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Dimanche matin… ou réflexion sur une certaine démarche en documentaire

22 août 2010
La Plaza Saint-Hubert, Montréal, 22 août 2010

Comme chaque matin, je me promène un peu sur le net, « feuillette » mes quotidiens favoris, ainsi que quelques blogues que je suis distraitement et suis tombé sur cette critique d’un documentaire.

D’après l’article « Le documentaire qu’il faut voir » d’Isabelle Regnier dans Le Monde, Qu’ils reposent en révolte (des figures de guerre), de Sylvain George, « apporte tout à la fois une nouveauté dans le genre, et impose son sujet avec la force d’une déflagration. […]

Le film, construit comme une succession de blocs d’action, fait l’effet d’une improvisation de jazz filmique, sur ce que serait la vie de ces gens à Calais. « Pas tout à fait vivant, pas tout à fait mort, pas tout à fait humain, pas tout à fait animal… Entre les deux », commente un de ces migrants, en riant. C’est l’intelligence de l’auteur, que d’avoir restitué aux hommes filmés l’humanité dont les politiques d’immigration œuvrent à les déposséder. […] »

Mais c’est surtout sur le point suivant que je voulais attirer votre attention : le temps nécessaire et indispensable à la création de liens de confiance avec les gens dont on veut faire le « portrait », en tirer un documentaire. Je poursuis avec l’article de Regnier :

« Le point de vue de Sylvain George résulte de sa démarche : il passe peut-être plus de temps la caméra éteinte qu’allumée. « Je suis persuadé qu’un grand film se mesure aussi à l’aune des images qu’on n’a pas tournées », soutient-il. C’est de cette proximité acquise avec ses personnages, de la confiance qu’il a obtenue, que vient la richesse de son film, sa vérité, sa densité. […] » [C’est moi qui souligne.]

Aurons-nous la chance de voir ce film à Montréal et de rencontrer son réalisateur ?

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Voyage dans le delta de l’Indus, au Pakistan – un retour

9 août 2010
Shat Bandar (Thatta), 26 juin 2004;
Lac Nareri (Badin), 27 juillet 2004;
Village de Mehmood Jatt (Thatta), 26 juillet 2004.

En 2005, j’ai réalisé un travail photographique documentaire dans la province du Sindh au Pakistan, cette même région, parmi d’autres, qui est actuellement durement frappée par des inondations dévastatrices.

La déforestation dans le delta faisait craindre le pire, mais c’est de la mer que la population locale attendait la catastrophe. Aujourd’hui, elle est venue du Nord, en amont du fleuve Indus qui se partage entre le Pakistan et l’Inde et qui a ses nombreuses sources au-delà, du côté de l’Afghanistan et du Tibet. Un immense territoire à forte densité de population qui aujourd’hui baigne dans l’eau. Et la pluie qui ne semble pas vouloir cesser.

Au moment d’écrire ces lignes, je lis sur le site de Radio-Canada que « Les Nations unies estiment que le nombre de Pakistanais touchés par les inondations qui frappent le pays est plus important que le total de personnes touchées par trois catastrophes naturelles de l’histoire récente, soit le tsunami de 2004 dans l’océan Indien, le tremblement de terre de 2005 au Cachemire et le séisme de janvier en Haïti.

« Selon le Bureau de coordination aux affaires humanitaires de l’ONU, pas moins de 13,8 millions de personnes sont touchées d’une manière ou d’une autre par les inondations, alors qu’il y en a eu 5 millions lors du tsunami, 3 millions lors du séisme au Cachemire et 3 millions lors de celui qui a dévasté Haïti. » (« Inondation au Pakistan – L’ONU souligne l’ampleur de la catastrophe » sur le site de Radio-Canada, 9 août 2010)

Bien entendu, ici, on parle de personnes touchées, et non des victimes qu’auront faites les trois catastrophes citées.

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Voici donc un prétexte pour remettre de l’avant « Voyage dans le delta de l’Indus au Pakistan » afin d’illustrer la complexité environnementale et sociale de cette région du Pakistan.

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Voyage dans le delta de l’Indus, au Pakistan

Le delta de l’Indus au Pakistan, inextricable lacis de canaux naturels, fût pendant longtemps la région la plus fertile du pays. L’abondance d’eau favorisait l’agriculture, surtout la riziculture. Le mélange d’eau douce et d’eau salée permettait aussi le développement de plusieurs espèces marines.

Après la partition de 1947, le Pakistan a construit sur l’Indus le plus important système d’irrigation au monde, composé de dix-neuf barrages, dont deux des plus grands de la planète. Mais l’élaboration de ce complexe en amont du fleuve n’a pas tenu compte des effets à moyen et long terme sur l’environnement et sur la population d’un pays qui dépasse les 132 millions d’habitants. Aujourd’hui, environ 91 % de l’eau du fleuve est détournée à des fins d’irrigation. L’eau douce ne se rendant plus dans le delta, on prive d’eau la population du delta, soit quelque 130 000 personnes. La région côtière de la province du Sind, la plus durement touchée par ce désastre, ressemble désormais à un immense désert.

Un pêcheur du village de Hadji Youssef Katiyar résumé ainsi les bouleversements qui ont affecté la région : « À l’époque nous vivions d’agriculture, mais après l’Indépendance, la mer a complètement enseveli nos terres. Nous avons été forcés de quitter notre village et avons maintenu nos activités agricoles pour un moment. Mais alors que le débit du fleuve diminuait, la terre est devenue de moins en moins fertile. D’agriculteurs, nous nous sommes convertis à la pêche. Nous ne connaissions encore rien de la pêche commerciale. Aujourd’hui, nous devons aller en haute mer, parce qu’il n’y a plus de poisson sur les côtes. Parfois, le voyage dure deux ou même trois semaines. Une fois les dépensées payées, nous recevons environ 100 à 300 Roupies (l’équivalent d’environ 5 $ US). »

En 2004, j’ai traversé des villes et des villages menacés par la désertification. Partout où j’ai passé, les histoires se ressemblaient : Le fleuve de l’Indus, le plus grand réseau d’irrigation du monde, se rétrécit ; la mer gagne du terrain ; l’aridification poursuit sa progression. Partout, des agriculteurs devenus pêcheurs, parce que le sol ne produit plus.

Structuré en cinq chapitres, « Voyage dans le delta de l’Indus » est le récit photographique de ma rencontre avec les habitants du delta de l’Indus qui poursuivent quotidiennement une lutte pour réclamer leurs droits fondamentaux.

(Pour lire les chapitres suivants de « Voyage dans le delta de l’Indus » suivez ce lien.)

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Vincent Audet-Nadeau

4 août 2010
Vincent Audet-Nadeau, Montréal, 28 juillet 2010

Ami et collègue, c’est dans les bureaux des productions InformAction que j’ai rencontré Vincent en 2005 ou 2006. Tous les deux nous y développions des projets : il terminait « La vie après la shop », je commençais « Chroniques afghanes ».

Ensuite, nous nous sommes revus là-bas et ailleurs : le milieu du cinéma à Montréal est petit et celui du documentaire encore plus.

Il aura fallu le début du webdocumentaire PIB, l’indice humain de la crise économique canadienne, au printemps de l’année dernière, pour que Vincent et moi travaillions ensemble. L’idée de faire un portrait de lui m’est venue à ce moment. Avec PIB, il signe le récit « École-usine » de Formétal, à Montréal, et quelques épisodes de « Les camionneurs ».

En voyant la fin de la production arriver, et sans préavis, j’ai profité d’un échange de matériel de tournage avec Vincent pour croquer quelles images de lui, juste avant son départ pour l’enregistrement de la narration de son nouveau documentaire dont la sortie est prévue cet automne. Quelques minutes ont suffi.

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« Sous la cagoule… » finaliste et « PIB » nominé aux prix Gémeaux

19 juin 2010
Affiche de film « Sous la cagoule… »

Port-au-Prince – J’apprend que le film de Patricio Henriquez, « Sous la cagoule, voyage au bout de la torture » dont j’ai fait une parti de la direction photo (Afghanistan, Guatemala, Beyrouth, Canada), vient de se mériter le prix Gémeaux de Meilleur documentaire société. Bravo Patricio pour ce film important!

Aussi, le projet de web documentaire de l’ONF, PIB l’indice humain de la crise économique canadienne auquel je participe comme réalisateur sur le terrain et photographe a été nominé dans la catégorie pour meilleur documentaire, affaires publiques Web. Un très beau travail d’équipe toujours en production!

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Premières impressions

19 juin 2010
Centre-ville de Port-au-Prince, 19 janvier 2010

Port-au-Prince – Comme je l’imaginais le jour de mon départ, la torpeur des premières heures a laissé place à la nouvelle réalité. Ici le mot résilience prend tout son sens.

Port-au-Prince ne ressemble plus à ce que j’ai vu en janvier, au lendemain du séisme. Les gravats qui jonchaient les rues ont été pour la plupart retirés sinon poussés sur les côtés. Partout des monticules de ciment concassé et de poussière. Les trottoirs pullulent d’activités qui débordent sur les rues, ce qui aggrave le problème de circulation déjà criant. Des passants partout ; des écoliers et écolières, sac au dos, qui vont ou viennent de l’école, à toute heure de la journée. La ville grouille de petites besognes. Tous les espaces libres sont pris d’assaut par des tentes collées les unes sur les autres. Certainement une majorité de citadins vivent encore sous la tente: dans les camps ou dans leur jardin, pour les plus chanceux.

*

En tant que coréalisateur et caméraman, il m’est difficile de faire de la photographie. Je reviens donc sur les quelques images prise en janvier dernier, au lendemain du séisme. Je tenterai de me reprendre au cour des prochains jours.

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Cse Pa Fòt Mwen, un court résumé

18 juin 2010
Port-au-Prince, Haïti, 19 janvier 2010

Port-au-Prince Par Réal Barnabé : « Depuis la visite de la reporter de Radio-Canada Judith Jasmin à Port-au-Prince en 1959, les journalistes canadiens ont une longue histoire de fréquentation avec Haïti. Parmi eux, moi, Réal Barnabé, journaliste et fondateur du Réseau Liberté. Observateur privilégié du terrain, force m’a été d’admettre que rien ne changeait vraiment depuis 50 ans.

Puis, le 12 janvier dernier un tremblement de terre est venu bouleverser le paysage tant géographique que politique et humain. Prenant appui sur le documentaire de 1959, je remets en scène des lieux et des personnages dans un Port-au-Prince en reconstruction au sens propre et figuré. Loin du reportage d’information, cet aller-retour sur un demi-siècle de distance permet une analyse toute autant décalée que prospective d’un pays condamné à la reconstruction et qui sait… à la renaissance.

Un documentaire de blessures mais surtout de promesses. »

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Cse Pa Fòt Mwen

16 juin 2010
Grand-Rue, Port-au-Prince, 18 janvier 2010
Port-au-Prince, Haïti, janvier 2010

Montréal — Ce matin, je m’envole pour Port-au-Prince, cinq mois après le séisme. Cette fois-ci, c’est en tant que coréalisateur et caméraman d’une petite équipe que je retourne en Haïti pour le tournage de «Cse Pa Fòt Mwen» — titre de travail —, un documentaire de 52 minutes qui sera diffusé sur les ondes de Radio-Canada.

Que vais-je y retrouver ? L’état de crise sera certainement passé, du moins, la première torpeur observée au lendemain du séisme. Qu’en est-il de ce centre-ville, de cette Grand-Rue détruite ? De cette ville effondrée à plus de 80 % dans bien des quartiers ? De ces abris de fortune des premières heures, transformés en camps de réfugiés urbains, ouverts aux intempéries dont la saison ne fait que commencer ?

Cette fois-ci, c’est avec une équipe réduite que je séjournerai dans la capitale pour une quinzaine de jours. Au son, je serai accompagné par Sylvain Vary et à la coréalisation Réal Barnabé qui signe aussi l’idée originale. Réal a l’avantage de bien connaître ce pays pour y avoir voyagé et travaillé à plusieurs occasions depuis les années 70.

Je tenterai donc d’alimenter mon blogue avec quelques entrées au fil des rencontres et des tournages. Si le temps me le permet.

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«Cse Pa Fòt Mwen»

Idée originale : Réal Barnabé ;

Scénario original : Jocelyn Barnabé et Réal Barnabé

Réalisation : Dominic Morissette et Réal Barnabé ;

Direction photo : Dominic Morissette

Son : Sylvain Vary

Direction de production : Isabelle Thiffault

Production : Yves Bisaillon et Jacques W. Lina

Une production d’Orbi XXI.

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En janvier dernier, c’est avec le CECI que j’ai fait mes premiers pas à Port-au-Prince,  quelques jours au lendemain du terrible séisme.

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PIB remporte un Numix!

8 mai 2010

Le documentaire Web PIB – L’indice humain de la crise économique canadienne – remporte le Prix NUMIX de la meilleure production originale d’information et magazine.

C’est avec un peu de retard que je souligne l’attribution d’un prix prix NUMIX dans la catégorie Production originale – Information et magazine, au documentaire Web interactif PIB de l’Office national du film du Canada. Un travail d’équipe, d’une mer à l’autre, auquel j’ai le plaisir de faire parti.

D’ici les prochains jours, deux nouvels épisodes des récits sur lesquels je travaille (Alison et Robert et La Boite à bleuets), de même qu’un essai photographique que j’ai fais à Dolbeau au Lac Saint-Jean.

À suivre.

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De retour à Alma

28 avril 2010

Alma – Je brise le silence de l’endroit où j’ai écrit mes derniers entrés. (Les deux dernières semaines m’ont tenu loin de l’internet et de mon blogue…)

Je suis de retour à Alma pour le projet de documentaire web PIB. Je viens tout juste d’arriver, après plus de cinq heures de voiture. Je devrais être ici jusqu’à samedi matin.

Ce nouveau séjour dans la région me permettra de tourner le troisième épisode du récit « La boite à bleuets » et aussi d’y réaliser un essai photographie à Dolbeau-Mistassini qui vit une grande crise de l’emploi avec la fermeture de l’usine de pâte et papier AbitibiBowater.

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Au moment où j’arrive et reprends contact avec le net, j’apprends que le projet PIB est finaliste au NUMIX – premiers prix d’excellence en production multimédia au Québec.

Une bonne nouvelle à suivre.

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Et toujours sur ce webdocumentaire, je vous réfère au blogue du site où Hélène Choquette, la réalisatrice coordonnatrice du projet, explique ce qu’est l’approche documentaire de ce documentaire web, après six mois de mise en ligne.

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Rue du Sacré-Coeur, Alma

31 mars 2010
Rue Sacré-Coeur, Alma, 20 août 2008

Alma – La rue du Sacré-Coeur tel que je l’ai vue en août 2008, lorsque je travaillais sur un projet photographique d’abécédaire pour enfant — le livre n’est toujours non publié.

C’est ici même que la Boite à bleuets a élu domicile au cours de l’année 2009. La Boite qui est le théâtre d’un nouveau récit que je réalise avec le projet de documentaire web, Pib ou l’indice humain de la crise économique canadien de l’Onf.

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