Je ne peux m’empêcher de passer sous silence la fermeture définitive de deux usines d’AbitibiBowater, celle de Dolbeau et celle de Gatineau. Fermetures que la compagnie a annoncées il y a de cela près de deux semaines, soit au moment de la naissance de ma petite.
« Ni les autorités, ni les travailleurs, ni les membres des comités de survie qui se creusent la tête pour sauver leurs usines n’avaient été prévenus de la décision livrée par simple communiqué de presse. Dans le cas de Dolbeau, l’usine de papier était le seul gagne-pain industriel d’importance de la région. À moins de trouver autre chose à produire que du papier concurrent, c’est la survie même de la région qui est en jeu.
« Ce manque de savoir-vivre typique de la direction d’AbitibiBowater est d’autant plus choquant que voilà une compagnie qui exploite nos forêts depuis cent ans en profitant de droits de coupe exclusifs et d’ententes plus que généreuses avec Hydro-Québec et le gouvernement provincial.
[…]
« Même si elle ne produit plus de papier dans la région du Lac Saint-Jean, AbitibiBowater y détient toujours plus de 80 % des droits de coupe exclusifs et refuse de laisser quelque concurrent que ce soit reprendre ses installations. Or, contrairement à Terre-Neuve, notre propre gouvernement du Québec ne fait rien pour protéger les siens.
« Combien de temps encore faudra-t-il endurer des élus qui se comportent en entremetteurs serviles de ces parasites sociaux que sont les AbitibiBowater de ce monde? » [C’est moi qui souligne.]
Je reviens aussi cette histoire d’AbitibiBowater pour rappeler à ses dirigeants et à nos politiciens que leurs décisions, ou non-décisions, ont un impact sur des hommes et des femmes qui perdent leur emploi, avec toutes les conséquences personnelles et familiales que cela peut avoir.
Mais fort heureusement que des gens comme Nelson Dumais et sa femme Manon Maltais rencontré dans l’essai photo « La vie devant soi » pour le projet PIB, sont plus forts, plus sincères et plus intègres qu’eux. Et que fort heureusement, ils peuvent compter sur leur famille. En témoigne le commentaire laissé par leur fille sur le site du projet PIB :« Mon père, mon héros ! », par Joanie Maltais-Dumais, le 9 août 2010 : « Je t’aime mon père, soit fort ! »
*
Le webdocumentaire à cela de merveilleux : parfois, la relation s’établit « directement » avec l’internaute et leurs commentaires. Dans ce cas-ci, cela a bien fonctionné.
Performance au « James North Art Crowd », Hamilton,
11 septembre 2009
«C’est l’art et la création qui vont transformer la grise Hamilton, croit Dave. On dirait que le temps lui donne raison…»
Ce quatrième essai photo «De couleurs et de sourires» clôt la série sur Hamilton et ses environs, dans le sud de l’Ontario industriel, réalisé pour le projet de documentaire web PIB. J’y ai rencontré Dave qui m’a fait découvrir une autre facette de la ville qui l’a vu grandir. Il nous a été référé par le Révérend Smith, rencontré plus tôt dans la semaine. Pour ce dernier, Dave représente l’espoir, un certain dynamisme entrepreneurial dont la ville a un besoin criant.
Dave et sa copine ont aussi un petit garçon que je n’ai pas réussi à photographier. Je remets cela à la prochaine fois.
Cette journée là, j’ai rencontré des travailleurs déterminés et convaincus de la justesse de leur lutte contre un employeur qui, sous le prétexte de la crise, ne veut rien respecter. Ils étaient encore 225 employés au moment de la mis en Lock Out en août dernier, par la US Stelco Canada. Ils se sont donc retrouvés devant des grillages barrés et fortement surveillés. « Stelco craint le pire, me raconte Chad en fessant le tour des installations en voiture. C’est pourquoi ils ont installé un important système de surveillance en plus d’avoir des gardiens de sécurités partout. C’est bien mal nous connaître. Nous voulons simplement être respecté et nous voulons que la compagnie respecte ses engagements. Nous sommes au Canada ici, pas aux Etats-Unis. »
Il y a un mois, je passais une semaine dans le sud de l’Ontario pour le projet de documentaire web PIB-GDP où j’ai eu la chance de rencontrer quatre personnes qui m’ont fait découvrir la ville d’Hamilton et ses environs. Quatre personnes, quatre sujets, quatre points de vu que vous pourrez voir au fil des semaines sur le site du projet en développement.
En plus des différentes histoires que je réalise en vidéo ou en photographies, il y a aussi le blogue du projet auquel je participe à l’occasion avec mes expériences et questionnements. Hier, je faisais allusion au Révérend Smith que j’ai eu la chance de rencontre à Hamilton. Il m’a fait découvrir sa ville. Une ville qu’il aime malgré tout. Une belle rencontre comme le permet le documentaire.
«Natifs d’Espagne, Jean Gimenez et son fils, François, ont immigré au Canada en 1958. En 1965, ils se portent acquéreurs d’une ferme maraîchère à St-Édouard et vendent leurs produits au marché Jean-Talon de Montréal depuis. Ils innovent, mais à leur manière, disent-ils. Aussi, ont-ils refusé net une offre de prêt pour agrandir leur ferme. Pour eux, mieux vaut vivre modestement et heureux plutôt que de s’endetter.»
Depuis hier, le webdocumentaire de l’Office national du film du Canada – ONF – est en ligne avec ces premiers récits. Un projet ambitieux qui veut documenter, au jour le jour, l’effet de la crise économique au Canada.
Le projet consiste à suivre pendant une année, plusieurs personnages sur fond de crise économique. Le site mettra en ligne cinq courtes vidéo ou essais photographiques par semaine. Récits qui se suivront, mais surtout qui se recouperont et se répondront.
C’est en tant que réalisateur de deux histoires en développement – dont « Alison et Robert » avec un premier épisode déjà en «S’endetter malgré la dette» – et de quelques reportages photographiques en court de montage et de réalisation, que je participe à ce projet.
Déjà, on en parle dans les médias francophones : ce matin Stéphane Baillargeon dans sa chronique Médias dans Le Devoir, intitulé « ONF: portrait de groupe », et dans l’éditorial de Marie-Claude Loiselle du dernier numéro de septembre du magazine de cinéma 24 images (l’article devrait être en ligne dans les prochaines semaines).
Depuis les années 1990, Dominic Morissette parcourt la planète et en a ramené plusieurs documentaires photographiques et vidéographiques qui nourrissent son regard d’ethnologue.
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