«Le magicien de Kaboul» sur les ondes de Radio-Canada

Affiche du film «Le magicien de Kaboul»

Le documentaire Le magicien de Kaboul d’un ami et collègue Philippe Baylaucq sera diffusé demain jeudi sur les ondes de Radio-Canada à 20 heures. Un film auquel  j’ai participé comme directeur de la photographie à Kaboul.

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Le magicien de Kaboul, un  film de Philippe Baylaucq

«En 2001, Haruhiro Shiratori perd son fils unique dans l’effondrement des tours du World Trade Center. Au lieu de s’enfermer dans la douleur, il choisit d’aller à la rencontre du peuple afghan et de lui venir en aide, afin que de tels attentats ne se reproduisent plus. Philippe Baylaucq a filmé – pendant plus de quatre ans et sur trois continents – la quête de ce Don Quichotte japonais qui rêve de construire un centre culturel pour les enfants de Kaboul.

Partout où on l’invite, Shiratori évoque le drame des enfants afghans. Il prêche, convainc, récolte des fonds sans relâche avec une détermination qui force l’admiration. À travers cette quête humaniste parsemée d’embûches, on découvre le voyage initiatique de ce père qui, en brisant le cycle de la violence, tente de se réconcilier avec son fils décédé.»

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Bernard Perusse – The Gazette

« Un beau film »
Odile Tremblay – Le Devoir

« Le magicien de Kaboul est un très beau film, qui ne sombre jamais dans le sensationnalisme ou le mélodramatique. »
Sophie Bernard – Le Lien Audiovisuel

« …bouleversant… »
Martin Gignac – Ici

« Un message d’espoir qui ne laissera personne indifférent »
Cinema Montréal

Chronique de voyages en Afghanistan

Village de Shahidan (Bamiyan), 9 octobre 2004

Je profite des élections législatives d’hier en Afghanistan pour vous présenter à nouveau mes premières réalisations « afghanes » et quelques résultats d’ateliers, regroupés dans le dossier multimédia « Chroniques afghanes » sur le site de Parole citoyenne.

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Je suis arrivé à Kaboul, la première fois, en décembre 2003 pour y donner de la formation en vidéo et en photographie pour l’ONG montréalaise Alternatives, auprès d’une organisation non gouvernementale afghane – Afghan Peace and Democraty Act — APDA. Ce voyage qui devait être de quatre semaines s’est prolongé à près de trois mois. D’ailleurs, il ne m’aura fallu qu’une courte pause à Montréal pour revenir à Kaboul pour un second séjour où j’ai travaillé avec une équipe afghane à la production de bandes vidéo, pour la télévision nationale, des 18 candidats aux premières élections présidentielles d’octobre 2004. Nous étions dans un autre contexte que celui qui se déroule actuellement.

De ces deux premiers séjours, l’idée de réaliser un documentaire qui allait devenir Chroniques afghanes, émergeait.

En février 2005, je suis donc retourné à Kaboul pour poursuivre mon engagement auprès des jeunes Afghans et commencer ma recherche en prévision d’un scénario de documentaire.

C’est un an plus tard, en janvier 2006, que le tournage d’une dizaine de semaines débutait. À ce moment, la sécurité n’était déjà plus ce qu’elle avait été lors de mes premiers voyages ; mais cela n’a rien à voir avec ce qu’elle deviendra au moment de mes voyages suivants.

Au mois d’août 2006, j’ai eu l’occasion de retourner dans ce pays comme directeur de la photographie pour le film de Patricio Henriquez, Sous la cagoule, voyage au bout de la torture. Ce court passage m’a aussi permis de terminer mon propre film Chroniques afghanes.

C’est à l’automne 2007 que je suis retourné une dernière fois en Afghanistan. C’est à titre de coréalisateur et directeur de la photographie que CBC et Radio-Canada m’ont envoyé pour une émission spéciale de deux heures – Afghanistan entre l’espoir et la peur.

Déjà, les choses allaient de mal en pis.

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Afghanistan: la première élections présidentielle : une courte vidéo tournée à Bamiyan.

Chroniques afghanes, l’expo photos : une sélections de quelques photographies.

James Natchtwey et la photographie de guerre

Institut d’agronomie de Kaboul, Afghanistan, hiver 2004

Hier soir, je revoyais le documentaire « James Nachtweay, War Photographer » du réalisateur Christian Frei. Photographe de guerre par excellence, Nachtwey ne laisse pas indifférent quiconque intéressé par ce type de photographies et ces questionnements.

Cela relance chez moi le débat sur le comment mais surtout sur le pourquoi devons-nous faire ces images. Pourquoi être présente lors de catastrophes humaines et documenter ces souffrances ?

Sur la couverture du DVD, un extrait de Nachtwey lance la question :

« Every minute I was there, I wanted to flee. I did not want to see this. Would I cut and run, or would I deal with the responsibility of being there with a camera? »

Le film se termine avec un entrevue de James Nachtwey qui nous raconte en anglais (je transcris les sous-titres français) :

« Pourquoi photographier la guerre ? Est-il possible, par le moyen de la photographie, d’éliminer un comportement humain qui a existé tout au long de l’histoire ? Cette idée peut paraître ridicule dans ses propositions. Mais c’est justement ce qui me motive. Pour moi, la force de la photographie réside sans ses facultés humaines. Si la guerre tend à détruire l’humanité, on peut concevoir la photographie comme la négation de la guerre. Donc, comme un ingrédient puissant dans l’antidote à la guerre.

« Quand quelqu’un assume le risque d’aller au cœur d’une guerre pour communiquer au reste du monde ce qui s’y passe, alors il tente de négocier la paix. Cela explique peut-être que les meneurs de guerre n’aiment pas les photographes.

« […]

« Si tous pouvaient vivre cette peur au moins une fois, ils comprendraient que rien ne justifie d’infliger de telles choses à un homme, et encore moins à des milliers.

« Mais tout le monde ne peut pas y être. C’est aux photographes d’y aller, pour montrer ces hommes, les arrêter, et pour prêter attention à ce qui se passe là-bas. Créer des images assez puissantes pour contrer l’effet diluant des médias, sortir les gens de l’indifférence. Pour protester et ainsi en amener d’autres à protester. »

Il reprend un peu plus loin pour terminer le film sur ces paroles – que je souligne :

« Le pire est qu’en tant que photographe, je profite du malheur des autres. Cette idée me hante. Chaque jour. Car je sais que si mon ambition et ma carrière devaient l’emporter un jour sur ma compassion, j’aurai vendu mon âme. Je ne peux justifier mon métier qu’en respectant ceux qui souffrent. C’est ce respect qui fait que je suis accepté par l’autre, et peux ainsi m’accepter moi-même. »