Prunier de Damas, Montréal
Mes promenades matinales, celles que je faisais avec Corinne dès notre levé, ont laissé place à la noirceur qui s’allonge et au froid qui s’installe.
Maintenant, notre rituel se compose, en plus du café que je bois avec elle, assis par terre, d’échanges de sourires et de petits cris. Souvent elle me surprend avec de nouveaux sons. Ensuite, rapidement, elle se rendort pour un petit trois quarts d’heures. L’appartement redevient calme avec la lumière qui commence timidement à envahir la pièce. J’en profite pour plonger dans mes lectures. J’allume une lampe. Je laisse le journal pour les heures plus occupées de la journée.
Ce matin, je me suis donc retrouvé avec Michel-Ange, dans les rues de Constantinople, au temps de la Renaissance : un roman de Mathias Enard au titre magnifique, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants. Le bruit de l’animation de cette ville qui deviendra Istanbul contraste avec le froid de la pièce et le calme de l’hiver déjà bien en place de Montréal.
Corinne se réveille. Je dépose le livre et m’amuse avec elle. Marie-Pierre dort. Elle viendra nous rejoindre dès que les cris de la petite la réveilleront ou nous irons la trouver dans le lit si elle manifeste quelques signes de faim. Ce qui nous laisse parfois, encore quelques minutes.
Pour ce qui est de nos promenades, elles ont maintenant lieu un peu plus tard dans la journée, idéalement au moment où le soleil réchauffe timidement nos visages. À moins que je travaille à l’extérieur.
Aujourd’hui n’était pas une « journée à photographies » : une petite pluie à peine dérangeante et même pas photogénique est tombée sur Montréal.
Lectures, travail et pause ont donc ponctué ma journée.
Demain on annonce encore de la pluie.
Il est 20 heures dix et nous sommes à quelques minutes du départ, juste avant que la pile de mon appareil photo ne tombe.
Marie-Pierre avec sa bédaine de 29 semaines, a réussi à faire le tour de 20 kilomètres.
«Yves avait un emploi très bien rémunéré. Puis, du jour au lendemain, plus rien. « Avant, j’étais bénévole à la banque alimentaire. Maintenant, je suis un bénéficiaire ».»
Avec «Les pauvres, c’était les autres» est le nouvel épisode de «Vivre et survivre en ville» du webdocumentaire PIB ou l’indice humain de la crise économique canadienne de l’ONF.
C’est aux Compagnons de Montréal, dans le quartier Rosemont de Montréal que j’ai tournée cet épisode.
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À mon retour de tournage avec Yves, j’écrivais sur mon blogue et celui du projet PIB :
Ma dernière rencontre était avec Yves. Un homme d’à peine cinquante ans, en forme, qui a toujours travaillé et qui veut travailler. C’est la première fois qu’il se retrouve sans emploi. Ses prestations d’assurance-chômage sont terminées. Depuis trois ou quatre semaines, il a recours à une banque alimentaire du quartier. « Avant, c’était moi qui donnais. J’avais un bon salaire, je donnais et faisais même du bénévolat. » Aujourd’hui, c’est à son tour de demander de l’aide. « Je n’ai jamais pensé que cela m’arriverait. » Il poursuit : « On me dit : ou bien j’ai besoin d’un secondaire cinq, parce que je n’ai qu’un secondaire trois avec trente années d’expérience à l’ouvrage ; ou bien l’on me dit que je suis trop vieux. » Je lui ai demandé de reprendre cette dernière phrase parce que la caméra ne roulait plus.
Il est trop vieux ?!? Il a à peine cinq ou sept ans de plus que moi. Que fait-on quand on nous déclare trop vieux à cinquante ans ?
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Réalisation sur le terrain, caméra et son: Dominic Morissette
«Chef de famille monoparentale, père de deux enfants, à bout de ressources, Éric a dû se résigner à demander de l’aide. Direction: le magasin Partage.»
C’est au magasin partage de Rosemont, organisé par la Corporation de développement communautaire (CDC) pour l’occasion des fêtes de fin d’année que j’ai rencontré Éric et ses deux garçons. Le lendemain, je le retrouvais chez lui, après le départ de ses enfants pour l’école. C’est autour d’un café que nous avons échangé : même professionnel et éduqué, plus personne n’est à l’abri d’une perte d’emploi qui peut occasionner d’importantes difficultés économiques et d’estime de soi.
«C’est comme une épicerie!» est le quatrième épisode de la série «Vivre et survivre en ville» du projet webdocumentaire PIB de l’ONF.
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Réalisation sur le terrain, caméra et son: Dominic Morissette
En juillet dernier, je voulais relayer la vidéo de BTrenaissance sur une manifestation qui a eu lieu à Montreuil le 13 juillet et qui s’était terminée par une charge « en règle » des forces de la police.
Aujourd’hui, je prends le prétexte d’un article publié sur le blogue « Film Bazar, Chroniques d’un art en mutation : le cinéma tout écran » pour revenir sur cet événement. Dans son article « Outrage et rébellion : 40 films enragés contre la violence policière », Isabelle Regnier nous fait part d’une initiative de « l’historienne et théoricienne du cinéma Nicole Brenez et la monteuse Nathalie Hubert » intitulée « Outrage et Rébellion » « pour dénoncer la « spirale de la répression » et l’«arbitraire opaque » de la police. »
À ce jour, le projet compte quarante courts films, tels des ciné-tracts, qui seront mis en ligne au jour le jour, sur le site de Mediapart. « Parmi leurs réalisateurs figurent de grands noms du cinéma (radical) comme Philippe Garrel, Jean-Marie Straub, Marcel Hanoun, Lionel Soukaz, Lech Kowalski […], ou de l’art contemporain comme Ange Leccia. »
C’est aujourd’hui qu’a été mise en ligne la première vidéo. Un projet qui est certainement à suivre.
ATELIER DE DISCUSSION
PIB, le premier documentaire Web de l’ONF, expliqué de A à Z
Ce soir le 18 novembre 2009
17 h à 19 h
Au lounge des RIDM, à la Cinémathèque québécoise, à Montréal
Venez visionner une sélection choisie de courts métrages et rencontrer ses artisans. Animé par Hélène Choquette, réalisatrice-coordonnatrice du projet, en présence de Dominic Morissette (cinéaste), Miguel Raymond (monteur), Renaud Philippe (photographe), Marie-Claude Dupont (productrice) et Alison (protagoniste). Plusieurs aspects de cette production destinée au web seront abordés: la démarche documentaire, le montage, l’essai photographique, le rapport au temps, la relation filmant-filmé et l’interactivité. Une période de questions suivra.
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