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Toujours trop… ou pas assez

18 février 2010

(Ce matin, j’ai publié cette article sur le blogue du projet PIB ou l’indice humaine de la crise économique canadienne.)

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Hier, je tournais un nouvel épisode de « Vivre et survivre en ville » pour le projet PIB dans le quartier Rosemont à Montréal. Privilège du métier de documentariste, presque chaque journée en est une de rencontres.

Ma dernière était avec Yves. Un homme d’à peine cinquante ans, en forme, qui a toujours travaillé et qui veut travailler. C’est la première fois qu’il se retrouve sans emploi. Ses prestations d’assurance-chômage sont terminées. Depuis trois ou quatre semaines, il a recours à une banque alimentaire du quartier. « Avant, c’était moi qui donnais. J’avais un bon salaire, je donnais et faisais même du bénévolat. » Aujourd’hui, c’est à son tour de demander de l’aide. « Je n’ai jamais pensé que cela m’arriverait. » Il poursuit : « On me dit : ou bien j’ai besoin d’un secondaire cinq, parce que je n’ai qu’un secondaire trois avec trente années d’expérience à l’ouvrage ; ou bien l’on me dit que je suis trop vieux. » Je lui ai demandé de reprendre cette dernière phrase parce que la caméra ne roulait plus.

Il est trop vieux ?!? Il a à peine cinq ou sept ans de plus que moi. Que fait-on quand on nous déclare trop vieux à cinquante ans ?

L’histoire de Yves me rappelle Éric et ses deux garçons, rencontrés au magasin partage, juste avant les fêtes. Aussi celle de André avec qui j’ai passé un après-midi chez lui à échanger. Sans oublier Jean, l’artiste et directeur du Square Rosemont qui m’a fait découvrir les Compagnons de Montréal, où j’ai tourné avec Yves.

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Toujours en cette fin de même journée, et un peu par hasard, j’ai revu le commentaire photographique de Marc-André Grenier intitulé « Un nomade dans la crise », laissé sur le site du projet PIB à la suite de « Un dix-huit roues dans le sang » de mon collègue Vincent Audet-Nadeau. Un témoignage personnel et touchant, d’un « nomade » : « À quarante ans, je suis de la génération X. Celle que l’on disait sans futur. Vingt ans plus tard, on y est dans le futur. En pleine crise en plus. […] »

D’ailleurs, ce commentaire sous forme d’essai photo m’a fait penser au documentaire de Céline Baril « La théorie du tout » où la réalisatrice nous fait faire un tour du Québec composé d’images, mais surtout de rencontres et de silences. Un très beau film.

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