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Articles taggués ‘séisme’

Premières impressions

19 juin 2010
Centre-ville de Port-au-Prince, 19 janvier 2010

Port-au-Prince – Comme je l’imaginais le jour de mon départ, la torpeur des premières heures a laissé place à la nouvelle réalité. Ici le mot résilience prend tout son sens.

Port-au-Prince ne ressemble plus à ce que j’ai vu en janvier, au lendemain du séisme. Les gravats qui jonchaient les rues ont été pour la plupart retirés sinon poussés sur les côtés. Partout des monticules de ciment concassé et de poussière. Les trottoirs pullulent d’activités qui débordent sur les rues, ce qui aggrave le problème de circulation déjà criant. Des passants partout ; des écoliers et écolières, sac au dos, qui vont ou viennent de l’école, à toute heure de la journée. La ville grouille de petites besognes. Tous les espaces libres sont pris d’assaut par des tentes collées les unes sur les autres. Certainement une majorité de citadins vivent encore sous la tente: dans les camps ou dans leur jardin, pour les plus chanceux.

*

En tant que coréalisateur et caméraman, il m’est difficile de faire de la photographie. Je reviens donc sur les quelques images prise en janvier dernier, au lendemain du séisme. Je tenterai de me reprendre au cour des prochains jours.

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Cse Pa Fòt Mwen

16 juin 2010
Grand-Rue, Port-au-Prince, 18 janvier 2010
Port-au-Prince, Haïti, janvier 2010

Montréal — Ce matin, je m’envole pour Port-au-Prince, cinq mois après le séisme. Cette fois-ci, c’est en tant que coréalisateur et caméraman d’une petite équipe que je retourne en Haïti pour le tournage de «Cse Pa Fòt Mwen» — titre de travail —, un documentaire de 52 minutes qui sera diffusé sur les ondes de Radio-Canada.

Que vais-je y retrouver ? L’état de crise sera certainement passé, du moins, la première torpeur observée au lendemain du séisme. Qu’en est-il de ce centre-ville, de cette Grand-Rue détruite ? De cette ville effondrée à plus de 80 % dans bien des quartiers ? De ces abris de fortune des premières heures, transformés en camps de réfugiés urbains, ouverts aux intempéries dont la saison ne fait que commencer ?

Cette fois-ci, c’est avec une équipe réduite que je séjournerai dans la capitale pour une quinzaine de jours. Au son, je serai accompagné par Sylvain Vary et à la coréalisation Réal Barnabé qui signe aussi l’idée originale. Réal a l’avantage de bien connaître ce pays pour y avoir voyagé et travaillé à plusieurs occasions depuis les années 70.

Je tenterai donc d’alimenter mon blogue avec quelques entrées au fil des rencontres et des tournages. Si le temps me le permet.

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«Cse Pa Fòt Mwen»

Idée originale : Réal Barnabé ;

Scénario original : Jocelyn Barnabé et Réal Barnabé

Réalisation : Dominic Morissette et Réal Barnabé ;

Direction photo : Dominic Morissette

Son : Sylvain Vary

Direction de production : Isabelle Thiffault

Production : Yves Bisaillon et Jacques W. Lina

Une production d’Orbi XXI.

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En janvier dernier, c’est avec le CECI que j’ai fait mes premiers pas à Port-au-Prince,  quelques jours au lendemain du terrible séisme.

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Le CECI en Haïti: présent dès la première heure

2 février 2010

Réalisation et caméra: Dominic Morrisette

Son: Jean-François Dumas

Montage: Marie-Pierre Labrie

Production: Myriam Fehmiu, CECI

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Information [ou] spectacle ?

30 janvier 2010
Aéroport International Toussaint Louverture de Port-au-Prince,
Haïti, 20 janvier 2010

Avant même de savoir que j’allais me joindre en tant que réalisateur et caméraman, à une mission à Port-au-Prince avec le CECI, j’avais un trop-plein d’informations ou plutôt de non-informations et de redites (voir mon entrée « Sanaa, Kiev et Port-au-Prince »). Cela n’était qu’à peine 48 heures après le séisme. C’est vous dire aujourd’hui…

*

Toujours avant mon départ pour Haïti et dans le même article sur mon blogue, je me demandais comment photographier ou filmer une telle catastrophe humaine. Une question qui me hante souvent, ici comme ailleurs, à cause de la nature même de mon travail et de mon médium de prédilection : l’image ; photographique et ou vidéographique.

Pour tenter de répondre à cette question du « comment filme-t-on l’autre », dans un moment de crise ou pas, j’essaie de garder en tête comment je ferais si j’étais à Montréal, si je filmais des gens près de moi. Ou je me mets à la place de la personne : aimerais-je être filmé par des étrangers à un moment où je suis si vulnérable ? À l’instant où je viens de perdre mon enfant, ma femme, un proche ?

Parce que je ne comprends toujours pas pourquoi montre-on des corps ou des gens en crise, sans gène, alors qu’on ne le ferait pas chez nous si une telle tragédie humaine arrivait. Souvenons-nous, à part quelques corps qui tombaient des tours jumelles du World Trade Center, avons-nous vu des images de cadavres sous les décombres ? Alors pourquoi peut-on le faire avec les victimes à Port-au-Prince ? Et avec une telle insistance ?

Dans l’article « Le choc des ondes qui choquent » de Stéphane Baillargeon dans Le Devoir, il cite François-Marc Bernier du département de communication de l’Université d’Ottawa :

« […] Il [François-Marc Bernier] rappelle toutefois que les reporters doivent respecter de strictes et contraignantes balises morales. «Il n’y a pas d’éthique de crise, dit-il. Les mêmes règles s’appliquent toujours, partout. Les gens dans la rue à Port-au-Prince, blessés ou morts, ont droit à autant de dignité que les gens dans la rue à Montréal. Il n’y a donc aucune raison de les harceler, de les filmer contre leur gré, sur des civières par exemple. Les patrons des entreprises de presse accepteraient-ils d’être filmés ainsi par leurs employés?»

[...] »

Une réflexion très pertinente.

*

La veille de mon retour à Montréal, j’apprenais que la reporter et chef d’antenne de Radio-Canada Céline Galipeau venait d’arriver à Port-au-Prince et me demandais pourquoi devait-on faire un tel spectacle avec les informations. Et quelle ne fut pas ma surprise – lire déception — de voir sur les ondes de la télévision d’État de tels « reportages ». Je poursuis avec Stéphane Baillargeon dans Le Devoir :

« […] Une envoyée très spéciale de Radio-Canada a accompagné une Canadienne cherchant à s’introduire avec sa mère sur le terrain de l’ambassade. Les a-t-elle seulement aidées, même sans le vouloir ou le savoir ?

[…] »

« […] Les reportages de Céline Galipeau la montraient autant que les victimes ou les secouristes: l’animatrice-vedette au chevet d’une amputée par-ci, l’animatrice-vedette dans un bateau par-là.

[…]

N’empêche, la demande demeure pertinente: pourquoi montrer autant les reporters? «C’est une affaire de marketing: les entreprises médiatiques valorisent beaucoup leurs vedettes, commente alors le professeur Bernier. Il faut aussi comprendre que c’est plus économique d’avoir des journalistes en direct, à l’antenne. Un reportage coûte cher et prend du temps. Une conversation coûte peu et meuble le temps d’antenne. C’est pourquoi on utilise beaucoup ce moyen dans les réseaux d’information continue. C’est pourquoi on l’utilisera toujours plus partout.»

Nécessité fait loi… »

Triste réalité de l’information devenu spectacle.

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Haïti: souveraineté, démilitarisation et reconstruction nationale

27 janvier 2010
Centre-ville de Port-au-Prince, 18 janvier 2010

Alternatives vient de mettre sur son site web un mémoire proposé dans le cadre de la rencontre des « amis d’Haïti » tenue à Montréal lundi dernier, le 25 janvier 2010.

«Haïti: souveraineté, démilitarisation et reconstruction nationale», dont voici un court extrait:

«Dans ce contexte, Alternatives souhaite à la fois mettre l’accent sur ce que nous considérons comme étant les priorités d’un éventuel plan de reconstruction dans une perspective de développement social, économique et démocratique d’Haïti et à la fois exprimer toute notre inquiétude quant à la militarisation actuelle de l’aide internationale.

«Il faut refuser de reproduire les mêmes erreurs historiques qui ont appauvri et fragilisé Haïti. S’il existe une « opportunité » dans un tel désastre, c’est celle de réellement mettre en place des structures et des cadres économique, commercial et politique qui permettront à Haïti et aux Haïtiens d’aspirer à un meilleur avenir .

«Le plan de reconstruction nationale d’Haïti doit se baser sur les principes suivants :

  • La gestion de la reconstruction doit être résolument haïtienne, faite et menée par les Haïtiens et pour les Haïtiens;
  • La souveraineté alimentaire doit être au cœur de la stratégie de reconstruction du pays;
  • Toutes les dettes internationales d’Haïti doivent être annulées. La reconstruction du pays ne
  • peut mener à une nouvelle forme d’endettement du pays;
  • L’aide internationale ne doit plus être conditionnée aux intérêts des pays donateurs;
  • La population haïtienne et la diaspora doivent être au cœur de la reconstruction comme de la relance économique;

«Une fois encore, nous sommes inquiets de la réponse militaire, unilatérale américaine, qui fut apportée au désastre. Si la question de sécurité est importante, rien ne justifie une telle présence étrangère alors que la force de l’ONU – la MINUSTAH – est déjà sur place. La reconstruction peut, et doit être organisée par des forces civiles, internationales mais SURTOUT locales.

[...]»

Le reste du document se développe autour de sept points importants:

1. Interventions étrangères : tirer les leçons du passé ;

2. Reconstruire sur de nouvelles bases ;

3. Reconstruction, gouvernance et souveraineté nationale ;

4. Reconstruire… sans dette, souverainement ;

5. Relancer l’économie agro-alimentaire ;

6. Reconstruction, développement économique et formation professionnelle ;

7. Habitation et accès foncier.

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