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La sécheresse se confirme en Afrique de l’Est

Malheureusement, la crainte que les gens du Nord de l’Ouganda m’ont exprimée en août se confirme. Les pluies se font toujours attendre : la sécheresse du printemps dernier semble vouloir se poursuivre. À ce moment, les agriculteurs avaient perdu presque l’ensemble de leur récolte. La sécheresse aggrave le fragile équilibre qui tente de se mettre en place dans la région après plus de vingt années de guerre civile.

Je cite le communiqué de presse d’Oxfam, « La famine provoquée par la sécheresse menace 23 millions de personnes en Afrique de l’Est », publié le 29 septembre :

« Plus de 23 millions de personnes à travers l’Afrique de l’Est — l’équivalent du tiers de la population britannique — sont menacées par la famine et vivent dans le dénuement le plus total. […]

« Une sécheresse sévère et persistante, qu’aggrave les changements climatiques, s’étend actuellement dans sept pays de l’Afrique de l’est, dégradant les conditions de vie d’une population que les prix élevés de l’alimentation et les conflits violents ont déjà aggravé.  Les pays les plus gravement touchés sont le Kenya, l’Éthiopie, la Somalie et l’Ouganda.  Le Soudan, Djibouti et la Tanzanie sont également frappés. […]

« Les fermiers du nord de l’Ouganda ont perdu la moitié de leurs récoltes et plus de 2 millions de personnes ont désespérément besoin d’aide. […] »

Voir aussi une carte de la « faim » publiée par le Globe and Mail.


Quelques mots… pour briser le silence

Hôpital Lacor, Gulu, Ouganda, août 2009
Hôpital Lacor, Gulu, Ouganda, août 2009

Cela fait déjà plus d’une dizaine de jours que je n’ai pas écrit sur mon blogue. Un nouveau voyage de travail à Hamilton, des problèmes d’ordinateur portable et surtout, les préoccupations liées aux différents documentaires sur lesquels je travaille, m’ont empêché d’intervenir.

La semaine dernière, j’étais donc dans le Sud de l’Ontario pour y réaliser quatre reportages photographiques pour le projet Pib-Gdp de l’Office national du film – ONF. Vous pourrez voir ce travail prochainement, dès que le site du webdocumentaire sera en ligne, ce qui devrait être dans les prochains jours. Je vous ferai signe.

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Dimanche dernier, je suis tombé sur un reportage écrit dans le quotidien The Globe and Mail qui rejoint les préoccupations que j’avais concernant le manque de pluie dans le Nord de L’Ouganda. Le reporter Geoffrey York nous écrit du Kenya voisin et  nous décrit une importante crise alimentaire qui veille et qui couvre la Corne de l’Afrique et une bonne partie de l’Afrique de l’Est. Et si nous regardons bien la carte publiée dans cette article « Drought, despair in the shadow of Mount Kenya », le Nord de l’Ouganda ne serait pas épargné : cette région est identifiée comme à « haut risque d’insécurité alimentaire », contrairement à d’autres, comme la Somalie et l’Éthiopie qui sont plutôt à « extrême risque d’insécurité alimentaire ».

De retour…

En route vers Kampala, Ouganda, 25 août 2009
En route vers Kampala, Ouganda, 25 août 2009

Montréal — Me voilà donc de retour à la maison, après ce premier voyage dans le Nord de l’Ouganda. Je reviens fatigué et un peu grippé. Mais surtout avec un horaire bien chargé pour les prochaines semaines.

De ce court voyage de recherche à l’Hôpital Lacor, je dois maintenant en faire une proposition de projet documentaire. Ce qui n’est pas une mince affaire : je dois mettre de l’ordre dans les notes, les idées, les images, pour tenter d’en faire sens.

En plus de ce projet d’écriture, je replonge dans la production du webdocumentaire Pib-Gdp avec l’équipe de l’Office national du film du Canada – ONF. Projet dont le lancement est prévu quelque part en septembre. D’ici là, encore quelques tournages et essais photo à réaliser.

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Juste avant mon départ de Gulu, j’ai fait une entrée sur le blogue du projet Pib-Gdp au sujet de la crise économique qui rejoint aussi les populations du Sud, dont celle de ce pays d’Afrique.

Autre statistique : Dans le Nord de l’Ouganda, 65 % de la population vit dans la pauvreté extrême, c’est-à-dire avec moins de 2 $ américain par jour, contre 35 % dans le reste du pays. Ce qui s’explique en partie par le fait que la région sort à peine d’une vingtaine d’années de guerre où la population civile s’est retrouvée prise en otage.

Région qui aujourd’hui peine à se sortir de la pauvreté et où la malnutrition risque de se transformer dans les prochaines semaines en famine. Pour Thomas, l’éducateur en santé qui fait le lien entre l’hôpital et la communauté avec ses conseils de base, il n’y a pas de doute, le manque de pluie dans les mois de mars et avril dernier, cause aujourd’hui d’importantes carences alimentaires : « On le voit avec le nombre d’enfants admis dans le département de pédiatrie. Les cas de malnutrition sont plus nombreux et les autres infections peuvent être plus sévères pour ces enfants, dont la malaria qui reste la plus importante cause de mortalité chez les petits. »