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Articles taggués ‘Pakistan’

Introduction to International Development – première édition

5 janvier 2012

Pakistan, 2000. © D. Morissette et C. Pappas

En 2009, pour la première édition de cet essai, je signais aussi, avec ma collègue Catherine Pappas, la page couverture avec une image tirée de notre projet Littoral (1997 – 2001), un documentaire photographique qui nous avait mené sur les côtes de l’Asie du Sud – Inde, Pakistan et Sri Lanka, du Canada et du Chili.

À l’intérieur on y retrouve aussi une bonne sélection des mes archives personnelles avec lesquelles je vous reviens dans les prochains jours.

 

 

Carnet de notes, Retour sur mon travail , , , , , ,

Jeudi après-midi

19 août 2010
Marie-Pierre, 19 août 2010

Elle n’est toujours pas arrivée…

J’en profite donc pour avancer et même terminer une toute première ébauche, encore très partielle, d’une structure de montage pour notre documentaire en Haïti – «Cse Pa Fòt Mwen».

La situation au Pakistan me touche… et la réaction de l’Occident – tant du côté des gouvernements, que d’une grande partie de la population – m’exaspère.

Carnet de notes, Images du quotidien, Projets en production , , , ,

Lundi après-midi

16 août 2010
16 août 2010

C’est de la table de la salle à manger que je travaille ces jours-ci. Je délaisse un peu mon bureau situé au sous-sol : le manque de lumière, mais surtout le désordre qui y règne, me le font fuir.

Je profite de cette « attente » pour préparer la venue de la petite, mais aussi pour avancer l’organisation des idées et la structure du documentaire « Cse Pa Fòt Mwen« . À la mi-septembre, nous commencerons le montage.

Aussi, je poursuis mes lectures « haïtiennes » avec Compère général soleil de Jacques Stephen Alexis. C’est le livre du moment qui me suit donc partout : à la salle d’attente du suivi de grossesse, devenu hebdomadaire ; lors d’un rendez-vous en cas de retard ; dans le métro ; au bar-café…

*

Ce matin, nous nous sommes réveillés aux bruits du tonnerre et de la pluie battant les fenêtres de la maison.

Avec mon premier café, je lis dans Le Devoir, la chroniqueuse Manon Cornellier « Viser juste » et Jean-Claude Leclerc de la section Éthique et religions « L’exode tamoul – Les terroristes ne sont pas où l’on pense ». Tous deux critiques les positions du gouvernement Harper vise-à-vis des réfugiés Tamouls et terminent avec la même idée – je cite Leclerc : « Bref, au lieu d’ouvrir des prisons pour réfugiés, le cabinet fédéral devrait s’employer à ramener à la raison le gouvernement actuel du Sri Lanka. En laissant le désespoir gagner les vaincus, on ne ferait qu’ouvrir la porte à plus de terrorisme. Est-ce la conception de la paix et de la justice qui prévaut à Ottawa ? »

Du côté pakistanais, les pluies ne semblent pas vouloir cesser. Elles retardent le déploiement de l’aide et aggravent la situation sur le terrain. En fin de journée, j’entends à la radio que les inondations sont attendues d’ici quelques jours, dans le delta de l’Indus dans le Sud du pays.

*

En après-midi, le soleil entre à pleine fenêtre dans l’appartement.

Depuis hier, je semble m’être lancé dans une série d’« Images du quotidien » que j’interromprai le jour où ma petite arrivera… Un petit défi pour m’amuser.

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Voyage dans le delta de l’Indus, au Pakistan – un retour

9 août 2010
Shat Bandar (Thatta), 26 juin 2004;
Lac Nareri (Badin), 27 juillet 2004;
Village de Mehmood Jatt (Thatta), 26 juillet 2004.

En 2005, j’ai réalisé un travail photographique documentaire dans la province du Sindh au Pakistan, cette même région, parmi d’autres, qui est actuellement durement frappée par des inondations dévastatrices.

La déforestation dans le delta faisait craindre le pire, mais c’est de la mer que la population locale attendait la catastrophe. Aujourd’hui, elle est venue du Nord, en amont du fleuve Indus qui se partage entre le Pakistan et l’Inde et qui a ses nombreuses sources au-delà, du côté de l’Afghanistan et du Tibet. Un immense territoire à forte densité de population qui aujourd’hui baigne dans l’eau. Et la pluie qui ne semble pas vouloir cesser.

Au moment d’écrire ces lignes, je lis sur le site de Radio-Canada que « Les Nations unies estiment que le nombre de Pakistanais touchés par les inondations qui frappent le pays est plus important que le total de personnes touchées par trois catastrophes naturelles de l’histoire récente, soit le tsunami de 2004 dans l’océan Indien, le tremblement de terre de 2005 au Cachemire et le séisme de janvier en Haïti.

« Selon le Bureau de coordination aux affaires humanitaires de l’ONU, pas moins de 13,8 millions de personnes sont touchées d’une manière ou d’une autre par les inondations, alors qu’il y en a eu 5 millions lors du tsunami, 3 millions lors du séisme au Cachemire et 3 millions lors de celui qui a dévasté Haïti. » (« Inondation au Pakistan – L’ONU souligne l’ampleur de la catastrophe » sur le site de Radio-Canada, 9 août 2010)

Bien entendu, ici, on parle de personnes touchées, et non des victimes qu’auront faites les trois catastrophes citées.

*

Voici donc un prétexte pour remettre de l’avant « Voyage dans le delta de l’Indus au Pakistan » afin d’illustrer la complexité environnementale et sociale de cette région du Pakistan.

***

Voyage dans le delta de l’Indus, au Pakistan

Le delta de l’Indus au Pakistan, inextricable lacis de canaux naturels, fût pendant longtemps la région la plus fertile du pays. L’abondance d’eau favorisait l’agriculture, surtout la riziculture. Le mélange d’eau douce et d’eau salée permettait aussi le développement de plusieurs espèces marines.

Après la partition de 1947, le Pakistan a construit sur l’Indus le plus important système d’irrigation au monde, composé de dix-neuf barrages, dont deux des plus grands de la planète. Mais l’élaboration de ce complexe en amont du fleuve n’a pas tenu compte des effets à moyen et long terme sur l’environnement et sur la population d’un pays qui dépasse les 132 millions d’habitants. Aujourd’hui, environ 91 % de l’eau du fleuve est détournée à des fins d’irrigation. L’eau douce ne se rendant plus dans le delta, on prive d’eau la population du delta, soit quelque 130 000 personnes. La région côtière de la province du Sind, la plus durement touchée par ce désastre, ressemble désormais à un immense désert.

Un pêcheur du village de Hadji Youssef Katiyar résumé ainsi les bouleversements qui ont affecté la région : « À l’époque nous vivions d’agriculture, mais après l’Indépendance, la mer a complètement enseveli nos terres. Nous avons été forcés de quitter notre village et avons maintenu nos activités agricoles pour un moment. Mais alors que le débit du fleuve diminuait, la terre est devenue de moins en moins fertile. D’agriculteurs, nous nous sommes convertis à la pêche. Nous ne connaissions encore rien de la pêche commerciale. Aujourd’hui, nous devons aller en haute mer, parce qu’il n’y a plus de poisson sur les côtes. Parfois, le voyage dure deux ou même trois semaines. Une fois les dépensées payées, nous recevons environ 100 à 300 Roupies (l’équivalent d’environ 5 $ US). »

En 2004, j’ai traversé des villes et des villages menacés par la désertification. Partout où j’ai passé, les histoires se ressemblaient : Le fleuve de l’Indus, le plus grand réseau d’irrigation du monde, se rétrécit ; la mer gagne du terrain ; l’aridification poursuit sa progression. Partout, des agriculteurs devenus pêcheurs, parce que le sol ne produit plus.

Structuré en cinq chapitres, « Voyage dans le delta de l’Indus » est le récit photographique de ma rencontre avec les habitants du delta de l’Indus qui poursuivent quotidiennement une lutte pour réclamer leurs droits fondamentaux.

(Pour lire les chapitres suivants de « Voyage dans le delta de l’Indus » suivez ce lien.)

Carnet de notes, Essais photographiques , , , , ,

Alternatives menacé par le gouvernement Harper

7 décembre 2009
Cimetière de Keti Bendar (Thatta), Province du Sindh, Pakistan, 24 juin 2004.
Cimetière de Keti Bendar (Thatta), Province du Sindh, Pakistan,
24 juin 2004. *

C’est avec stupeur que j’ai appris ce weekend que l’organisation de solidarité international Alternatives, basée à Montréal, risque de fermer ces portes parce qu’une importante part de son financement en provenance de l’Agence canadienne de développement international – ACDI – ne sera pas renouvelée. Le bureau du Conseil privé (le ministère central) du Premier ministre Harper refuse sa signature.

Je cite l’article de Michel Lambert, le directeur d’Alternatives, qui écrivait hier dans Le journal des Alternatives, « Alternatives, victime de journalisme de propagande…? » :

« Dans les faits, Alternatives attendait depuis mars dernier (comme Kairos ! [une autre organisation progressiste visée par le gouvernement Harper]) un renouvellement de son programme de base valant 2.7 millions desquels 25% devait provenir de source de financement autonome. Ce programme allait permettre d’appuyer des groupes sociaux en Irak, en Haïti, en République démocratique du Congo, en Afghanistan et en Amérique Centrale. Les thématiques abordés sont la lutte au changements climatiques (Haïti), les droits des femmes et des minorités (Irak), l’accès à l’information (RDCongo), le développement rural (Afghanistan) et les droits des travailleurs et travailleuses (Amérique centrale – un projet qui devait se réaliser en coopération avec la Confédération des syndicats nationaux – CSN). »

De plus, Michel Lambert nous renvoie au colomnist John Ivison du très conservateur The National Post qui publiait dans ces pages ce weekend, « Funding for leftist group to be cut »:

“The cut to Alternatives’ budget comes just as the government has tabled a report from a panel of experts on the future of a new democratic promotion agency, which the Conservatives pledged to establish in the last Speech from the Throne.”

Cela devient très inquiétant quand c’est le gouvernement conservateur qui veut donner des leçons de démocratie, lui qui ne se gène pas pour bafouer les institutions canadiennes.  Je n’ose imaginer ce que cela sera si il devient un jour majoritaire…

Toujours sur le site d’Alternatives, Michel Lambert cite un ancien agent des renseignements canadien, Tom Quigging, qui écrit dans le The Global Brief, World Affairs in the 21st Century“CIDA Cuts KAIROS Funding: A Warning Call?”

“Is this a warning call to other organizations that receive CIDA funding? Are there other organizations which have been penetrated and then used for partisan goals?” [C’est moi qui souligne.]

Le gouvernement Harper lance-t-il le Canada dans une dangereuse « chasse aux sorcières » qui rappelle les pires années du Maccarthysme aux Etats-Unis ?

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Voir aussi, dans Le Devoir, sous la plume de Marco Bélair-Cirino, « Le couperet tombe sur Alternatives ».

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Plus encore, ajoutons notre nom sur le groupe Facebook « Sauvons Alternatives », le dernier né des « Sauvons… » tel « Sauvons le documentaire », pour n’en nommer qu’un, qui dénoncent aussi les politiques rétrogrades du gouvernement Harper.

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* Cette photographie est extraite du documentaire Voyage dans le Delta de l’Indus, au Pakistan que j’ai réalisé avec Alternatives en 1994, soit l’un des nombreux projets auxquels j’ai participés avec eux, de près ou de loin, ici ou ailleurs. À suivre.

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A drink?!?… ou La journée mondiale de l’eau – 22 mars

23 mars 2009
Istanbul, Turquie, août 2008

Istanbul, Turquie, août 2008

Dans les pages éditoriales du devoir ce matin, on mentionne la fin du Forum mondial de l’eau qui se tenait à Istanbul en Turquie.

Il est tout de même difficile de croire que le Sommet a été réticent, selon Guy Taillefer l’éditorialiste, à reconnaître l’eau comme un droit fondamental.

Tout aussi surprenant de lire dans la page d’opinion le texte du doctorant en science politique, Frédéric Julien, que « Virtuellement [c’est moi qui souligne] partout où s’est établi l’humain se trouve suffisamment d’eau pour couvrir ses besoins primaires. » Si à première vue, on peut sembler d’accord avec cette affirmation qui semble logique – pourquoi s’installer, initialement, à un endroit sans eau ? – on ne peut toutefois omettre de prendre en compte dans ce débat, le détournement fait par certaines puissances. Ce n’est pas de façon virtuelle que les Palestiniens sont privés de leur juste part d’eau, que les Israéliens détournent à leurs propres fins.

Il en est de même pour les habitants du Delta du Sindh, au Pakistan. Ce n’est pas virtuellement que cette région est passée de «grenier à riz» du pays au moment de l’indépendance – fin des années 1940 – à un immense désert que la population tente de fuir par tous les moyens. (Voir « Voyage dans le delta de l’Indus, au Pakistan », un documentaire photo.)

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Intermède

5 mars 2009

Kanawake, novembre 2008 

Kanawake, novembre 2008

 

 

En attendant le printemps…

Il m’est difficile de me concentrer sur mon travail, d’autant plus qu’il y a plein de choses en même temps : la recherche de Quand le Sud monte au Nord avec un voyage à Londres dans les prochaines semaines ; la possibilité d’un autre projet de documentaire que l’on vient de me proposer ; deux jours de caméra pour une collègue réalisatrice ; et la création de mon site web qui devrait être en ligne dans les prochains jours.

Entre temps, voici un travail documentaire photos que j’ai réalisé, il y a quelques années au Pakistan.

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Voyage dans le delta de l’Indus, au Pakistan

5 mars 2009

Le delta de l’Indus au Pakistan, inextricable lacis de canaux naturels, fût pendant longtemps la région la plus fertile du pays. L’abondance d’eau favorisait l’agriculture, surtout la riziculture. Le mélange d’eau douce et d’eau salée permettait aussi le développement de plusieurs espèces marines.

Après la partition de 1947, le Pakistan a construit sur l’Indus le plus important système d’irrigation au monde, composé de dix-neuf barrages, dont deux des plus grands de la planète. Mais l’élaboration de ce complexe en amont du fleuve n’a pas tenu compte des effets à moyen et long terme sur l’environnement et sur la population d’un pays qui dépasse les 132 millions d’habitants. Aujourd’hui, environ 91 % de l’eau du fleuve est détournée à des fins d’irrigation. L’eau douce ne se rendant plus dans le delta, on prive d’eau la population du delta, soit quelque 130 000 personnes. La région côtière de la province du Sind, la plus durement touchée par ce désastre, ressemble désormais à un immense désert.

Un pêcheur du village de Hadji Youssef Katiyar résumé ainsi les bouleversements qui ont affecté la région : « À l’époque nous vivions d’agriculture, mais après l’Indépendance, la mer a complètement enseveli nos terres. Nous avons été forcés de quitter notre village et avons maintenu nos activités agricoles pour un moment. Mais alors que le débit du fleuve diminuait, la terre est devenue de moins en moins fertile. D’agriculteurs, nous nous sommes convertis à la pêche. Nous ne connaissions encore rien de la pêche commerciale. Aujourd’hui, nous devons aller en haute mer, parce qu’il n’y a plus de poisson sur les côtes. Parfois, le voyage dure deux ou même trois semaines. Une fois les dépensées payées, nous recevons environ 100 à 300 Roupies (l’équivalent d’environ 5 $ US). »

En 2004, j’ai traversé des villes et des villages menacés par la désertification. Partout où j’ai passé, les histoires se ressemblaient : Le fleuve de l’Indus, le plus grand réseau d’irrigation du monde, se rétrécit ; la mer gagne du terrain ; l’aridification poursuit sa progression. Partout, des agriculteurs devenus pêcheurs, parce que le sol ne produit plus.

Structuré en cinq chapitres, « Voyage dans le delta de l’Indus » est le récit photographique de ma rencontre avec les habitants du delta de l’Indus qui poursuivent quotidiennement une lutte pour réclamer leurs droits fondamentaux.

 

 

Shat Bandar (Thatta), 26 juin 2004; Lac Nareri (Badin), 27 juillet 2004; Village de Mehmood Jatt (Thatta), 26 juillet 2004.

Shat Bandar (Thatta), 26 juin 2004
Lac Nareri (Badin), 27 juillet 2004
Village de Mehmood Jatt (Thatta), 26 juillet 2004

 

 

 

 

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I – Bhola Colony, Rehri

5 mars 2009
Forêt de mangroves sur les rives de Rehri, 1er juillet 2004.   

Forêt de mangroves sur les rives de Rehri, 1er juillet 2004

 

Aux portes de Karachi, le village de Bhola compte environ 500 habitants, principalement des migrants venus du delta de l’Indus, une centaine de kilomètres plus loin.

 

Capitaine Punal (Rehri), 1er juillet 2004.
Capitaine Punal (Rehri), 1er juillet 2004
Yasin, fils de Punal (Rehri), 1er juillet 2004; Karachi, 3 juillet 2004.
Yasin, fils de Punal (Rehri), 1er juillet 2004
Karachi, 3 juillet 2004

 

Sakina, Dabla (Rehri), 18 juin 2004 .
Sakina, Dabla (Rehri), 18 juin 2004

 

Mohammad Jumman, pêcheur et père de huit enfants, explique pourquoi il a quitté le delta pour s’installer à Bhola Colony : « Je suis né à Kanoon Shan, près de Keti Bandar dans le delta. On dit qu’autrefois les gens y vivaient d’agriculture car les terres étaient fertiles. On y cultivait du riz, du blé et des fruits. Quand le débit du fleuve a diminué, la mer a envahi la terre. Maintenant, il n’y a plus d’eau douce. Ici, il manque bien sûr l’électricité et les latrines, mais au moins nous avons de l’eau potable et une école pour nos enfants. »

*

Rencontrée sur la route, Sakina, dix ans, recueille de l’eau dans des récipients recyclés. Malgré son jeune âge, elle pêche déjà avec son père. « L’école, ce n’est pas important ! », constate-t-elle. Il faut avant tout subvenir aux besoins de la famille.

 

Jamila et Balkees, militantes du Pakistan Fisherfolk Forum (PFF), et la capitaine Sughra, Bholha Colony (Rehri), 17 juin 2004.
Jamila et Balkees, militantes du Pakistan Fisherfolk Forum (PFF), et la capitaine Sughra, Bholha Colony (Rehri), 17 juin 2004

 

Dans la grande pièce d’une maison sur pilotis, des habitants de Keti Bandar partagent leurs expériences, comme s’ils racontaient une histoire à relais qui traverse les générations. 

 

Mohammad Bhola, Dabla (Rehri), 17 juin 2004.
Mohammad Bhola, Dabla (Rehri), 17 juin 2004

 

Mohammad Bhola, l’un des doyens du village : « Je suis arrivé le premier ici, il y a 30 ans. Ma famille et moi avons quitté notre village parce qu’il n’y avait plus d’eau potable. Nous nous sommes installés dans la région et j’ai continué à pêcher. Plus tard, les autres nous ont suivis. »

 

Gailo, Dabla (Rehri), 17 juin 2004.
Gailo, Dabla (Rehri), 17 juin 2004

 

Gailo, pêcheur et musicien : « J’ai encore de la famille à Keti Bandar. Là-bas, on y vit difficilement. Un camion-citerne distribue l’eau potable, qui est vendue au litre. L’eau est pleine de bactéries. Ma famille aimerait bien venir s’installer ici, mais pour cela il faut avoir un peu d’argent. »

 

Khatoo, Dabla (Rehri), 17 juin 2004.
Khatoo, Dabla (Rehri), 17 juin 2004

 

Khatoo pêche avec son époux Ramzan. Dans sa jeunesse, elle fabriquait des filets de pêche, activité économique traditionnelle des femmes de la région. Mais depuis l’introduction du filet en nylon, qui est produit à l’extérieur de la communauté, elle doit gagner son pain autrement. Ses mains, frivoles, racontent des histoires de pêche : « Jadis, la mer était généreuse. Aujourd’hui, il faut se rendre au large et y rester au moins une dizaine de jours. Ce sont les chalutiers qui ont tout pêché. Et il y a aussi les autres, les nouveaux pêcheurs. Dans la région, tout le monde s’est converti à la pêche. »

 

Au large d’Ibraim Hydri, 4 août 2004.
Au large d’Ibraim Hydri, 4 août 2004

 

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II – Le delta

5 mars 2009
Cimetière de Keti Bendar (Thatta), 24 juin 2004.  

Cimetière de Keti Bendar (Thatta), 24 juin 2004

 

La région de Keti Bandar marque une frontière, au-delà de laquelle il n’existe aucune terre agricole. La mer a envahi un sol trop plat qui ne permet plus à l’eau de se retirer. Les eaux salines ont dévoré les terres fertiles, entraîné la disparition de la couverture végétale, ruiné la production alimentaire et semé une sécheresse persistante. Il ne reste plus rien pour empêcher l’avancée du désert.

 

Ancienne usine de transformation de riz, Keti Bandar (Thatta), 24 juin 2004 ; Village de Keti Bandar (Thatta), 24 juin 2004 ; Village de Keti Bandar (Thatta), 24 juin 2004.
Ancienne usine de transformation de riz, Keti Bandar, 24 juin 2004
Village de Keti Bandar (Thatta), 24 juin 2004
Village de Keti Bandar (Thatta), 24 juin 2004

 

Le village de Keti Bandar est protégé par une jetée. À quelques centimètres au-dessus du niveau de la mer, il n’est pas à l’abri des fortes marées ni des tempêtes venues du large. Formé d’environ 300 maisons, Keti Bandar compte quelque 3 500 habitants. Tous dépendent des ressources de la mer ; aucun n’a accès à l’eau potable.

Jadis, bien avant l’arrivée des Anglais, le riz était une culture d’exportation et l’une des principales activités du port de Keti Bandar. Aujourd’hui, les fondations d’une usine de transformation de riz – fermée au lendemain de l’Indépendance du pays – rappellent un cimetière. 

 

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