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Articles taggués ‘photographie’

Dimanche, tôt

5 septembre 2010
Corinne, 5 septembre 2010

7h02: Corinne vient de terminer la tétée. Marie-Pierre est fatiguée et retourne se coucher. Corinne ne veut pas fermer les yeux. Je prends donc la relève.

La lumière du soleil commence à entrer dans l’appartement.

Je vois mon appareil photo qui traine sur la table et décide de tenter une « expérience » : saisir une photographie de ma petite, à bout de bras, avec un appareil à objectif fixe et sans autofocus ni exposition automatique. Bien entendu, les premières poses sont surexposées, les suivantes presque correctes : l’exposition étant la seule composante sur laquelle je peux intervenir. Le cadrage est approximatif, le foyer à sa distance minimum.

Pas très concluant… J’arrête, la petite va se réveiller.

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Au même moment, Joël Le Bigot, l’animateur du matin sur les ondes de Radio-Canada, annonce qu’ils parleront du photoreportage et les possibilités de retoucher les images, voire même de les modifier. Un débat qui n’est jamais terminé et toujours à refaire, en particulier en cette ère du tout numérique.

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Dans une prochaine entrée, je reviendrai sur cette question et tenterai d’exposer, en quelques mots, ma propre pratique de la photographie et des incontournables outils de corrections, i.e. Photoshop et autres.

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Patricia Bergeron

12 août 2010
Patricia Bergeron, Pointe-Saint-Charles,
Montréal, 28 juillet 2010

Quartier de la Pointe-Saint-Charles à Montréal, il est à peine passé 10 heures, un mercredi matin. J’arrive chez Patricia, une amie de longue date.

À l’ombre sur la terrasse arrière, une petite table chargée de livres est dissimulée sous les journaux de la journée. Nous profitons, Patricia, son copain David et moi, d’un café pour discuter de cinéma et de littérature. De photographie aussi : David termine une exposition sur le Sud Soudan. Le temps passe. Je suis pourtant venu faire un portrait de Patricia à sa demande.

Mais cela fait aussi partie du processus photographique : prendre le temps d’entrer en relation avec son sujet, tisser des liens. Même dans le cadre d’un travail avec une amie.

De plus, je profite de ce moment pour regarder la lumière qui tombe sur son visage, pour chercher un décor, imaginer le portrait que je dois faire.

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Pour suivre Patricia et son engagement auprès du cinéma et du web, visitez son blogue « La liberté tranquille ».

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Voyage dans le delta de l’Indus, au Pakistan – un retour

9 août 2010
Shat Bandar (Thatta), 26 juin 2004;
Lac Nareri (Badin), 27 juillet 2004;
Village de Mehmood Jatt (Thatta), 26 juillet 2004.

En 2005, j’ai réalisé un travail photographique documentaire dans la province du Sindh au Pakistan, cette même région, parmi d’autres, qui est actuellement durement frappée par des inondations dévastatrices.

La déforestation dans le delta faisait craindre le pire, mais c’est de la mer que la population locale attendait la catastrophe. Aujourd’hui, elle est venue du Nord, en amont du fleuve Indus qui se partage entre le Pakistan et l’Inde et qui a ses nombreuses sources au-delà, du côté de l’Afghanistan et du Tibet. Un immense territoire à forte densité de population qui aujourd’hui baigne dans l’eau. Et la pluie qui ne semble pas vouloir cesser.

Au moment d’écrire ces lignes, je lis sur le site de Radio-Canada que « Les Nations unies estiment que le nombre de Pakistanais touchés par les inondations qui frappent le pays est plus important que le total de personnes touchées par trois catastrophes naturelles de l’histoire récente, soit le tsunami de 2004 dans l’océan Indien, le tremblement de terre de 2005 au Cachemire et le séisme de janvier en Haïti.

« Selon le Bureau de coordination aux affaires humanitaires de l’ONU, pas moins de 13,8 millions de personnes sont touchées d’une manière ou d’une autre par les inondations, alors qu’il y en a eu 5 millions lors du tsunami, 3 millions lors du séisme au Cachemire et 3 millions lors de celui qui a dévasté Haïti. » (« Inondation au Pakistan – L’ONU souligne l’ampleur de la catastrophe » sur le site de Radio-Canada, 9 août 2010)

Bien entendu, ici, on parle de personnes touchées, et non des victimes qu’auront faites les trois catastrophes citées.

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Voici donc un prétexte pour remettre de l’avant « Voyage dans le delta de l’Indus au Pakistan » afin d’illustrer la complexité environnementale et sociale de cette région du Pakistan.

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Voyage dans le delta de l’Indus, au Pakistan

Le delta de l’Indus au Pakistan, inextricable lacis de canaux naturels, fût pendant longtemps la région la plus fertile du pays. L’abondance d’eau favorisait l’agriculture, surtout la riziculture. Le mélange d’eau douce et d’eau salée permettait aussi le développement de plusieurs espèces marines.

Après la partition de 1947, le Pakistan a construit sur l’Indus le plus important système d’irrigation au monde, composé de dix-neuf barrages, dont deux des plus grands de la planète. Mais l’élaboration de ce complexe en amont du fleuve n’a pas tenu compte des effets à moyen et long terme sur l’environnement et sur la population d’un pays qui dépasse les 132 millions d’habitants. Aujourd’hui, environ 91 % de l’eau du fleuve est détournée à des fins d’irrigation. L’eau douce ne se rendant plus dans le delta, on prive d’eau la population du delta, soit quelque 130 000 personnes. La région côtière de la province du Sind, la plus durement touchée par ce désastre, ressemble désormais à un immense désert.

Un pêcheur du village de Hadji Youssef Katiyar résumé ainsi les bouleversements qui ont affecté la région : « À l’époque nous vivions d’agriculture, mais après l’Indépendance, la mer a complètement enseveli nos terres. Nous avons été forcés de quitter notre village et avons maintenu nos activités agricoles pour un moment. Mais alors que le débit du fleuve diminuait, la terre est devenue de moins en moins fertile. D’agriculteurs, nous nous sommes convertis à la pêche. Nous ne connaissions encore rien de la pêche commerciale. Aujourd’hui, nous devons aller en haute mer, parce qu’il n’y a plus de poisson sur les côtes. Parfois, le voyage dure deux ou même trois semaines. Une fois les dépensées payées, nous recevons environ 100 à 300 Roupies (l’équivalent d’environ 5 $ US). »

En 2004, j’ai traversé des villes et des villages menacés par la désertification. Partout où j’ai passé, les histoires se ressemblaient : Le fleuve de l’Indus, le plus grand réseau d’irrigation du monde, se rétrécit ; la mer gagne du terrain ; l’aridification poursuit sa progression. Partout, des agriculteurs devenus pêcheurs, parce que le sol ne produit plus.

Structuré en cinq chapitres, « Voyage dans le delta de l’Indus » est le récit photographique de ma rencontre avec les habitants du delta de l’Indus qui poursuivent quotidiennement une lutte pour réclamer leurs droits fondamentaux.

(Pour lire les chapitres suivants de « Voyage dans le delta de l’Indus » suivez ce lien.)

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Vous ai-je dit que…

4 juin 2010
Marie-Pierre

… Marie-Pierre et moi attendions un bébé ?

En fait, sur cette photo, elle en est à sa vingt-cinquième semaine de grossesse. Mercredi commençait la 29e.

La petite fille est prévue pour la mi-août.

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Sur le quai d’Eminonu à Istanbul

26 mars 2010
Eminonu, Istanbul, Turquie, 18 mars 2010

Le temps file et trop souvent je ne m’arrête pas entre deux projets ou deux voyages. La semaine dernière, j’étais à Istanbul et Ankara et dans quelques jours je retournerai à Alma pour un nouveau tournage avec le documentaire web Pib de l’Onf.

Entre-temps, les photos s’accumulent sur mes disques durs et, il n’y a pas si longtemps, dans les classeurs.

Alors avant qu’il ne soit « trop tard », je publie donc quelques nouvelles photographies de mon dernier passage sur les berges du Bosphore à Istanbul. J’essayerai d’en trouver d’autres dans les prochains jours. Pourrais-je revenir sur mon séjour de 2008 avec ma copine ?

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De retour de Port-au-Prince

24 janvier 2010
Port-au-Prince, Haïti, 19 janvier 2010

Nous sommes donc revenues mercredi, sur le vol humanitaire d’Air Transat arrivé avec 36 tonnes de matériel médical ainsi que d’une vingtaine de médecins et infirmiers, le tout, coordonné par le CECI.

Malheureusement, l’avion a fait le voyage du retour qu’avec une soixantaine de passagers. Malgré la quantité de demandes à traiter et des moyens réduits causés par le tremblement de terre, il est inexcusable que le gouvernement fédéral ne soit pas en mesure d’accélérer le processus bureaucratique pour les citoyens canadiens qui veulent revenir au pays et qui ont perdu leur passeport dans les décombres de leur maison.

*

Avant mon départ, je me posais la question : comment peut-on filmer ou photographier une telle tragédie humaine ? Je n’ai pas trouvé la réponse. Pour m’aider, j’avais dans mes bagages un livre de Susan Sontag Devant la douleur des autres que je n’ai pas eu l’occasion de feuilleter. J’avais les deux pieds dedans et peu de temps pour une pause réflexion. Je m’y attarderai dans les prochains jours.

Mais la question des médias, son comment, son pourquoi et surtout sa pertinence m’a tout de même rattrapé. Alors que nous étions encore à Port-au-Prince, mon collègue et ami le photographe Benoit Aquin m’a fait lire l’article « Haïti, le défi médiatique » du chroniqueur « médias » Paul Cauchon dans le Devoir dont voici quelques extraits :

« Haïti, le défi médiatique »

Paul Cauchon, 18 janvier 2010

« La catastrophe en Haïti pose de véritables défis médiatiques. Défi de la pertinence, du respect, défi aussi de bien mettre en contexte les informations sans sombrer dans le voyeurisme.

« C’est le genre de situation où les médias marchent sur la corde raide. D’autant plus qu’ils n’ont pas le choix de sortir de leur réserve, jouant aussi le rôle de courroie de transmission pour les demandes d’aide, les collectes de fonds, etc.

[…]

« Mais déjà vendredi, sur notre site Internet, des lecteurs lançaient un débat: y a-t-il trop de journalistes à Haïti? Nuisent-ils à l’organisation des secours?

Il est indéniable que l’on a absolument besoin des médias sur place pour témoigner de la situation, et les journalistes qui y sont envoyés doivent travailler dans des conditions difficiles, alors qu’ils baignent vraiment dans l’horreur, avec tous ces morts sur les trottoirs, et ces blessés «stationnés» dans des parcs sans aucun médicament.

Évidemment, quand on voit la vedette de CNN, Anderson Cooper, braquer son micro sur les cris d’une jeune adolescente qui était ensevelie sous les décombres pendant que des secouristes tentaient de la sortir de là sans aucun outil, on a vraiment le goût de lui dire «lâche ton micro et va donc les aider à soulever le morceau de béton!» (la jeune femme a finalement été sauvée).

Pourtant, on doit accepter le fait que les médias se ruent en troupeau dans les rues de Port-au-Prince, parce que de toute façon le silence médiatique serait pire. Et le nombre de médias sur place est une garantie que l’organisation de l’aide sera surveillée. Peut-être pas une garantie à 100 %… mais croyez-vous vraiment que ce serait mieux si tous les médias partaient?

La présence de Radio-Canada, pour ne prendre que cet exemple, nous a fait prendre conscience samedi que le séisme avait fait d’énormes ravages à l’extérieur de Port-au-Prince, ce que l’on ne savait pas encore. Car Radio-Canada semble avoir été un des premiers médias à se rendre dans d’autres villes que la capitale, pour constater un degré d’horreur aussi élevé.

Tout est dans la façon de montrer les choses. Cette fin de semaine, TVA a diffusé un reportage de Richard Latendresse qui n’a vraiment pas fait honneur à la profession. Le journaliste a poursuivi un camion qui venait de ramasser des corps, se mettant lui-même en scène sans vergogne comme si l’on était dans un film («on va le suivre, on ne sait pas où il s’en va»), répétant sans cesse d’un ton mélodramatique que l’on était en train de voir des cadavres, filmant sans aucun problème le déversement de corps dans une décharge (ça peut se raconter à l’écran sans être obligé de le montrer!), terminant son reportage avec cette phrase insultante: «C’est n’importe quoi.»

[…] »

J’abonde dans le sens du commentaire de Paul Cochon. Pour moi, la question n’est pas sur la quantité de médias, mais sur sa qualité. Le problème est qu’il y a trop d’information spectacle et de médias médiocres, pour être gentil. En fait, ici comme là-bas, il y a un manque criant de bon journalisme.

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Yémen, automne 2005

9 janvier 2010
Sanaa, Yémen, automne 2004

À la fin de l’année 2005, je me suis rendu au Yémen pour le compte de l’organisation française DIA. Je devais y rester quatre à six semaines pour former des jeunes à la vidéo, de trois quartiers de Taez. Je suis revenu à Montréal qu’à la mi-décembre, trois mois plus tard, à temps pour la préparation du tournage de « Chroniques afghanes » qui devait commencer dès janvier 2006 à Kaboul.

Depuis, je n’avais que développé les films et tiré les planches contacts. Je prends donc le prétexte de l’actualité pour faire une sélection de photographies, pour ainsi vous faire part de mon travail là-bas et de vous parler de ce pays méconnu. D’ailleurs, certainement l’un des plus beaux que j’ai visité.

*

Je commence donc par citer un article traduit et publié par le journal en ligne « Le journal des alternatives » de l’organisation Alternatives dont la survie, ainsi que celles de d’autres organisations progressistes, est mise en cause par le gouvernement de Harper (ce qui est une autre histoire à suivre).

« Guerre anti-terroriste au Yémen? » de Ron Jacobs, du Counterpunch, 4 janvier 2010.

« Comme si les interventions US en Irak et en Afghanistan n’étaient pas suffisantes pour étancher la soif de sang de l’Empire, les appels en faveur d’une guerre ouverte contre le Yémen se multiplient. La raison invoquée pour cette intervention est que l’homme qui a apparemment voulu faire exploser un avion de ligne le jour de Noël 2009 a séjourné un temps dans ce pays et qu’il aurait pu y recevoir des instructions.

Tout comme l’occupation de plus en plus sanglante de l’Afghanistan, Washington veut faire croire au monde que le fait d’attaquer un pays qui héberge des organisations déterminées à résister à la domination US fera en quelque sorte disparaître ces organisations et rendra le monde plus sûr. Ce raisonnement plutôt simpliste ignore quelques faits évidents.

[…] »

À suivre.

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Le jour de l’an à St-Henri

3 janvier 2010

Le Verger St-Patrice, St-Henri

2 janvier 2010
St-Henri, 31 décembre 2009

Le Verger St-Patrice à St-Henri dans la région de la Chaudière-Appalaches.

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Saint-Jean-Chrysostome II

29 décembre 2009
St-Jean
St-Jean
St-Jean-Chrysostome, 26 décembre 2009
St-Jean-Chrysostome, 26 décembre 2009

Petite marche dans le froid de l’après Noël, à St-Jean-Chrysostome, près de la ville de Québec.

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