Gil Courtemanche

Mes samedis ne seront plus les mêmes. Je les commençais presque toujours de la même façon : un premier café avec Le Devoir et ses manchettes pour rapidement me rendre au texte de Gil en page 2 du cahier B.

Ces commentaires ne m’accompagneront plus et n’alimenteront plus mes premières discussions. Ils me manqueront. D’ailleurs, il était un commentateur que j’aimais citer dans mon blogue.

Nous venons donc de perdre l’un de nos trop rares intellectuels qui ne craignait pas la controverse. Pour le moins.

 

Je n’ai pas beaucoup connu Gil. Avant leur séparation, il était le conjoint d’une amie. Je l’aurai donc croisé à quelques reprises lors de souper et de fêtes. Je me souviens aussi que cela ne se terminait pas toujours de belle façon : Gil était intense et parfois difficile à vivre.

 

La dernière fois où j’ai rencontré Gil, je crois que c’était en 2007 au vernissage de mon exposition Chroniques afghanes. Il en avait profité pour m’offrir l’album photo No Man’s Land de Larry Towell. Il en avait fait la préface et me savait aimer ce photographe.

 

 

Le mépris d’AbitibiBowater… et l’indignation des travailleurs.

Camion de pitoune, Dolbeau-Mistassini, août 2008

Je viens de retrouver un texte que je publiais sur mon propre blogue, en avril de l’an dernier sur la possible fermeture d’AbitibiBowater… Fermeture qui se confirmait, pour l’usine de Dolbeau, quelques semaines plus tard, en juin de la même année.

Bien entendu, à ce moment, je ne pouvais imaginer que je rencontrerais ce couple, dont Nelson, qui y a perdu son emploi. Une vie brisée. Cette rencontre fait l’objet de l’essai photographique «Devant le néant» du webdocumentaire PIB, l’indice humaine de la crise économique canadienne de l’ONF.

«Crise économique et mépris… Et l’indignation dans tout ça?», un long texte où je cite l’éditorialiste Jean-Robert Sansfaçon et le commentateur Gil Courtemanche du journal Le Devoir. Je le publie à nouveau ici.

*

Avril 2009 – En ces jours où on ne parle que de crise économique, je me suis amusé à faire un collage de textes au sujet de la faillite très probable d’AbitibiBowater. Pour ce faire, j’ai choisi, dans Le Devoir de samedi dernier le commentaire de Gilles Courtemanche (GC) intitulé “Les victimes de la crise” ainsi que l’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon (JRS), “AbitibiBowater – Incompétence et mépris”.

***

« Avec 7500 employés et 9000 retraités, AbitibiBowater est l’un des plus importants employeurs au Québec. Endettée par-dessus la tête, la compagnie vient de se placer sous la protection des tribunaux pour tenter de restructurer ses activités et sa dette de quelque 8,7 milliards. […] » (JRS)

« Voilà d’ailleurs un cas typique d’industrie qui s’est longtemps appuyée sur la faiblesse du dollar canadien pour engranger des profits non mérités; une industrie qui a épuisé la ressource la plus facilement accessible et qui exige maintenant que les gouvernements paient pour le reboisement et la construction de chemins forestiers tout en lui cédant le bois et l’énergie pour des peanuts. En somme, un autre beau cas de compagnie dirigée par des patrons imprévoyants tout juste capables de se remplir les poches sans se soucier de l’avenir des régions qui les ont accueillis.

« Malgré ce constat dramatique, les gouvernements n’ont pas le choix, eux qui ont si longtemps été complices. […] » (JRS)

« Pendant ce temps, le gouvernement de Stephen Harper n’en a que pour l’exploitation pétrolière de l’Ouest et le sauvetage de l’industrie de l’auto en Ontario, les deux régions du pays sur lesquelles il compte le plus pour remporter les prochaines élections. […] » (JRS)

« Alors qu’on tente toujours désespérément d’éviter que GM et Chrysler se placent sous la protection des tribunaux, cette étape vient d’être franchie par AbitibiBowater sans que le gouvernement conservateur lève le petit doigt. Voilà ce qu’on appelle du mépris. » (JRS)

« Et la colère, bordel? Et l’indignation? Et le sentiment de profonde injustice? Ils [les travailleurs qui ont perdu leur emploi] sont où? Ils s’expriment comment? Ils ne s’expriment pas, car ils n’ont jamais été formulés, ni par les politiques, ni par les syndicats. Alors, comment demander aux travailleurs de mettre en forme et en action leur sentiment d’être des paumés de la terre? Des paumés riches, mais des paumés quand même.

« En France, à Mantes-la-Jolie, 200 ouvriers de FCI, quatrième producteur mondial de connecteurs, ont décidé d’occuper leur usine menacée de délocalisation à Singapour. C’était le 24 février. L’usine et la compagnie étaient rentables, mais le fonds d’investissement américain, ce genre de groupe anonyme de riches qui veulent devenir plus riches, souhaitait une plus grande rentabilité. L’usine de FCI a rouvert ses portes mardi dernier et une entente a été conclue qui garantit les emplois au moins jusqu’en 2011. […] » (GC)

« Posons-nous une question. Pourquoi avons-nous l’indignation automatique quand la «nation» est brimée, snobée, oubliée, et faisons-nous le mort quand nos ouvriers prennent le chemin du chômage, de la fin de leur vie active, que leur retraite n’est pas assurée? Posons une autre question. Pourquoi la capacité de mobilisation des centrales syndicales est-elle si faible? Et une question subsidiaire: pourquoi leurs propositions pour faire face à la crise sont-elles si minces et si vides? […] » (GC)

« Abitibi-Bowater va faire faillite. Ce n’est pas la faute de ses employés efficaces et productifs, qui ont fait moult concessions. L’entreprise est tuée par une dette énorme accumulée pour acquérir, pas pour produire. Et ce sont les travailleurs qui paieront de leur maison, certainement pas les dirigeants qui ont coulé le bateau. Il faudrait peut-être commencer à être en colère. Pourquoi ne pas occuper une usine, s’approprier le bois ou le papier? Cesser de laisser les voleurs voler. » (GC)

Un autre bon coup pour M. Harper (sic !)

Copenhague, février 2009.
Copenhague, février 2009.
Copenhague, février 2009.

En ce premier jour de la conférence de Copenhague, le Canada a  déjà réussi à se faire remarquer avec son prix de « Fossil du jour »  décerné par le Réseau action climat (RAC) une coalition de plus de 400 organisations non gouvernementales. Récompense que se gouvernement se méritait aussi en 2007 et 2008.

Le gouvernement Harper semble encore une fois sur la bonne voix pour réussir le coup de maître de s’aliéner une vaste proportion des gouvernements présents, exploit déjà accomplit au mois d’octobre dernier à Bangkok où les délégués de 77 pays ont quitté la salle avant même que le Canada prenne la parole lors d’une conférence préparatoire à Copenhague.

D’ailleurs, ce ne sont pas que ces délégués de pays en voie de développement, ni les membres du Réseau action climat (RAC) qui accordent une si mauvaise note à notre gouvernement. Dans sa chronique « Catastrophes annoncées » de samedi dernier dans Le Devoir, Gil Courtemanche termine son papier par :

« Le Canada : C’est évidemment une autre catastrophe annoncés. Citation d’un grand hebdomadaire européen : « Un seul pays se refuse toujours à aborder le dossier climatique avec bonne volonté : Le Canada. » Nous sommes une catastrophe pour la planète, avec les Etats-Unis, la Chine et la Russie, et nous ne faisons même pas semblant de vouloir négocier. Et l’hebdomadaire poursuit : « Le bilan environnemental du Canada est pourtant désastreux : les émissions de gaz à effet de serre ont grimpé de 26% entre 1990 et 2007, ce qui fait du Canada le pays du G8 où ces émissions ont le plus augmenté. Mais on s’en fout, M. Harper, que les Maldives soient englouties, que 200 millions de personnes errent sur les routes qui ne mènent nul part. On s’en fout que les Africains meurent de faim pourvu que le rodéo de Calgary se poursuive et que les sables bitumineux continuent à nous enrichir en tuant un peu partout. Mais cela, personne ne le sait, dit le chef de cabinet. » »

Pour sa part, Josée Bilodeau éditorialiste au Devoir signait hier un commentaire intitulé «Conférence de Copenhague: Avoir confiance» où elle ne ménage pas la position du gouvernement. Elle y écrit que le ministre fédéral de l’environnement, M. Prentice « ne voit dans la protection de l’environnement qu’une menace à l’économie et à l’emploi, fidèle au clientélisme du gouvernement conservateur obsédé par les rentables sables bitumineux de l’Alberta. Après eux le déluge !

« On aura donc compris que le Canada gardera son rôle de cancre en chef à Copenhague tout en tentant de faire croire, comme le font tous les cancres, qu’il est à la hauteur des joueurs-clés […] »

Et cela, au nom du Canada !

*

Je termine en citant un éditorial commun, publié par cinquante-six journaux dans quarante-cinq pays, qui « ont pris l’initiative sans précédent de parler d’une seule voix en publiant un éditorial commun. Nous le faisons car l’humanité est confrontée à une urgence aiguë. Si le monde ne s’unit pas pour prendre des mesures décisives, le changement climatique ravagera notre planète, et, avec elle, notre prospérité et notre sécurité. […]

« Mais les hommes politiques réunis à Copenhague peuvent et doivent s’accorder sur les éléments essentiels d’un accord équitable et efficace et, surtout, sur un calendrier ferme permettant de transformer cet accord en traité. […]

« La transformation sera onéreuse, mais son coût sera largement inférieur à celui du récent sauvetage de la finance mondiale – et infiniment moindre que le prix que nous aurions à payer en cas d’inaction. […] »

Est-ce que notre premier ministre, Steven Harper nous fera porter l’odieux d’être de ceux et celles qui n’ont pas voulu voir,  ni négocier ?

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Journaux signataires de la pétition :

Economic Observer Chine. Southern Metropolitan Daily Chine. CommonWealth Magazine Taïwan. Joongang Ilbo Corée du Sud. Tuoi Tre Vietnam. Brunei Times Brunei. Jakarta Globe Indonésie. Cambodia Daily Cambodge. The Hindu Times Inde. The Daily Star Bangladesh. The News Pakistan. The Daily Times Pakistan. Gulf News Dubaï. An Nahar Liban. Gulf Times Qatar. Maariv Israël. The Star Kenya. Daily Monitor Ouganda. The New Vision Ouganda. Zimbabwe Independent Zimbabwe.s The New Times Rwanda. The Citizen Tanzanie. Al-Shorouk Egypte. Botswana Guardian Botswana. Mail & Guardian Afrique du Sud. Business Day Afrique du Sud. Cape Argus Afrique du Sud. Toronto Star Canada. Miami Herald Etats-Unis. El Nuevo Herald Etats-Unis. Jamaica Observer Jamaïque. La Brujula Semanal Nicaragua. El Universal Mexique. Zero Hora Brésil. Diario Catarinense Brésil. Diaro Clarin Argentine. Süddeutsche Zeitung Allemagne. Gazeta Wyborcza Pologne. Der Standard Autriche. Delo Slovénie. Vecer Slovénie. Dagbladet Information Danemark. Politiken Danemark. Dagbladet Norvège. The Guardian Grande-Bretagne. Le Monde France. Libération France. La Reppublica Italie. El Pais Espagne. El Mundo Espagne. De Volkstrant Pays-Bas. I Kathimerini Grèce. Publico Portugal. Hürriyet Turquie. Novaïa Gazeta Russie. Irish Times Irlande. Le Temps Suisse.