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Articles taggués ‘Port-au-Prince’

H comme Haïti… ou plutôt quand je me rappelle le 12 janvier 2010

15 janvier 2012

Port-au-Prince, Haïti, 19 janvier 2010

Église du Sacré-Coeur, Port-au-Prince, Haïti, 19 janvier 2010

Je me souviens. Au moment du séisme de janvier 2010 à Port-au-Prince, j’étais dans ma chambre noire à Montréal. Je m’amusais à imprimer des photos quand la nouvelle est tombée. Michel Desautels de la radio de Radio-Canada l’annonçait brièvement, quelques minutes avant les informations de 17 h. On ne savait encore presque rien.

Ensuite, le déluge est arrivé : les médias se sont emparés de la catastrophe et en ont abusé.

Le lendemain, j’ai fermé la radio – un trop plein d’info et de répétition – pour me réfugier dans la lecture de Pays sans chapeau de Dany Laferrière que j’étais allé me procurer.

Ce jour-là s’est terminée par une question de ma copine : « Irais-tu si l’on te le demandait ? » « Je pense que oui, ai-je répondu après une courte hésitation, parce que je crois que c’est important de témoigner. »

24 heures plus tard, le Centre d’étude et de coopération internationale – CECI – me demandait de me joindre à une première équipe qui se rendait là-bas pour rendre compte de la situation et du travail déjà en cours par l’organisation.

L’équipe sur le terrain était composée de : Philippe Fehmiu à l’animation, Myriam Fehmiu au communications du Ceci, Benoit Aquin comme photographe, Jean-François Dumas à la prise de son et moi comme réalisateur et directeur de la photo en vidéo.

Pour la suite, je vous renvoie à mes entrées du moment.

 

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«Pourquoi pas Haïti» sur Tou.tv

13 janvier 2011
Quartier Bel Air, Port-au-Prince, Haïti, juin 2010

Il est possible de visionner Pourquoi pas Haïti, dont je signe la co-réalisation avec Réal Barnabé ainsi que la direction photo, à partir du web sur le site Tou.tv de Radio-Canada.

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«Pourquoi pas Haïti ?» – un rappel

10 janvier 2011
Quartier Bel Air, Port-au-Prince, Haïti, juin 2010

C’est ce soir à 20 heures, sur les ondes de RDI, que la version courte de Pourquoi pas Haïti sera diffusée.

*

Au cours de cette production, tout comme pour mon premier séjour dans cette capitale au lendemain du séisme du 12 janvier dernier, je me suis permis quelques photographies et courts commentaires. Pour les lire ou les relire, voir mes Notes et réflexions d’après séisme.

Et pour la bande annonce produite par l’émission Les grands reportages de RDI, cliquez ici.

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«Pourquoi pas Haïti» – la bande annonce

7 janvier 2011

La bande annonce de Pourquoi pas Haïti qui sera diffusé, la version courte, sur les ondes du Réseau de l’information – RDI lundi prochain le 10 janvier à 20 heures.

*

Ce film est une sorte de remake de Pourquoi Haïti ?, le grand reportage de Judith Jasmin tourné en 1959. Nous sommes retournés sur les lieux visités par Mme Jasmin, à la recherche des gens qu’elle avait interviewés à l’époque. Nous avons retrouvé quatre des personnages principaux de 1959 avec lesquels nous avons poursuivi la discussion, là où Judith Jasmin l’avait laissée. Comme elle, nous sommes allés aussi rencontrer des paysannes qui vendent leurs produits au marché, des chômeurs qui jouent aux dominos et un coiffeur qui peine à joindre les deux bouts.

Un dur constat : Haïti a reculé depuis 50 ans. Ce constat fait, nous avons essayé de cerner l’âme haïtienne dans le but de comprendre les raisons de ce recul et nous avons cherché à dégager des pistes de solutions pour l’avenir.

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« Pourquoi pas Haïti ? », documentaire, 52 min

15 décembre 2010
Quartier de Bel Air, Port-au-Prince, Haïti, juin 2010

Ce film est une sorte de remake de Pourquoi Haïti ?, le grand reportage de Judith Jasmin tourné en 1959. Nous sommes retournés sur les lieux visités par Mme Jasmin, à la recherche des gens qu’elle avait interviewés à l’époque. Nous avons retrouvé quatre des personnages principaux de 1959 avec lesquels nous avons poursuivi la discussion, là où Judith Jasmin l’avait laissée. Comme elle, nous sommes allés aussi rencontrer des paysannes qui vendent leurs produits au marché, des chômeurs qui jouent aux dominos et un coiffeur qui peine à joindre les deux bouts.

Un dur constat : Haïti a reculé depuis 50 ans. Ce constat fait, nous avons essayé de cerner l’âme haïtienne dans le but de comprendre les raisons de ce recul et nous avons cherché à dégager des pistes de solutions pour l’avenir.

La version 43 min de Pourquoi pas Haïti ? sera diffusé sur les ondes de RDI le lundi 10 janvier qui vient.

*

Au générique

Idée originale
Réal Barnabé

Scénario
Jocelyn Barnabé
Réal Barnabé

Réalisation
Dominic Morissette
Réal Barnabé

Directeur de la photographie
Dominic Morissette

Preneur de son
Sylvain Vary

Monteuse
Natalie Lamoureux

Narration
Dominic Morissette
Yves Bisaillon
Natalie Lamoureux
Réal Barnabé

Producteurs
Yves Bisaillon
Jacques W. Lina

Une production
Orbi XXI

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« Ma ville est dans mon ventre »

14 juillet 2010

C’est dans l’avion qui me ramenait à Port-au-Prince en juin dernier que j’ai lu ce texte. Écrit le 6 septembre 2006 par Frankétienne, auteur, poète et artiste Haïtien, il a été publié dans « Une journée haïtienne » de Thomas C. Spear. Je cite de longs extraits où l’auteur parle de sa ville qu’est Port-au-Prince.

« Depuis mon réveil, aux premières poussées de l’aube, je me mets à penser au retour de Marie-Andrée qui vient de marouler un long séjour dans la cité des tours fantômes. Loin du pays. Loin de la maison. Loin de moi.

Au fond, je ne pense qu’à moi-même, à ma solitude incurable dans cette foutue ville port-au-princienne que j’aime avec rage. Avec hargne et douleur.

Seul, je me suis toujours senti seul. Et aujourd’hui encore, je me sens seul dans ce foutoir mouroir dépotoir d’infernal paradis. Je ne m’en suis jamais plaint. Je ne m’en plains pas. Je ne m’en plaindrai jamais. Toutes les déblosailles, les salopritures voluptueusement jouissives de ma ville miracle et malédiction m’habitent totalement. Elles sont dans mes tripes et ma tête.

[…]

Violences, viols, injustices, kidnappings. Tout cela sur fond de misère grinçante autour de minuscules îlots d’un semblant de bien-être et de bonheur chrysocalque. Un étrange cinéma à trame de peur, de stress, de douleur, de provocation, d’arrogance, de faux espoir, de répugnante résignation et de train-train répétitif de mal-vivre et de mal-être.

Arc-en-ciel de silence

l’imaginaire change de forme

et le corps se déplace lentement sous la lune des muettes métamorphoses

un soleil virulent me dévore les entrailles.

Il est midi.

[…]

L’âme reste rongée de violence au feu des mutations sauvages

La mort s’active au moulin des malheurs noyant rêves et chimères.

Rien. Plus rien. Absolument rien. Ni jour ni nuit. Ni temps ni lieu. Ni blanc ni noir. Ni chair ni feu. Ni bois ni pierre. Ni mâle ni femelle. Ni mer ni ciel. Ni toi ni moi. Ni plus ni moins. Ni œuf ni bœuf. Ni vent ni paille. Rien. Absolument rien que le dire hypothétique du non-dire infinitif.

Partir. Revenir. Une histoire d’amour à cheval d’arçon. Des trébuchements. Déséquilibre et chutes évités. Voir. Se revoir. Dire. Dédire et déparler jusqu’au délire.

Non-événement.

Non-fiction.

Non-retour.

Voyager vers le tout.

Voyager tout-partout.

Voyager vers nulle part.

Voyager vers la mort au tempo du néant aux infinis battements de rien définitif.

Un théâtre d’ombre et de rumeurs aux premières lueurs du crépuscule. Tumultueuses agitations à charge de pluie et de sang. Éclairs et bégaiement d’étoiles.

Je travers la ville pénombre d’inquiétude et de bruits sourds. J’avance dans un espace métissé de ténèbres et de clartés. Soudain j’arrive dans les environs de l’aéroport.

[…] »

***

Port-au-Prince mis en mot, en quelque sorte : ses contrastes, ses contradictions, ses joies, ses peines. « Ni jour ni nuit. Ni temps ni lieu. Ni blanc ni noir. »

Je reviendrai sur ce recueil de textes, « Une journée haïtienne » de Thomas C. Spear qui « initie un volume où les poètes, romanciers, auteurs de théâtre et autres nouvellistes annoncent et dénoncent, témoignent et illustrent le vivre à vif d’un peuple. Sans besoin de petite musique de nuit pour endormir ou pour travestir. […] appliqué à lire plus loin que le regard […] Spear transforme le voyage au loin en quête. Quoi de plus fertile !  [...] » Tiré de l’Avant-propos : Journée haïtienne : on en redemanderait ! d’Édouard J. Mounick.

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Voyages et littérature – Haïti

7 juillet 2010

Une suite, en quelque sorte, à « Voyages et littérature » publié le 16 février dernier.

*

Me voilà de retour de Port-au-Prince. Un second séjour de tournage depuis le séisme du 12 janvier dernier. Lors de voyages de production comme ceux-là, il m’est bien entendu difficile de porter mon attention ailleurs que sur le projet. J’ai donc dû laisser de côté mon appareil photo qui me suit toujours, et mes livres de lecture pour ne pas perdre le fil.

*

Depuis janvier, mais surtout depuis mai dernier, je tente de parfaire ma connaissance de la littérature haïtienne qui se limitait presque exclusivement à Dany Laferrière et Émile Ollivier dont j’ai retrouvé un des livres dans ma bibliothèque juste avant mon départ. Je me suis promis d’y revenir.

J’ai commencé mes devoirs avec  « Gouverneurs de la rosée » de Jacques Roumain. À Port-au-Prince même, j’ai mis la main sur une édition haïtienne de « Les comédiens » de Graham Green, dont l’intrigue se passe à l’Hôtel Oloffson durant les pires années du régime de Papa Doc et sa célèbre et sanguinaire milice des Tontons Macoute.

Au cours des derniers jours, je me suis lancé à la recherche de sites d’intérêts sur Haïti. Un premier « répertoire » trouvé : le blogue « Papalagui, littératures éparses et ultrapériphériques » de Christian Tortel sur site des blogs du Monde, qui nous réfère à plusieurs pages sur Haïti, dont ce blogue de Jean-Marie Théodat. Ce matin, je suis tombé sur ce texte, « Le deuil des autres« , publié au lendemain des défaites du Brésil et de l’Argentine à la Coupe du monde en Afrique du Sud. L’auteur termine son article avec ce paragraphe – c’est moi qui souligne :

« Je me dis que le football n’est qu’un prétexte à une confrontation nécessaire entre des groupes dont c’est l’ultime raison d’exister, en l’absence d’actions et de projets de société qui les mobilisent en vue du bien commun et de l’intérêt général. Cette belle jeunesse à l’énergie profuse fourmille d’idées et de chantiers, mais il manque une vraie partition, une feuille de route claire pour diriger cette débauche de talents et cette saine passion vers des buts plus élevés qu’un simple carré de filet sur une pelouse factice. Un peuple qui accorde autant d’importance à une manifestation sportive à laquelle elle n’a même pas été invitée, alors que les décombres de la capitale sont encore fumants sous ses tentes, ne peut pas être tout à fait idiot, ni tout à fait insensible à la douleur. Je préfère y voir le signe d’une résilience réelle, d’un fairplay souverain dans la défaite sportive comme dans le deuil et qui semble y préparer. Il s’agit d’un signal envers les élites pour dire que ce peuple aussi rêve de victoires et de trophées, qu’il est encore capable de se mobiliser et de s’enthousiasmer pour des objectifs élevés. Bref, qu’il n’est pas enseveli ni abasourdi par la chute des murs. Qu’il est encore debout. « Se bite l’bite, l’poko tonbe ». Il a beau trébucher, il n’a pas encore touché le sol. »

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Port-au-Prince – Montréal

1 juillet 2010
Port-au-Prince, Haïti, 30 juin 2010

Montréal - La seule image prise avec mon appareil photo durant mon séjour de tournage à Port-au-Prince. Un rappel d’une photographie prise en janvier dernier.

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Premières impressions

19 juin 2010
Centre-ville de Port-au-Prince, 19 janvier 2010

Port-au-Prince – Comme je l’imaginais le jour de mon départ, la torpeur des premières heures a laissé place à la nouvelle réalité. Ici le mot résilience prend tout son sens.

Port-au-Prince ne ressemble plus à ce que j’ai vu en janvier, au lendemain du séisme. Les gravats qui jonchaient les rues ont été pour la plupart retirés sinon poussés sur les côtés. Partout des monticules de ciment concassé et de poussière. Les trottoirs pullulent d’activités qui débordent sur les rues, ce qui aggrave le problème de circulation déjà criant. Des passants partout ; des écoliers et écolières, sac au dos, qui vont ou viennent de l’école, à toute heure de la journée. La ville grouille de petites besognes. Tous les espaces libres sont pris d’assaut par des tentes collées les unes sur les autres. Certainement une majorité de citadins vivent encore sous la tente: dans les camps ou dans leur jardin, pour les plus chanceux.

*

En tant que coréalisateur et caméraman, il m’est difficile de faire de la photographie. Je reviens donc sur les quelques images prise en janvier dernier, au lendemain du séisme. Je tenterai de me reprendre au cour des prochains jours.

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Cse Pa Fòt Mwen, un court résumé

18 juin 2010
Port-au-Prince, Haïti, 19 janvier 2010

Port-au-Prince Par Réal Barnabé : « Depuis la visite de la reporter de Radio-Canada Judith Jasmin à Port-au-Prince en 1959, les journalistes canadiens ont une longue histoire de fréquentation avec Haïti. Parmi eux, moi, Réal Barnabé, journaliste et fondateur du Réseau Liberté. Observateur privilégié du terrain, force m’a été d’admettre que rien ne changeait vraiment depuis 50 ans.

Puis, le 12 janvier dernier un tremblement de terre est venu bouleverser le paysage tant géographique que politique et humain. Prenant appui sur le documentaire de 1959, je remets en scène des lieux et des personnages dans un Port-au-Prince en reconstruction au sens propre et figuré. Loin du reportage d’information, cet aller-retour sur un demi-siècle de distance permet une analyse toute autant décalée que prospective d’un pays condamné à la reconstruction et qui sait… à la renaissance.

Un documentaire de blessures mais surtout de promesses. »

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