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Même minoritaire, Steven Harper impose son idéologie de droite partout

12 janvier 2010

Après la prorogation du Parlement fait le 30 décembre dernier, après sa prestation catastrophique sur la scène internationale à Copenhague et au sujet des prisonniers afghans, voici que Steven Harper va de l’avant en coupant les vives à certaines organisations progressistes telles Kairos et Alternatives à Montréal, sinon en imposant d’importants changements d’orientation.

Le dernier sur la liste qu’on nous rapporte est Droits et démocratie. C’est dans les pages du Devoir que nous apprenons la nouvelle dans l’article d’Alec Castonguay « Droits et démocratie : Dirigeants et employés réclament la démission du président du conseil ».

Si le gouvernement n’a pas autorité directe sur l’organisme, c’est tout de même lui qui nomme dix des treize membres du conseil d’administration, qui lui décide des orientations. Aujourd’hui, après plusieurs années à la gouverne du pays, les dix nominations gouvernementales sont l’œuvre de Steven Harper. La patience de Harper lui aura servi.

Changement d’orientation imposé par le gouvernement Harper

Le journaliste du Devoir écrit : « La nouvelle majorité au conseil d’administration, près des volontés du gouvernement Harper, souhaite que Droits et Démocratie ne mène plus de programme au Proche-Orient. On souhaite également que l’organisme cesse d’entretenir des liens avec des groupes qui critiquent Israël. On voudrait aussi que l’organisme cesse de collaborer avec le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, basé à Genève, et qui n’a pas la faveur du gouvernement Harper. Le bloc de sept membres souhaite également abandonner des programmes jugés importants, comme l’aide aux femmes victimes de violence sexuelle au Congo.

« À l’interne, des membres du CA auraient demandé l’origine ethnique de plusieurs employés et s’ils parlaient arabe. «Ils estiment que l’organisme est trop pro-arabe, ce qui est ridicule. On fait du développement démocratique là où la situation l’exige. Mais il y a du harcèlement constant depuis quelques mois», souligne une source à l’interne. » [C’est moi qui souligne.]

Le droit à l’accès à l’information aussi bafoué

De son côté, la journaliste Hélène Buzzetti titre son papier, en première page du même journal, « Mission afghane : Ottawa met 300 jours pour répondre aux demandes d’informations ».

« Le ministère affecte en effet si peu de fonctionnaires au traitement des demandes [de droit à l’information] que la loi est de facto non respectée de manière systématique.

« […] Le Devoir avait révélé l’été dernier que le ministère des Affaires étrangères ne renouvellerait pas le contrat d’une douzaine d’analystes. Il s’agit donc du fruit d’une décision, et non du hasard.

« La Loi sur l’accès à l’information est claire : les demandes déposées par les journalistes ou le public doivent obtenir une réponse en 30 jours ou moins. Il s’agit donc d’un délai dix fois plus long. »

Et avec sa prorogation du Parlement, le gouvernement Haper a ainsi mis la clef dans le comité parlementaire qui se questionne sur le traitement des prisonniers afghans faits par le Canada.

Si cela n’est pas bafouer nos droits démocratiques en générales et à l’information ainsi qu’à la divergence d’opinions en particulier, qu’est-ce que c’est ?

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