février 2005, je suis donc retourné à Kaboul pour poursuivre mon engagement auprès des jeunes Afghans et commencer ma recherche en prévision d’un scénario de documentaire.

C’est un an plus tard, en janvier 2006, que le tournage d’une dizaine de semaines débutait. À ce moment, la sécurité n’était déjà plus ce qu’elle avait été lors de mes premiers voyages ; mais cela n’a rien à voir avec ce qu’elle deviendra au moment de mes voyages suivants.

Au mois d’août 2006, j’ai eu l’occasion de retourner dans ce pays comme directeur de la photographie pour le film de Patricio Henriquez, Sous la cagoule, voyage au bout de la torture. Ce court passage m’a aussi permis de terminer mon propre film Chroniques afghanes.

C’est à l’automne 2007 que je suis retourné une dernière fois en Afghanistan. C’est à titre de coréalisateur et directeur de la photographie que CBC et Radio-Canada m’ont envoyé pour une émission spéciale de deux heures – Afghanistan entre l’espoir et la peur.

Déjà, les choses allaient de mal en pis.

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Afghanistan: la première élections présidentielle : une courte vidéo tournée à Bamiyan.

Chroniques afghanes, l’expo photos : une sélections de quelques photographies.

Jean Ziegler et les enjeux de la reconstruction en Haïti

Port-au-Prince, Haïti, 19 janvier 2010

Au passage, je viens de lire cet article tiré de l’Humanité, que le journal en ligne Alternatives a repris le 14 février dernier. Je me permets d’en citer quelques passages pour mettre en lumière les dangers d’une reconstruction qui ne serait pas dans l’intérêt de la population affectée.

L’article se présente sous forme d’entretien entre Ramine Abadie et « Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation et auteur de « La haine 
de l’Occident » […]. »

« L’intervention massive des États-Unis en Haïti a-t-elle une signification simplement humanitaire ou plutôt politique et géostratégique  ?

« Jean Ziegler. L’aide humanitaire massive des États-Unis est évidemment la bienvenue dans une situation aussi apocalyptique. Mais, en même temps, les impératifs géostratégiques américains jouent leur rôle […].

« La situation désastreuse en Haïti a lancé le débat sur une « mise sous tutelle » internationale de certains États. Que pensez-vous d’une telle approche  ?

Jean Ziegler. Les mêmes États-Unis ont fortement poussé le FMI à imposer à Haïti les trois derniers plans d’ajustement structurel qui se sont révélés meurtriers pour le peuple haïtien. Ces programmes successifs ont réduit les droits de douane d’Haïti de 50 % à 3 %, en privant l’État d’une des rares ressources à sa disposition. Au début des années 1980, le pays était autosuffisant en riz. Aujourd’hui, il importe 75 % de ses besoins. Le riz subventionné en provenance de l’étranger a inondé le pays, ruinant des dizaines de milliers de familles paysannes, les chassant de leurs terres vers les bidonvilles. En un peu plus de deux générations, Port-au-Prince, par exemple, est passé de 50 000 à plus de 2 millions d’habitants. Mais en 2007, brusquement, les prix ont flambé  : 65 % d’augmentation pour le riz, 83 % pour la farine. Ce sont les spéculateurs des Bourses de matières premières agricoles qui fixent les prix. Les Haïtiens paient ou meurent. […] [C’est moi qui souligne.]

« Après une première rencontre à Montréal, les pays donateurs se retrouveront à l’ONU en mars. Comment faire pour réellement améliorer le sort du peuple haïtien  ?

« Jean Ziegler. Concrètement, il faudrait abolir l’accord de partenariat économique (APE) imposé en 2008 par l’Union européenne à Haïti, qui instaure la libéralisation totale des mouvements de capitaux, de marchandises, de services et des brevets en privant Haïti de ses recettes douanières. Il faudrait aussi annuler la dette extérieure d’Haïti. La majorité des 9 millions d’Haïtiens survivent de l’agriculture sur une terre de 28 000 km2, aride, frappée de surexploitation, de déforestation et d’érosion. C’est dans ce secteur que les investissements prioritaires devraient être faits. […] Reste que sans une formidable mobilisation de l’opinion publique et de la société civile internationale, ce seront encore les intérêts immédiats du capital financier globalisé qui détermineront la stratégie de reconstruction d’Haïti. » [C’est moi qui souligne.]

Haïti: souveraineté, démilitarisation et reconstruction nationale

Centre-ville de Port-au-Prince, 18 janvier 2010

Alternatives vient de mettre sur son site web un mémoire proposé dans le cadre de la rencontre des « amis d’Haïti » tenue à Montréal lundi dernier, le 25 janvier 2010.

«Haïti: souveraineté, démilitarisation et reconstruction nationale», dont voici un court extrait:

«Dans ce contexte, Alternatives souhaite à la fois mettre l’accent sur ce que nous considérons comme étant les priorités d’un éventuel plan de reconstruction dans une perspective de développement social, économique et démocratique d’Haïti et à la fois exprimer toute notre inquiétude quant à la militarisation actuelle de l’aide internationale.

«Il faut refuser de reproduire les mêmes erreurs historiques qui ont appauvri et fragilisé Haïti. S’il existe une « opportunité » dans un tel désastre, c’est celle de réellement mettre en place des structures et des cadres économique, commercial et politique qui permettront à Haïti et aux Haïtiens d’aspirer à un meilleur avenir .

«Le plan de reconstruction nationale d’Haïti doit se baser sur les principes suivants :

  • La gestion de la reconstruction doit être résolument haïtienne, faite et menée par les Haïtiens et pour les Haïtiens;
  • La souveraineté alimentaire doit être au cœur de la stratégie de reconstruction du pays;
  • Toutes les dettes internationales d’Haïti doivent être annulées. La reconstruction du pays ne
  • peut mener à une nouvelle forme d’endettement du pays;
  • L’aide internationale ne doit plus être conditionnée aux intérêts des pays donateurs;
  • La population haïtienne et la diaspora doivent être au cœur de la reconstruction comme de la relance économique;

«Une fois encore, nous sommes inquiets de la réponse militaire, unilatérale américaine, qui fut apportée au désastre. Si la question de sécurité est importante, rien ne justifie une telle présence étrangère alors que la force de l’ONU – la MINUSTAH – est déjà sur place. La reconstruction peut, et doit être organisée par des forces civiles, internationales mais SURTOUT locales.

[...]»

Le reste du document se développe autour de sept points importants:

1. Interventions étrangères : tirer les leçons du passé ;

2. Reconstruire sur de nouvelles bases ;

3. Reconstruction, gouvernance et souveraineté nationale ;

4. Reconstruire… sans dette, souverainement ;

5. Relancer l’économie agro-alimentaire ;

6. Reconstruction, développement économique et formation professionnelle ;

7. Habitation et accès foncier.

Même minoritaire, Steven Harper impose son idéologie de droite partout

Après la prorogation du Parlement fait le 30 décembre dernier, après sa prestation catastrophique sur la scène internationale à Copenhague et au sujet des prisonniers afghans, voici que Steven Harper va de l’avant en coupant les vives à certaines organisations progressistes telles Kairos et Alternatives à Montréal, sinon en imposant d’importants changements d’orientation.

Le dernier sur la liste qu’on nous rapporte est Droits et démocratie. C’est dans les pages du Devoir que nous apprenons la nouvelle dans l’article d’Alec Castonguay « Droits et démocratie : Dirigeants et employés réclament la démission du président du conseil ».

Le droit à l’accès à l’information aussi bafoué

De son côté, la journaliste Hélène Buzzetti titre son papier, en première page du même journal, « Mission afghane : Ottawa met 300 jours pour répondre aux demandes d’informations ».

« Le ministère affecte en effet si peu de fonctionnaires au traitement des demandes [de droit à l’information] que la loi est de facto non respectée de manière systématique.

« […] Le Devoir avait révélé l’été dernier que le ministère des Affaires étrangères ne renouvellerait pas le contrat d’une douzaine d’analystes. Il s’agit donc du fruit d’une décision, et non du hasard.

« La Loi sur l’accès à l’information est claire : les demandes déposées par les journalistes ou le public doivent obtenir une réponse en 30 jours ou moins. Il s’agit donc d’un délai dix fois plus long. »

Et avec sa prorogation du Parlement, le gouvernement Haper a ainsi mis la clef dans le comité parlementaire qui se questionne sur le traitement des prisonniers afghans faits par le Canada.

Si cela n’est pas bafouer nos droits démocratiques en générales et à l’information ainsi qu’à la divergence d’opinions en particulier, qu’est-ce que c’est ?