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« Émeutes en Angleterre – Le désespoir »

Dance City, Newcastle, 6 avril 2009

 

Suivant l’actualité des derniers jours, je ne peux m’empêcher de reprendre mon blogue avec cette photographie du Dance City à Newcastle en Angleterre, alors que je travaillais sur la recherche d’un projet de documentaire Quand le Sud monte au Nord.

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J’en profite aussi pour citer longuement l’excellent éditorial de Serge Truffaut dans Le Devoir. Pour ce commentateur, « Ces émeutes […] traduisent le ras-le-bol d’une classe qui n’a plus rien à perdre. Mieux ou pire, c’est selon, cette flambée de violence était prévisible. »

Il poursuit : «  […] si les jeunes Anglais ne revendiquent pas, c’est parce qu’ils sont plus désespérés que leurs homologues du continent. Ils se sentent «abandonnés» par l’État, «méprisés» par ce dernier qui méprisait déjà leurs parents. Oui, on a assisté à l’émergence de ce que les sociologues appellent une underclass, une sous-classe. De quoi s’agit-il? De familles dont les membres ne travaillent plus depuis deux générations, depuis vingt ans.

« […] le résultat est effarant. Il ne peut être qualifié autrement. […]

« Pendant que le gouvernement lessivait d’un côté, ils engraissaient de l’autre. Après 20 ans de politiques faites contre les classes moyennes et les foyers à revenu modeste, les riches ont encaissé, encaissé. De telle sorte qu’aujourd’hui la concentration des richesses est revenue au niveau enregistré dans les années… 30! On voudrait provoquer un sursaut de violence qu’on ne s’y prendrait pas autrement. S’il est vrai qu’il y a des pillards parmi ceux qui ont fait le coup de poing avec les policiers, il est tout aussi vrai qu’il y en a de l’autre côté. Mais ces derniers sont de qualité… supérieure! »

 

Et dire qu’il y a plein de commentateurs et de média qui feignent d’être surpris de cette réaction.

 

« Quand le Sud monte au Nord »

Exposition
Exposition de Gabor Szilasi, Musée des arts de Joliette,
dimanche 2 août 2009

Ça y est, c’est aujourd’hui que je dépose mon scénario de documentaire « Quand le Sud monte au Nord » aux institutions de financement avec les productions Spectra Virage Media.

Il nous reste à savoir si le film verra le jour… Bien entendu, pour ce genre de projet qui se passe sur trois continents (Amérique du Sud, du Nord et Europe), nous sommes tributaires du financement. Et par les temps qui courent, on coupe beaucoup – voir le site de « Sauvons le documentaire ». Mais cela est une autre histoire…

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En renversant les schémas de développement traditionnels, Quand le Sud monte au Nord fait surgir une interrogation : et si certaines pistes de solutions aux problèmes qui touchent l’Occident venaient justement des expériences nées dans les pays du Sud ?

Le documentaire donne à voir une méthode d’intervention sociale basée sur la création et l’engagement. Issu des favelas de Rio de Janeiro, cette expérience fait désormais des disciples en Europe et sert d’exemple et de modèle à nos sociétés du Nord aux prises avec une marginalisation grandissante d’importantes franges de la société.

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« L’éloquence du quotidien », le titre de l’exposition du photographe Gabor Szilasi en dit déjà beaucoup sur la beauté du travail présenté. C’est plus de cinquante années de photographies de sa Hongrie natale, mais surtout de Montréal et du Québec rural.

Magnifique!

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Le « Drop in » en spectacle

Affiche du spectacle
Affiche du spectacle

Le Drop in 18 – 30 de Saint-Michel organise pour une troisième année, un spectacle où les jeunes sont invités à monter sur scène pour y performer. Une chance que plusieurs ne veulent manquer.

Voici un extrait du texte qui accompagne l’invitation :

« Au printemps 2007, la police du quartier émit des craintes concernant la possibilité d’une recrudescence des activités reliées aux gangs de rue et à la prostitution dans le secteur du parc Ovila-Légaré [dans le quartier Saint-Michel à Montréal]. Ces inquiétudes ont poussé les organismes œuvrant dans le secteur à mettre en place un projet estival permettant aux citoyens de se réapproprier leur parc, de développer un sentiment d’appartenance à leur communauté et surtout, d’encourager la participation et l’implication des jeunes à risque d’adhérer aux gangs de rue dans des activités leur permettant de se faire valoir et de développer leur estime de soi.

« Le projet fut un si grand succès qu’une deuxième édition a été organisée en 2008. La participation croissante des adolescents aux activités ainsi que la réappropriation du parc Ovila-Légaré par les résidants les deux derniers étés ont démontré la pertinence et l’importance d’organiser de telles activités dans le secteur. »

Le 25 juillet aura donc lieux le spectacle de musique hip-hop créé par et pour des jeunes, de même que le lancement de la programmation estivale, un tournoi de basket-ball et une fête familiale dans le parc Ovila-Légaré.

« Favela Rising » au Drop in de Saint-Michel

 

Drop in dans le quartier de St-Michel, Montréal, 15 mai 2009
Drop in dans le quartier de St-Michel, Montréal, 15 mai 2009

 

Hier soir, je présentais aux jeunes du Drop in, le documentaire « Favela Rising » de Jeff Zimbalist et Matt Mochary. Le film relate l’historique du mouvement qu’est devenu Afro Reggae mais surtout trace le portrait d’Anderson l’un des chanteurs et leader du groupe.

L’aventure commence dans la favela de Vigario Geral à Rio de Janeiro en 1993, au lendemain d’un massacre de 21 personnes innocentes exécutées par la police militaire pour venger quatre des leurs. Les pionniers d’Afro Reggae ne pouvaient imaginer mettre sur pied une organisation qui allait rapidement franchir les frontières du quartier. Anderson, alors adolescent et déjà proche de la petite criminalité, c’est joint au groupe, après que son frère eut été l’une des victimes de la fusillade. Ainsi commence sa « guerre pour la paix » avec comme armes les mots, les rythmes, la dance et la culture.

Comme je l’ai souvent mentionné, depuis Afro Reggae s’exporte partout au Brésil et ailleurs dans le monde avec son band et sa philosophie de changements social par l’art.

Les jeunes du Drop in ont beaucoup aimé. Ils étaient une dizaine à regarder attentivement et à poser des questions ou faire des commentaires : « Mais est-ce de vraies armes ? », « Ah ! Mais c’est incroyable ! ». Et ils ont été émus par la fin.

Un documentaire qui nous fait vivre une histoire et de vraies émotions.

 

Le Drop in 18 – 30 de Saint-Michel à Montréal

 

James
James au Drop in de St-Michel, Montréal 15 mai 2009
Gregory au Drop in de St-Michel, Montréal 15 mai 2009
Gregory au Drop in de St-Michel, Montréal 15 mai 2009

 

Le Drop in de Saint-Michel a été fondé en 2004 et est né de la demande des jeunes adultes du quartier qui désiraient avoir un lieu pour se retrouver entre eux et pour pratiquer le breakdance, le chant et toutes autres activités liées à la culture hip-hop en général. « Les jeunes en avaient marre de ne pas savoir où aller, ma raconte Mai Tran, la jeune coordonnatrice. Il n’existait pas de lieux pour eux. Souvent, ils se retrouvaient à la station de métro où la police les harcelait et leur donnait des contraventions. Ce qui ne favorisait pas de bonnes relations. La nécessité de ce lieu est donc venue en partie de ce constat. »

Ce projet met donc à leur disposition des moyens pour aider à développer leur créativité. Bien entendu, le manque criant de ressource ralentit les ardeurs. Toutefois, la motivation des intervenants et le besoin des jeunes de se retrouver dans un lieu qui leur appartient sont plus déterminants que tout.