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Articles taggués ‘Le Devoir’

Le mépris d’AbitibiBowater… et l’indignation des travailleurs.

9 juin 2010
Camion de pitoune, Dolbeau-Mistassini, août 2008

Je viens de retrouver un texte que je publiais sur mon propre blogue, en avril de l’an dernier sur la possible fermeture d’AbitibiBowater… Fermeture qui se confirmait, pour l’usine de Dolbeau, quelques semaines plus tard, en juin de la même année.

Bien entendu, à ce moment, je ne pouvais imaginer que je rencontrerais ce couple, dont Nelson, qui y a perdu son emploi. Une vie brisée. Cette rencontre fait l’objet de l’essai photographique «Devant le néant» du webdocumentaire PIB, l’indice humaine de la crise économique canadienne de l’ONF.

«Crise économique et mépris… Et l’indignation dans tout ça?», un long texte où je cite l’éditorialiste Jean-Robert Sansfaçon et le commentateur Gil Courtemanche du journal Le Devoir. Je le publie à nouveau ici.

*

Avril 2009 – En ces jours où on ne parle que de crise économique, je me suis amusé à faire un collage de textes au sujet de la faillite très probable d’AbitibiBowater. Pour ce faire, j’ai choisi, dans Le Devoir de samedi dernier le commentaire de Gilles Courtemanche (GC) intitulé “Les victimes de la crise” ainsi que l’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon (JRS), “AbitibiBowater – Incompétence et mépris”.

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« Avec 7500 employés et 9000 retraités, AbitibiBowater est l’un des plus importants employeurs au Québec. Endettée par-dessus la tête, la compagnie vient de se placer sous la protection des tribunaux pour tenter de restructurer ses activités et sa dette de quelque 8,7 milliards. […] » (JRS)

« Voilà d’ailleurs un cas typique d’industrie qui s’est longtemps appuyée sur la faiblesse du dollar canadien pour engranger des profits non mérités; une industrie qui a épuisé la ressource la plus facilement accessible et qui exige maintenant que les gouvernements paient pour le reboisement et la construction de chemins forestiers tout en lui cédant le bois et l’énergie pour des peanuts. En somme, un autre beau cas de compagnie dirigée par des patrons imprévoyants tout juste capables de se remplir les poches sans se soucier de l’avenir des régions qui les ont accueillis.

« Malgré ce constat dramatique, les gouvernements n’ont pas le choix, eux qui ont si longtemps été complices. […] » (JRS)

« Pendant ce temps, le gouvernement de Stephen Harper n’en a que pour l’exploitation pétrolière de l’Ouest et le sauvetage de l’industrie de l’auto en Ontario, les deux régions du pays sur lesquelles il compte le plus pour remporter les prochaines élections. […] » (JRS)

« Alors qu’on tente toujours désespérément d’éviter que GM et Chrysler se placent sous la protection des tribunaux, cette étape vient d’être franchie par AbitibiBowater sans que le gouvernement conservateur lève le petit doigt. Voilà ce qu’on appelle du mépris. » (JRS)

« Et la colère, bordel? Et l’indignation? Et le sentiment de profonde injustice? Ils [les travailleurs qui ont perdu leur emploi] sont où? Ils s’expriment comment? Ils ne s’expriment pas, car ils n’ont jamais été formulés, ni par les politiques, ni par les syndicats. Alors, comment demander aux travailleurs de mettre en forme et en action leur sentiment d’être des paumés de la terre? Des paumés riches, mais des paumés quand même.

« En France, à Mantes-la-Jolie, 200 ouvriers de FCI, quatrième producteur mondial de connecteurs, ont décidé d’occuper leur usine menacée de délocalisation à Singapour. C’était le 24 février. L’usine et la compagnie étaient rentables, mais le fonds d’investissement américain, ce genre de groupe anonyme de riches qui veulent devenir plus riches, souhaitait une plus grande rentabilité. L’usine de FCI a rouvert ses portes mardi dernier et une entente a été conclue qui garantit les emplois au moins jusqu’en 2011. […] » (GC)

« Posons-nous une question. Pourquoi avons-nous l’indignation automatique quand la «nation» est brimée, snobée, oubliée, et faisons-nous le mort quand nos ouvriers prennent le chemin du chômage, de la fin de leur vie active, que leur retraite n’est pas assurée? Posons une autre question. Pourquoi la capacité de mobilisation des centrales syndicales est-elle si faible? Et une question subsidiaire: pourquoi leurs propositions pour faire face à la crise sont-elles si minces et si vides? […] » (GC)

« Abitibi-Bowater va faire faillite. Ce n’est pas la faute de ses employés efficaces et productifs, qui ont fait moult concessions. L’entreprise est tuée par une dette énorme accumulée pour acquérir, pas pour produire. Et ce sont les travailleurs qui paieront de leur maison, certainement pas les dirigeants qui ont coulé le bateau. Il faudrait peut-être commencer à être en colère. Pourquoi ne pas occuper une usine, s’approprier le bois ou le papier? Cesser de laisser les voleurs voler. » (GC)

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Harper : un important recul se confirme

24 mars 2010

Il y a quelques semaines, j’écrivais, dans mon article « Quand Harper suit les traces de Bush fils » que les conservateurs nous menaient vers un autre important recul, en particulier pour le droit des femmes des pays en développement – mais n’est-ce pas que la partie émergée de l’iceberg ?

Ce matin, le Devoir rapportait que le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon affirmait que la proposition du gouvernement Harper au sommet du G8 sur la santé des femmes, ne prévoit « aucune mesure de planification familiale ». Ni contraception et encore moins d’avortement… Quel recul !

Et la défaite de la motion des libéraux de Michael Ignatieff d’hier en chambre des communes, a encore une fois permis aux Conservateurs de se défiler et de ne pas dévoiler leur jeu. Avec comme résultat, une autre victoire pour Steven Harper et son idéologie ultraconservatrice.

Pour en savoir davantage sur cette initiative, revenez sur mon entrée du 28 février où je réfère à plusieurs articles et commentaires.

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Le nouveau récit « La Boite à bleuets » et la blogosphère…

10 mars 2010
Alma, Lac St-Jean, 24 février 2010

Hier, le blogue collectif du Devoir intitulé « Le Sismographe : cultures en mutation » mentionnait le projet Pib et en particulier le nouveau récit sur lequel je travaille avec «La Boite à bleuet» d’Alma au Lac Saint-Jean.

Le chroniqueur Fabien Deglise écrit :

« L’aventure PIB, cet incroyable web-documentaire de l’Office national du film (ONF) qui cherche à témoigner de l’impact humain de la crise économique, se poursuit avec la mise en ligne aujourd’hui d’un nouveau document vidéo consacré à la Boîte à bleuets, ce cabaret communautaire d’Alma au Lac-Saint-Jean frappé lui aussi par une économie qui vacille. Le portrait est attachant et mérite un détour de quelques minutes. […] »

Ce blogue, que je découvre à l’instant, s’intéresse à « La production, la diffusion et la consommation de la culture se transforment radicalement. Musique téléchargée, cinéma ou opéra numériques, livres dématérialisés, vente aux enchères ou télé sur internet, médias et industries culturelles en crise: ce blogue collectif des journalistes du Devoir propose de sonder les espaces culturels en mutation pour enregistrer les bouleversements en cours. » À suivre avec attention.

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Harper est actif sur tous les fronts – II

2 mars 2010

Le Devoir poursuit son excellent travail d’investigation sur le gouvernement Harper et ses agissements, souvent antidémocratiques et à contre-courant des valeurs qui définissaient jusqu’à récemment le Canada.

Ce matin, la manchette est sans équivoque : « Censure à Ottawa : trois ministres soupçonnés » avec comme sous-titre « [le ministre] Paradis n’est pas le seul visé par une enquête de la commissaire à l’information ». Nous pouvons lire : « S’agit-il d’allégations d’interférences de la part de l’entourage des ministres ? « C’est ça » a répondu Suzanne Legault [la commissaire] ».

Pour continué avec l’organisme Droits et démocratie

Hier dans le même journal, le directeur Bernard Descôteaux écrit en éditorial « Ce qu’il ne pouvait faire directement, le gouvernement Harper l’a fait indirectement […] » Il termine son article intitulé « Droits et démocratie : la Tutelle » : « Le message est clair pour toutes les organismes canadiens œuvrant en matière de développement. Ils devront agir en conformité avec les valeurs du gouvernement conservateur. » [C'est moi qui souligne]

De son côté, Agnès Gruda de La Presse s’est intéressée à la candidature de Gérard Latulippe à la barre de Droits et démocratie : « Un homme et ses zigzags ».

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Quand Harper suit les traces de Bush fils

28 février 2010

Dans Le Devoir de ce week-end, c’est au tour de trois signataires d’une lettre ouverte de porter notre attention sur les agissements du gouvernement Harper en ce qui concerne l’égalité des femmes et son idéologie ultraconservatrice. Dans leur texte « Des attaques contre l’égalité des femmes » elles vont dans le même sens que la chroniqueuse du Devoir Manon Cornellier qui disait plus tôt cette semaine que la nouvelle orientation du gouvernement Harper « fait craindre un glissement à la George W. Bush qui a mis fin au financement d’organisations qui défendaient l’accès à des services sécuritaires d’interruption volontaire de grossesse. »

Les auteures dénoncent les nouvelles orientations imposées à l’Agence canadienne de développement internationale – Acdi – par la ministre Bev Oda.

« En refusant de financer des programmes qui respectent les droits des femmes à cet égard, notamment le droit à des services de contraception et de santé génésique, vous permettez aux divergences idéologiques d’entraver l’accès à de bons soins de santé et à l’égalité entre les sexes.

« Certes, la vaccination, l’accès à l’eau potable, une meilleure nutrition et une meilleure formation des professionnels de la santé sont importants pour la santé et la sécurité des femmes et des filles. Mais pour s’attaquer aux véritables causes de la mauvaise santé maternelle et infantile, il faut que toute une gamme de choix existe pour promouvoir la planification de la famille et l’égalité entre les sexes. Offrir moins que cela, c’est n’offrir qu’une solution de fortune.

[…] »

Elles concluent par :

« Si nous nous basons sur ce que nous avons vu de votre gouvernement jusque-là, nous avons toutes les raisons d’être inquiètes. Votre gouvernement a lancé une attaque systématique contre l’égalité des femmes, ici même au Canada. Vous avez supprimé les mots «égalité entre les sexes» du vocabulaire du ministère des Affaires étrangères et de Condition féminine Canada. Vous avez fait des compressions dans le financement de Condition féminine Canada et démantelé le Programme de contestation judiciaire. En outre, vous avez fait en sorte que l’équité salariale, qui était un droit non négociable, devienne une monnaie d’échange.

« En conclusion, nous vous pressons à nouveau de revenir sur votre position concernant votre initiative sur la santé maternelle et infantile. Nous vous demandons de vous battre pour ce qui est juste et raisonnable, et ce, dans l’intérêt supérieur de toutes les femmes. Ce n’est que lorsque les femmes auront accès à toutes les options de planification familiale et de santé génésique que nous pourrons réellement les arracher à la pauvreté. »

Comme quoi, rien n’est laissé au hasard avec ce gouvernement.

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Sur la saga non terminée de Droits et démocratie, Le Devoir y va d’un long article qui retrace un peu l’historique de la crise: « La crise à Droits et Démocratie – Quand le politique s’arroge tous les droits »

Et sous la plume d’Agnès Gruda, La Presse y va avec la question suivante : « Des ONG sous surveillance: Le gouvernement conservateur a-t-il décidé de politiser l’aide internationale ? »

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Harper est actif sur tous les fronts

24 février 2010

Alma, Québec — Sans que rien n’y paresse à première vue, Steven Harper annonçait en janvier dernier qu’il allait faire de l’amélioration de la santé des femmes et des enfants un objectif du G8 qu’il présidera en juin. Une annonce étrange qui laissait tout le monde pantois.

Que lui arrive-t-il ? Pourquoi une telle attention de la part de notre premier ministre, lui qui ne semble pas très porté sur la compassion et la misère des autres.

La chroniqueuse du Devoir, Manon Cornellier a poussé le questionnement et publie aujourd’hui « Les revers d’une bonne intention ». (C’est moi qui souligne en gras)

« Cette quasi-illumination est largement le fait d’une coalition internationale d’environ 300 organisations — le Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant […].

« Le Partenariat et tous les groupes intéressés ont applaudi à l’initiative de Stephen Harper. Quelques personnes, cependant, ont noté une grosse omission dans cette déclaration. On ne faisait nulle part mention de la santé de la reproduction, ce qui a fait craindre un glissement à la George W. Bush qui a mis fin au financement d’organisations qui défendaient l’accès à des services sécuritaires d’interruption volontaire de grossesse.

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« Le chef libéral Michael Ignatieff a été un des premiers à s’en inquiéter publiquement. L’ancien ambassadeur et émissaire onusien Stephen Lewis a vite suivi. Les opposants à l’avortement, eux, se sont réjouis, déduisant des paroles des uns et du silence des autres qu’Ottawa ne permettrait pas que l’argent public soutienne des organismes faisant la promotion de la contraception et de l’accès à des services d’avortement sécuritaires.

[…]

« Aider les enfants et les femmes enceintes est louable et essentiel, mais cela ne suffit pas. Il faut aussi aider les femmes avant, après et entre les grossesses. Les aider aussi à espacer ou retarder ces dernières, si c’est ce qu’elles souhaitent. Exclure la planification des naissances des secteurs d’intervention du G8 équivaut à priver les femmes qu’on dit vouloir aider de moyens cruciaux pour contrôler une part importante de leur destinée et de leur santé.

« Cette décision du gouvernement Harper relève soit de l’idéologie, soit d’un simple désir d’amadouer une base un peu rétive, comme ces députés conservateurs qui militent pour couper les vivres à la Fédération internationale de planification des naissances (Planned Parenthood). Qu’importe la raison, ce choix reste inacceptable, car celles qui en paient le prix sont toujours celles qui ont le moins… d’options. »

Comme quoi il faut absolument rester vigilant en tout temps avec ce gouvernement ultraconservateur.

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Du côté de Droits et démocratie, les choses ne s’arrangent pas. Fidèle à lui-même, le gouvernement de Harper continue à imposer son idéologie au sein même de cette organisation. D’ailleurs, lui qui est bien mal placé pour faire des leçons de démocratie.

Avec la nomination de Gérard Latulippe comme président, le conseil d’administration – très controversé pour le moins – aura les mains libres pour poursuivre son travail de réorientation basé sur des idées ultraconservatrices qui ne sont pas très compatibles avec certaines valeurs canadiennes que l’on croyait acquises. Comme quoi il faut rester vigilant en tout temps, et en particulier avec le gouvernement.

Sur le nouveau président, voir le blogue de Chantal Hébert qui nous éclaire sur son passé avec l’Alliance, sa vision des « accommodements raisonnables » proche de Mario Dumont.

Pour le reste, suivre les articles et commentaires dans le Devoir, dont :

«Les employés de Droits et démocratie sont consternés par les propos de Cannon»

«Droits et Démocratie – La nomination de Latulippe ne fait pas l’unanimité»

«Droits et Démocratie: le Parlement doit intervenir rapidement»

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Information [ou] spectacle ?

30 janvier 2010
Aéroport International Toussaint Louverture de Port-au-Prince,
Haïti, 20 janvier 2010

Avant même de savoir que j’allais me joindre en tant que réalisateur et caméraman, à une mission à Port-au-Prince avec le CECI, j’avais un trop-plein d’informations ou plutôt de non-informations et de redites (voir mon entrée « Sanaa, Kiev et Port-au-Prince »). Cela n’était qu’à peine 48 heures après le séisme. C’est vous dire aujourd’hui…

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Toujours avant mon départ pour Haïti et dans le même article sur mon blogue, je me demandais comment photographier ou filmer une telle catastrophe humaine. Une question qui me hante souvent, ici comme ailleurs, à cause de la nature même de mon travail et de mon médium de prédilection : l’image ; photographique et ou vidéographique.

Pour tenter de répondre à cette question du « comment filme-t-on l’autre », dans un moment de crise ou pas, j’essaie de garder en tête comment je ferais si j’étais à Montréal, si je filmais des gens près de moi. Ou je me mets à la place de la personne : aimerais-je être filmé par des étrangers à un moment où je suis si vulnérable ? À l’instant où je viens de perdre mon enfant, ma femme, un proche ?

Parce que je ne comprends toujours pas pourquoi montre-on des corps ou des gens en crise, sans gène, alors qu’on ne le ferait pas chez nous si une telle tragédie humaine arrivait. Souvenons-nous, à part quelques corps qui tombaient des tours jumelles du World Trade Center, avons-nous vu des images de cadavres sous les décombres ? Alors pourquoi peut-on le faire avec les victimes à Port-au-Prince ? Et avec une telle insistance ?

Dans l’article « Le choc des ondes qui choquent » de Stéphane Baillargeon dans Le Devoir, il cite François-Marc Bernier du département de communication de l’Université d’Ottawa :

« […] Il [François-Marc Bernier] rappelle toutefois que les reporters doivent respecter de strictes et contraignantes balises morales. «Il n’y a pas d’éthique de crise, dit-il. Les mêmes règles s’appliquent toujours, partout. Les gens dans la rue à Port-au-Prince, blessés ou morts, ont droit à autant de dignité que les gens dans la rue à Montréal. Il n’y a donc aucune raison de les harceler, de les filmer contre leur gré, sur des civières par exemple. Les patrons des entreprises de presse accepteraient-ils d’être filmés ainsi par leurs employés?»

[...] »

Une réflexion très pertinente.

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La veille de mon retour à Montréal, j’apprenais que la reporter et chef d’antenne de Radio-Canada Céline Galipeau venait d’arriver à Port-au-Prince et me demandais pourquoi devait-on faire un tel spectacle avec les informations. Et quelle ne fut pas ma surprise – lire déception — de voir sur les ondes de la télévision d’État de tels « reportages ». Je poursuis avec Stéphane Baillargeon dans Le Devoir :

« […] Une envoyée très spéciale de Radio-Canada a accompagné une Canadienne cherchant à s’introduire avec sa mère sur le terrain de l’ambassade. Les a-t-elle seulement aidées, même sans le vouloir ou le savoir ?

[…] »

« […] Les reportages de Céline Galipeau la montraient autant que les victimes ou les secouristes: l’animatrice-vedette au chevet d’une amputée par-ci, l’animatrice-vedette dans un bateau par-là.

[…]

N’empêche, la demande demeure pertinente: pourquoi montrer autant les reporters? «C’est une affaire de marketing: les entreprises médiatiques valorisent beaucoup leurs vedettes, commente alors le professeur Bernier. Il faut aussi comprendre que c’est plus économique d’avoir des journalistes en direct, à l’antenne. Un reportage coûte cher et prend du temps. Une conversation coûte peu et meuble le temps d’antenne. C’est pourquoi on utilise beaucoup ce moyen dans les réseaux d’information continue. C’est pourquoi on l’utilisera toujours plus partout.»

Nécessité fait loi… »

Triste réalité de l’information devenu spectacle.

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De retour de Port-au-Prince

24 janvier 2010
Port-au-Prince, Haïti, 19 janvier 2010

Nous sommes donc revenues mercredi, sur le vol humanitaire d’Air Transat arrivé avec 36 tonnes de matériel médical ainsi que d’une vingtaine de médecins et infirmiers, le tout, coordonné par le CECI.

Malheureusement, l’avion a fait le voyage du retour qu’avec une soixantaine de passagers. Malgré la quantité de demandes à traiter et des moyens réduits causés par le tremblement de terre, il est inexcusable que le gouvernement fédéral ne soit pas en mesure d’accélérer le processus bureaucratique pour les citoyens canadiens qui veulent revenir au pays et qui ont perdu leur passeport dans les décombres de leur maison.

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Avant mon départ, je me posais la question : comment peut-on filmer ou photographier une telle tragédie humaine ? Je n’ai pas trouvé la réponse. Pour m’aider, j’avais dans mes bagages un livre de Susan Sontag Devant la douleur des autres que je n’ai pas eu l’occasion de feuilleter. J’avais les deux pieds dedans et peu de temps pour une pause réflexion. Je m’y attarderai dans les prochains jours.

Mais la question des médias, son comment, son pourquoi et surtout sa pertinence m’a tout de même rattrapé. Alors que nous étions encore à Port-au-Prince, mon collègue et ami le photographe Benoit Aquin m’a fait lire l’article « Haïti, le défi médiatique » du chroniqueur « médias » Paul Cauchon dans le Devoir dont voici quelques extraits :

« Haïti, le défi médiatique »

Paul Cauchon, 18 janvier 2010

« La catastrophe en Haïti pose de véritables défis médiatiques. Défi de la pertinence, du respect, défi aussi de bien mettre en contexte les informations sans sombrer dans le voyeurisme.

« C’est le genre de situation où les médias marchent sur la corde raide. D’autant plus qu’ils n’ont pas le choix de sortir de leur réserve, jouant aussi le rôle de courroie de transmission pour les demandes d’aide, les collectes de fonds, etc.

[…]

« Mais déjà vendredi, sur notre site Internet, des lecteurs lançaient un débat: y a-t-il trop de journalistes à Haïti? Nuisent-ils à l’organisation des secours?

Il est indéniable que l’on a absolument besoin des médias sur place pour témoigner de la situation, et les journalistes qui y sont envoyés doivent travailler dans des conditions difficiles, alors qu’ils baignent vraiment dans l’horreur, avec tous ces morts sur les trottoirs, et ces blessés «stationnés» dans des parcs sans aucun médicament.

Évidemment, quand on voit la vedette de CNN, Anderson Cooper, braquer son micro sur les cris d’une jeune adolescente qui était ensevelie sous les décombres pendant que des secouristes tentaient de la sortir de là sans aucun outil, on a vraiment le goût de lui dire «lâche ton micro et va donc les aider à soulever le morceau de béton!» (la jeune femme a finalement été sauvée).

Pourtant, on doit accepter le fait que les médias se ruent en troupeau dans les rues de Port-au-Prince, parce que de toute façon le silence médiatique serait pire. Et le nombre de médias sur place est une garantie que l’organisation de l’aide sera surveillée. Peut-être pas une garantie à 100 %… mais croyez-vous vraiment que ce serait mieux si tous les médias partaient?

La présence de Radio-Canada, pour ne prendre que cet exemple, nous a fait prendre conscience samedi que le séisme avait fait d’énormes ravages à l’extérieur de Port-au-Prince, ce que l’on ne savait pas encore. Car Radio-Canada semble avoir été un des premiers médias à se rendre dans d’autres villes que la capitale, pour constater un degré d’horreur aussi élevé.

Tout est dans la façon de montrer les choses. Cette fin de semaine, TVA a diffusé un reportage de Richard Latendresse qui n’a vraiment pas fait honneur à la profession. Le journaliste a poursuivi un camion qui venait de ramasser des corps, se mettant lui-même en scène sans vergogne comme si l’on était dans un film («on va le suivre, on ne sait pas où il s’en va»), répétant sans cesse d’un ton mélodramatique que l’on était en train de voir des cadavres, filmant sans aucun problème le déversement de corps dans une décharge (ça peut se raconter à l’écran sans être obligé de le montrer!), terminant son reportage avec cette phrase insultante: «C’est n’importe quoi.»

[…] »

J’abonde dans le sens du commentaire de Paul Cochon. Pour moi, la question n’est pas sur la quantité de médias, mais sur sa qualité. Le problème est qu’il y a trop d’information spectacle et de médias médiocres, pour être gentil. En fait, ici comme là-bas, il y a un manque criant de bon journalisme.

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Même minoritaire, Steven Harper impose son idéologie de droite partout

12 janvier 2010

Après la prorogation du Parlement fait le 30 décembre dernier, après sa prestation catastrophique sur la scène internationale à Copenhague et au sujet des prisonniers afghans, voici que Steven Harper va de l’avant en coupant les vives à certaines organisations progressistes telles Kairos et Alternatives à Montréal, sinon en imposant d’importants changements d’orientation.

Le dernier sur la liste qu’on nous rapporte est Droits et démocratie. C’est dans les pages du Devoir que nous apprenons la nouvelle dans l’article d’Alec Castonguay « Droits et démocratie : Dirigeants et employés réclament la démission du président du conseil ».

Si le gouvernement n’a pas autorité directe sur l’organisme, c’est tout de même lui qui nomme dix des treize membres du conseil d’administration, qui lui décide des orientations. Aujourd’hui, après plusieurs années à la gouverne du pays, les dix nominations gouvernementales sont l’œuvre de Steven Harper. La patience de Harper lui aura servi.

Changement d’orientation imposé par le gouvernement Harper

Le journaliste du Devoir écrit : « La nouvelle majorité au conseil d’administration, près des volontés du gouvernement Harper, souhaite que Droits et Démocratie ne mène plus de programme au Proche-Orient. On souhaite également que l’organisme cesse d’entretenir des liens avec des groupes qui critiquent Israël. On voudrait aussi que l’organisme cesse de collaborer avec le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, basé à Genève, et qui n’a pas la faveur du gouvernement Harper. Le bloc de sept membres souhaite également abandonner des programmes jugés importants, comme l’aide aux femmes victimes de violence sexuelle au Congo.

« À l’interne, des membres du CA auraient demandé l’origine ethnique de plusieurs employés et s’ils parlaient arabe. «Ils estiment que l’organisme est trop pro-arabe, ce qui est ridicule. On fait du développement démocratique là où la situation l’exige. Mais il y a du harcèlement constant depuis quelques mois», souligne une source à l’interne. » [C’est moi qui souligne.]

Le droit à l’accès à l’information aussi bafoué

De son côté, la journaliste Hélène Buzzetti titre son papier, en première page du même journal, « Mission afghane : Ottawa met 300 jours pour répondre aux demandes d’informations ».

« Le ministère affecte en effet si peu de fonctionnaires au traitement des demandes [de droit à l’information] que la loi est de facto non respectée de manière systématique.

« […] Le Devoir avait révélé l’été dernier que le ministère des Affaires étrangères ne renouvellerait pas le contrat d’une douzaine d’analystes. Il s’agit donc du fruit d’une décision, et non du hasard.

« La Loi sur l’accès à l’information est claire : les demandes déposées par les journalistes ou le public doivent obtenir une réponse en 30 jours ou moins. Il s’agit donc d’un délai dix fois plus long. »

Et avec sa prorogation du Parlement, le gouvernement Haper a ainsi mis la clef dans le comité parlementaire qui se questionne sur le traitement des prisonniers afghans faits par le Canada.

Si cela n’est pas bafouer nos droits démocratiques en générales et à l’information ainsi qu’à la divergence d’opinions en particulier, qu’est-ce que c’est ?

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Correspondance sur blogue de fiction

12 décembre 2009
Carte postale vidéo, rue Lajeunesse, Montréal, 12 décembre 09
Carte postale vidéo, rue Lajeunesse, Montréal, 12 décembre 09

Le réalisateur Robert Morin alias Jean-Pierre Phaneuf coopérant en Afrique nous invite à le suivre sur son blogue – Journal d’un coopérant – où fiction et réalité se confondent. Il tient le rôle principal du personnage qu’il a créé et nous convie à prendre part dans son récit avec des interventions vidéo, sonores ou écrites. Cette aventure cinématographique sur le web se terminera par un long métrage.

Je m’amuse donc à jouer le jeu…

Une expérience « cinéweborama » qui promet. (Expression que j’emprunte à Fabien Deglise dans le Devoir, le mercredi 9 décembre dernier.)

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