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Objet : Rép : étudiante en photo

14 février 2011

Objet : Rép : étudiante en photo
De : Dominic Morissette <info[AT]dominicmorissette.ca>
Date : 10 février 2011 14:23:02 HNE
À : Valérie <[…]@hotmail.com>

Bonjour Valérie,

Ça me touche toujours quand un ou une jeune photographe (ou cinéaste) s’adresse à moi parce que la photographie, et de surcroît le documentaire, sont aussi sa passion.

Il m’est toutefois bien difficile de donner des conseils. Mais une chose est claire pour moi, c’est qu’il est possible de se consacrer à ce genre : le documentaire, en particulier celui d’auteur, est là et le restera, quoiqu’il arrive.

Mais si l’on me demande comment fait-on pour en faire son gagne-pain, cela est une tout autre question. En guise d’exemple : si j’ai eu la chance de beaucoup voyager et d’en tirer une collection non négligeable de photographies, il ne faut pas oublier qu’une grande partie de ces projets n’ont pas été financés par un travail documentaire proprement dit.

Mes premiers projets, je les payais moi-même avec les économies d’un travail de photographie commerciale à Montréal – voir les quelques cinq ou six séjours au Salvador en Amérique Centrale entre les années 1990 et 1996. Plus récemment, en Afghanistan, c’est un salaire de formateur et ensuite, de réalisateur qui m’ont permis d’aussi faire de la photographie. Un travail parallèle et connexe qui m’a beaucoup servi dans ma compréhension de ce pays, dans ma rencontre de l’autre et à la recherche en vue de mon documentaire vidéo Chroniques afghanes. De ces différents voyages, j’en ai tout de même tiré un corpus d’images – Chroniques afghanes, l’expo –, qui a été exposé en parallèle à la sortie de mon film à Montréal de même qu’à l’Institue Goethe à Jakarta.

Pour ce qui est de la photographie documentaire proprement dite, ce sont des subventions – non des commandes de magazines, de journaux ou autres — qui m’ont permis vivre de ma passion. Sans conteste, le plus important est celui que j’ai fait avec ma collègue Catherine Pappas, sur la pêche côtière qui nous a menés, durant quelques années, des côtes canadiennes à celle de l’Asie du Sud – Inde, Sri Lanka et Pakistan – et pour terminer, le long du littoral chilien. C’est lors de ces mêmes années que nous avons aussi signé un premier film, Les derniers chasseurs du petit havre.

En plus de la persévérance – absolument indispensable pour mener à bien un documentaire et pour essayer d’en vivre un peu –, la passion et le désir de rencontrer l’autre sont trois composantes fondamentales de ce genre. Dans mon cas, la passion pour la rencontre de l’autre, que ce soit ici ou plus loin, a toujours précédé le choix d’un sujet. Ce dernier tend, généralement, à s’imposer. Comment en serait-il autrement quand l’on sait la somme de travail qu’un documentaire impose ; quand l’on sait que tout projet de ce genre doit être porté par une certaine passion et surtout une grande persévérance ?

Bref, je ne croyais pas me lancer dans une réponse aussi longue : les premières heures du matin et ma petite qui s’est rendormie, ont peut-être favorisé ces quelques paragraphes. J’espère ne m’être pas trop égaré ni éloigné des préoccupations que tu m’exposais dans ton courriel…

Au plaisir d’avoir la chance de poursuivre cette réflexion avec toi – ou d’autres – dont le documentaire est la passion.

Dominic

Le 2011-02-07 à 16:31, valérie a écrit :

Bonjour,

je m’appelle Valérie et je suis étudiante [en photographie] depuis maintenant un an.

J’ai rencontré Sylvie […] il y peu de temps et elle m’a parlé de votre travail. En effet, j’adorerais travailler dans le domaine du documentaire et vous semblez être un bon exemple. Voilà, je me demandais donc s’il serait possible d’échanger sur le sujet que ce soit à votre travail ou en dehors.

Je vous remercie

Valérie Fraser

Vous pouvez me contacter à cette adresse électronique […].

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«Pourquoi pas Haïti ?» – un rappel

10 janvier 2011
Quartier Bel Air, Port-au-Prince, Haïti, juin 2010

C’est ce soir à 20 heures, sur les ondes de RDI, que la version courte de Pourquoi pas Haïti sera diffusée.

*

Au cours de cette production, tout comme pour mon premier séjour dans cette capitale au lendemain du séisme du 12 janvier dernier, je me suis permis quelques photographies et courts commentaires. Pour les lire ou les relire, voir mes Notes et réflexions d’après séisme.

Et pour la bande annonce produite par l’émission Les grands reportages de RDI, cliquez ici.

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Une nouvelle année

9 janvier 2011
Marie-Pierre et Corinne, Verger St-Patrice, St-Henri,
26 décembre 2010

C’est dans le verger de mes beaux-parents à St-Henri que j’ai commencé l’année 2010 et c’est au même endroit que je l’ai terminée. Entre temps, quelques voyages et autres réalisations, mais mieux encore, le début d’une nouvelle aventure. Corinne a vu le jour en août et depuis, nous émerveille chaque jour d’avantage.

*

Je reprends la question que Marie-Pierre pose sur son blogue, au sujet de notre petite et de la photographie : « Comment photographier quelqu’un d’aussi proche de soi ? » Un défi. Un grand défi que je tente de relever. Et c’est dans la durée, dans le temps que j’espère réussir ce portrait de ma petite.

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Deux prix en deux jours pour PIB !

3 décembre 2010

Le webdocumentaire de l’ONF, PIB, l’indice humain de la crise économique canadienne auquel j’ai participé comme réalisateur et photographe, vient de remporter deux autres prix.

Le grand prix Boomerang dans la catégorie Site d’information ainsi que le prix Best online Program, series or Film du Canadian New Media Awards.

Bravo à toute l’équipe!

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« Chronique d’Erbil, Irak » – une fiche technique

29 novembre 2010

Hatem et Mohamad, centre-ville d’Erbil, Irak, 5 novembre 2010


Montréal – Les images de cette chronique ont été réalisées avec un appareil Leica M8 – numérique – et un objectif 28 mm de même qu’avec un Mamiya 6 – analogique – et un 75 mm (pour les images carrées).

De plus, comme l’ensemble des photographies que l’on retrouve sur mon blogue, aucune n’est recadrée. Pour moi, le cadrage est une affaire de prise de vue. En « postproduction », je me limite à faire un travail de sélection, de balance des couleurs et de correction d’exposition.


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Dimanche, tôt

5 septembre 2010
Corinne, 5 septembre 2010

7h02: Corinne vient de terminer la tétée. Marie-Pierre est fatiguée et retourne se coucher. Corinne ne veut pas fermer les yeux. Je prends donc la relève.

La lumière du soleil commence à entrer dans l’appartement.

Je vois mon appareil photo qui traine sur la table et décide de tenter une « expérience » : saisir une photographie de ma petite, à bout de bras, avec un appareil à objectif fixe et sans autofocus ni exposition automatique. Bien entendu, les premières poses sont surexposées, les suivantes presque correctes : l’exposition étant la seule composante sur laquelle je peux intervenir. Le cadrage est approximatif, le foyer à sa distance minimum.

Pas très concluant… J’arrête, la petite va se réveiller.

*

Au même moment, Joël Le Bigot, l’animateur du matin sur les ondes de Radio-Canada, annonce qu’ils parleront du photoreportage et les possibilités de retoucher les images, voire même de les modifier. Un débat qui n’est jamais terminé et toujours à refaire, en particulier en cette ère du tout numérique.

*

Dans une prochaine entrée, je reviendrai sur cette question et tenterai d’exposer, en quelques mots, ma propre pratique de la photographie et des incontournables outils de corrections, i.e. Photoshop et autres.

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Patricia Bergeron

12 août 2010
Patricia Bergeron, Pointe-Saint-Charles,
Montréal, 28 juillet 2010

Quartier de la Pointe-Saint-Charles à Montréal, il est à peine passé 10 heures, un mercredi matin. J’arrive chez Patricia, une amie de longue date.

À l’ombre sur la terrasse arrière, une petite table chargée de livres est dissimulée sous les journaux de la journée. Nous profitons, Patricia, son copain David et moi, d’un café pour discuter de cinéma et de littérature. De photographie aussi : David termine une exposition sur le Sud Soudan. Le temps passe. Je suis pourtant venu faire un portrait de Patricia à sa demande.

Mais cela fait aussi partie du processus photographique : prendre le temps d’entrer en relation avec son sujet, tisser des liens. Même dans le cadre d’un travail avec une amie.

De plus, je profite de ce moment pour regarder la lumière qui tombe sur son visage, pour chercher un décor, imaginer le portrait que je dois faire.

***

Pour suivre Patricia et son engagement auprès du cinéma et du web, visitez son blogue « La liberté tranquille ».

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Voyage dans le delta de l’Indus, au Pakistan – un retour

9 août 2010
Shat Bandar (Thatta), 26 juin 2004;
Lac Nareri (Badin), 27 juillet 2004;
Village de Mehmood Jatt (Thatta), 26 juillet 2004.

En 2005, j’ai réalisé un travail photographique documentaire dans la province du Sindh au Pakistan, cette même région, parmi d’autres, qui est actuellement durement frappée par des inondations dévastatrices.

La déforestation dans le delta faisait craindre le pire, mais c’est de la mer que la population locale attendait la catastrophe. Aujourd’hui, elle est venue du Nord, en amont du fleuve Indus qui se partage entre le Pakistan et l’Inde et qui a ses nombreuses sources au-delà, du côté de l’Afghanistan et du Tibet. Un immense territoire à forte densité de population qui aujourd’hui baigne dans l’eau. Et la pluie qui ne semble pas vouloir cesser.

Au moment d’écrire ces lignes, je lis sur le site de Radio-Canada que « Les Nations unies estiment que le nombre de Pakistanais touchés par les inondations qui frappent le pays est plus important que le total de personnes touchées par trois catastrophes naturelles de l’histoire récente, soit le tsunami de 2004 dans l’océan Indien, le tremblement de terre de 2005 au Cachemire et le séisme de janvier en Haïti.

« Selon le Bureau de coordination aux affaires humanitaires de l’ONU, pas moins de 13,8 millions de personnes sont touchées d’une manière ou d’une autre par les inondations, alors qu’il y en a eu 5 millions lors du tsunami, 3 millions lors du séisme au Cachemire et 3 millions lors de celui qui a dévasté Haïti. » (« Inondation au Pakistan – L’ONU souligne l’ampleur de la catastrophe » sur le site de Radio-Canada, 9 août 2010)

Bien entendu, ici, on parle de personnes touchées, et non des victimes qu’auront faites les trois catastrophes citées.

*

Voici donc un prétexte pour remettre de l’avant « Voyage dans le delta de l’Indus au Pakistan » afin d’illustrer la complexité environnementale et sociale de cette région du Pakistan.

***

Voyage dans le delta de l’Indus, au Pakistan

Le delta de l’Indus au Pakistan, inextricable lacis de canaux naturels, fût pendant longtemps la région la plus fertile du pays. L’abondance d’eau favorisait l’agriculture, surtout la riziculture. Le mélange d’eau douce et d’eau salée permettait aussi le développement de plusieurs espèces marines.

Après la partition de 1947, le Pakistan a construit sur l’Indus le plus important système d’irrigation au monde, composé de dix-neuf barrages, dont deux des plus grands de la planète. Mais l’élaboration de ce complexe en amont du fleuve n’a pas tenu compte des effets à moyen et long terme sur l’environnement et sur la population d’un pays qui dépasse les 132 millions d’habitants. Aujourd’hui, environ 91 % de l’eau du fleuve est détournée à des fins d’irrigation. L’eau douce ne se rendant plus dans le delta, on prive d’eau la population du delta, soit quelque 130 000 personnes. La région côtière de la province du Sind, la plus durement touchée par ce désastre, ressemble désormais à un immense désert.

Un pêcheur du village de Hadji Youssef Katiyar résumé ainsi les bouleversements qui ont affecté la région : « À l’époque nous vivions d’agriculture, mais après l’Indépendance, la mer a complètement enseveli nos terres. Nous avons été forcés de quitter notre village et avons maintenu nos activités agricoles pour un moment. Mais alors que le débit du fleuve diminuait, la terre est devenue de moins en moins fertile. D’agriculteurs, nous nous sommes convertis à la pêche. Nous ne connaissions encore rien de la pêche commerciale. Aujourd’hui, nous devons aller en haute mer, parce qu’il n’y a plus de poisson sur les côtes. Parfois, le voyage dure deux ou même trois semaines. Une fois les dépensées payées, nous recevons environ 100 à 300 Roupies (l’équivalent d’environ 5 $ US). »

En 2004, j’ai traversé des villes et des villages menacés par la désertification. Partout où j’ai passé, les histoires se ressemblaient : Le fleuve de l’Indus, le plus grand réseau d’irrigation du monde, se rétrécit ; la mer gagne du terrain ; l’aridification poursuit sa progression. Partout, des agriculteurs devenus pêcheurs, parce que le sol ne produit plus.

Structuré en cinq chapitres, « Voyage dans le delta de l’Indus » est le récit photographique de ma rencontre avec les habitants du delta de l’Indus qui poursuivent quotidiennement une lutte pour réclamer leurs droits fondamentaux.

(Pour lire les chapitres suivants de « Voyage dans le delta de l’Indus » suivez ce lien.)

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Vous ai-je dit que…

4 juin 2010
Marie-Pierre

… Marie-Pierre et moi attendions un bébé ?

En fait, sur cette photo, elle en est à sa vingt-cinquième semaine de grossesse. Mercredi commençait la 29e.

La petite fille est prévue pour la mi-août.

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L’impact du « Prestige » ou le nettoyage d’une marée noire en Galice

12 mai 2010
Sur la côte de Panches, Galice,
Espagne, janvier 2003
Volontaires espagnoles et étrangers sur la côte d’O'Pindo,
Galice, Espagne, janvier 2003
Soldats espagnols qui aident au nettoyage de la région, Panches,
Espagne, janvier 2003

Extrait d’un reportage photo que j’ai réalisé auprès de la communauté côtière d’O'Pindo, en Galice, après le naufrage du « Prestige » au large des côtes espagnoles.

L’actualité des dernières semaines dans le Golf du Mexique me permet ce retour en arrière.

Pour en savoir plus sur ce désastre écologique, voir l’article sur le site de wikipedia.

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