Archive

Articles taggués ‘Steven Harper’

Harper : un important recul se confirme

24 mars 2010

Il y a quelques semaines, j’écrivais, dans mon article « Quand Harper suit les traces de Bush fils » que les conservateurs nous menaient vers un autre important recul, en particulier pour le droit des femmes des pays en développement – mais n’est-ce pas que la partie émergée de l’iceberg ?

Ce matin, le Devoir rapportait que le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon affirmait que la proposition du gouvernement Harper au sommet du G8 sur la santé des femmes, ne prévoit « aucune mesure de planification familiale ». Ni contraception et encore moins d’avortement… Quel recul !

Et la défaite de la motion des libéraux de Michael Ignatieff d’hier en chambre des communes, a encore une fois permis aux Conservateurs de se défiler et de ne pas dévoiler leur jeu. Avec comme résultat, une autre victoire pour Steven Harper et son idéologie ultraconservatrice.

Pour en savoir davantage sur cette initiative, revenez sur mon entrée du 28 février où je réfère à plusieurs articles et commentaires.

Carnet de notes , , , , , , , ,

Harper est actif sur tous les fronts – II

2 mars 2010

Le Devoir poursuit son excellent travail d’investigation sur le gouvernement Harper et ses agissements, souvent antidémocratiques et à contre-courant des valeurs qui définissaient jusqu’à récemment le Canada.

Ce matin, la manchette est sans équivoque : « Censure à Ottawa : trois ministres soupçonnés » avec comme sous-titre « [le ministre] Paradis n’est pas le seul visé par une enquête de la commissaire à l’information ». Nous pouvons lire : « S’agit-il d’allégations d’interférences de la part de l’entourage des ministres ? « C’est ça » a répondu Suzanne Legault [la commissaire] ».

Pour continué avec l’organisme Droits et démocratie

Hier dans le même journal, le directeur Bernard Descôteaux écrit en éditorial « Ce qu’il ne pouvait faire directement, le gouvernement Harper l’a fait indirectement […] » Il termine son article intitulé « Droits et démocratie : la Tutelle » : « Le message est clair pour toutes les organismes canadiens œuvrant en matière de développement. Ils devront agir en conformité avec les valeurs du gouvernement conservateur. » [C'est moi qui souligne]

De son côté, Agnès Gruda de La Presse s’est intéressée à la candidature de Gérard Latulippe à la barre de Droits et démocratie : « Un homme et ses zigzags ».

Carnet de notes , , , , , , , ,

Quand Harper suit les traces de Bush fils

28 février 2010

Dans Le Devoir de ce week-end, c’est au tour de trois signataires d’une lettre ouverte de porter notre attention sur les agissements du gouvernement Harper en ce qui concerne l’égalité des femmes et son idéologie ultraconservatrice. Dans leur texte « Des attaques contre l’égalité des femmes » elles vont dans le même sens que la chroniqueuse du Devoir Manon Cornellier qui disait plus tôt cette semaine que la nouvelle orientation du gouvernement Harper « fait craindre un glissement à la George W. Bush qui a mis fin au financement d’organisations qui défendaient l’accès à des services sécuritaires d’interruption volontaire de grossesse. »

Les auteures dénoncent les nouvelles orientations imposées à l’Agence canadienne de développement internationale – Acdi – par la ministre Bev Oda.

« En refusant de financer des programmes qui respectent les droits des femmes à cet égard, notamment le droit à des services de contraception et de santé génésique, vous permettez aux divergences idéologiques d’entraver l’accès à de bons soins de santé et à l’égalité entre les sexes.

« Certes, la vaccination, l’accès à l’eau potable, une meilleure nutrition et une meilleure formation des professionnels de la santé sont importants pour la santé et la sécurité des femmes et des filles. Mais pour s’attaquer aux véritables causes de la mauvaise santé maternelle et infantile, il faut que toute une gamme de choix existe pour promouvoir la planification de la famille et l’égalité entre les sexes. Offrir moins que cela, c’est n’offrir qu’une solution de fortune.

[…] »

Elles concluent par :

« Si nous nous basons sur ce que nous avons vu de votre gouvernement jusque-là, nous avons toutes les raisons d’être inquiètes. Votre gouvernement a lancé une attaque systématique contre l’égalité des femmes, ici même au Canada. Vous avez supprimé les mots «égalité entre les sexes» du vocabulaire du ministère des Affaires étrangères et de Condition féminine Canada. Vous avez fait des compressions dans le financement de Condition féminine Canada et démantelé le Programme de contestation judiciaire. En outre, vous avez fait en sorte que l’équité salariale, qui était un droit non négociable, devienne une monnaie d’échange.

« En conclusion, nous vous pressons à nouveau de revenir sur votre position concernant votre initiative sur la santé maternelle et infantile. Nous vous demandons de vous battre pour ce qui est juste et raisonnable, et ce, dans l’intérêt supérieur de toutes les femmes. Ce n’est que lorsque les femmes auront accès à toutes les options de planification familiale et de santé génésique que nous pourrons réellement les arracher à la pauvreté. »

Comme quoi, rien n’est laissé au hasard avec ce gouvernement.

*

Sur la saga non terminée de Droits et démocratie, Le Devoir y va d’un long article qui retrace un peu l’historique de la crise: « La crise à Droits et Démocratie – Quand le politique s’arroge tous les droits »

Et sous la plume d’Agnès Gruda, La Presse y va avec la question suivante : « Des ONG sous surveillance: Le gouvernement conservateur a-t-il décidé de politiser l’aide internationale ? »

Carnet de notes , , , , , , , ,

Harper est actif sur tous les fronts

24 février 2010

Alma, Québec — Sans que rien n’y paresse à première vue, Steven Harper annonçait en janvier dernier qu’il allait faire de l’amélioration de la santé des femmes et des enfants un objectif du G8 qu’il présidera en juin. Une annonce étrange qui laissait tout le monde pantois.

Que lui arrive-t-il ? Pourquoi une telle attention de la part de notre premier ministre, lui qui ne semble pas très porté sur la compassion et la misère des autres.

La chroniqueuse du Devoir, Manon Cornellier a poussé le questionnement et publie aujourd’hui « Les revers d’une bonne intention ». (C’est moi qui souligne en gras)

« Cette quasi-illumination est largement le fait d’une coalition internationale d’environ 300 organisations — le Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant […].

« Le Partenariat et tous les groupes intéressés ont applaudi à l’initiative de Stephen Harper. Quelques personnes, cependant, ont noté une grosse omission dans cette déclaration. On ne faisait nulle part mention de la santé de la reproduction, ce qui a fait craindre un glissement à la George W. Bush qui a mis fin au financement d’organisations qui défendaient l’accès à des services sécuritaires d’interruption volontaire de grossesse.

***

« Le chef libéral Michael Ignatieff a été un des premiers à s’en inquiéter publiquement. L’ancien ambassadeur et émissaire onusien Stephen Lewis a vite suivi. Les opposants à l’avortement, eux, se sont réjouis, déduisant des paroles des uns et du silence des autres qu’Ottawa ne permettrait pas que l’argent public soutienne des organismes faisant la promotion de la contraception et de l’accès à des services d’avortement sécuritaires.

[…]

« Aider les enfants et les femmes enceintes est louable et essentiel, mais cela ne suffit pas. Il faut aussi aider les femmes avant, après et entre les grossesses. Les aider aussi à espacer ou retarder ces dernières, si c’est ce qu’elles souhaitent. Exclure la planification des naissances des secteurs d’intervention du G8 équivaut à priver les femmes qu’on dit vouloir aider de moyens cruciaux pour contrôler une part importante de leur destinée et de leur santé.

« Cette décision du gouvernement Harper relève soit de l’idéologie, soit d’un simple désir d’amadouer une base un peu rétive, comme ces députés conservateurs qui militent pour couper les vivres à la Fédération internationale de planification des naissances (Planned Parenthood). Qu’importe la raison, ce choix reste inacceptable, car celles qui en paient le prix sont toujours celles qui ont le moins… d’options. »

Comme quoi il faut absolument rester vigilant en tout temps avec ce gouvernement ultraconservateur.

*

Du côté de Droits et démocratie, les choses ne s’arrangent pas. Fidèle à lui-même, le gouvernement de Harper continue à imposer son idéologie au sein même de cette organisation. D’ailleurs, lui qui est bien mal placé pour faire des leçons de démocratie.

Avec la nomination de Gérard Latulippe comme président, le conseil d’administration – très controversé pour le moins – aura les mains libres pour poursuivre son travail de réorientation basé sur des idées ultraconservatrices qui ne sont pas très compatibles avec certaines valeurs canadiennes que l’on croyait acquises. Comme quoi il faut rester vigilant en tout temps, et en particulier avec le gouvernement.

Sur le nouveau président, voir le blogue de Chantal Hébert qui nous éclaire sur son passé avec l’Alliance, sa vision des « accommodements raisonnables » proche de Mario Dumont.

Pour le reste, suivre les articles et commentaires dans le Devoir, dont :

«Les employés de Droits et démocratie sont consternés par les propos de Cannon»

«Droits et Démocratie – La nomination de Latulippe ne fait pas l’unanimité»

«Droits et Démocratie: le Parlement doit intervenir rapidement»

Carnet de notes , , , , , ,

Même minoritaire, Steven Harper impose son idéologie de droite partout

12 janvier 2010

Après la prorogation du Parlement fait le 30 décembre dernier, après sa prestation catastrophique sur la scène internationale à Copenhague et au sujet des prisonniers afghans, voici que Steven Harper va de l’avant en coupant les vives à certaines organisations progressistes telles Kairos et Alternatives à Montréal, sinon en imposant d’importants changements d’orientation.

Le dernier sur la liste qu’on nous rapporte est Droits et démocratie. C’est dans les pages du Devoir que nous apprenons la nouvelle dans l’article d’Alec Castonguay « Droits et démocratie : Dirigeants et employés réclament la démission du président du conseil ».

Si le gouvernement n’a pas autorité directe sur l’organisme, c’est tout de même lui qui nomme dix des treize membres du conseil d’administration, qui lui décide des orientations. Aujourd’hui, après plusieurs années à la gouverne du pays, les dix nominations gouvernementales sont l’œuvre de Steven Harper. La patience de Harper lui aura servi.

Changement d’orientation imposé par le gouvernement Harper

Le journaliste du Devoir écrit : « La nouvelle majorité au conseil d’administration, près des volontés du gouvernement Harper, souhaite que Droits et Démocratie ne mène plus de programme au Proche-Orient. On souhaite également que l’organisme cesse d’entretenir des liens avec des groupes qui critiquent Israël. On voudrait aussi que l’organisme cesse de collaborer avec le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, basé à Genève, et qui n’a pas la faveur du gouvernement Harper. Le bloc de sept membres souhaite également abandonner des programmes jugés importants, comme l’aide aux femmes victimes de violence sexuelle au Congo.

« À l’interne, des membres du CA auraient demandé l’origine ethnique de plusieurs employés et s’ils parlaient arabe. «Ils estiment que l’organisme est trop pro-arabe, ce qui est ridicule. On fait du développement démocratique là où la situation l’exige. Mais il y a du harcèlement constant depuis quelques mois», souligne une source à l’interne. » [C’est moi qui souligne.]

Le droit à l’accès à l’information aussi bafoué

De son côté, la journaliste Hélène Buzzetti titre son papier, en première page du même journal, « Mission afghane : Ottawa met 300 jours pour répondre aux demandes d’informations ».

« Le ministère affecte en effet si peu de fonctionnaires au traitement des demandes [de droit à l’information] que la loi est de facto non respectée de manière systématique.

« […] Le Devoir avait révélé l’été dernier que le ministère des Affaires étrangères ne renouvellerait pas le contrat d’une douzaine d’analystes. Il s’agit donc du fruit d’une décision, et non du hasard.

« La Loi sur l’accès à l’information est claire : les demandes déposées par les journalistes ou le public doivent obtenir une réponse en 30 jours ou moins. Il s’agit donc d’un délai dix fois plus long. »

Et avec sa prorogation du Parlement, le gouvernement Haper a ainsi mis la clef dans le comité parlementaire qui se questionne sur le traitement des prisonniers afghans faits par le Canada.

Si cela n’est pas bafouer nos droits démocratiques en générales et à l’information ainsi qu’à la divergence d’opinions en particulier, qu’est-ce que c’est ?

Carnet de notes , , , , , , ,

Yémen, automne 2005

9 janvier 2010
Sanaa, Yémen, automne 2004

À la fin de l’année 2005, je me suis rendu au Yémen pour le compte de l’organisation française DIA. Je devais y rester quatre à six semaines pour former des jeunes à la vidéo, de trois quartiers de Taez. Je suis revenu à Montréal qu’à la mi-décembre, trois mois plus tard, à temps pour la préparation du tournage de « Chroniques afghanes » qui devait commencer dès janvier 2006 à Kaboul.

Depuis, je n’avais que développé les films et tiré les planches contacts. Je prends donc le prétexte de l’actualité pour faire une sélection de photographies, pour ainsi vous faire part de mon travail là-bas et de vous parler de ce pays méconnu. D’ailleurs, certainement l’un des plus beaux que j’ai visité.

*

Je commence donc par citer un article traduit et publié par le journal en ligne « Le journal des alternatives » de l’organisation Alternatives dont la survie, ainsi que celles de d’autres organisations progressistes, est mise en cause par le gouvernement de Harper (ce qui est une autre histoire à suivre).

« Guerre anti-terroriste au Yémen? » de Ron Jacobs, du Counterpunch, 4 janvier 2010.

« Comme si les interventions US en Irak et en Afghanistan n’étaient pas suffisantes pour étancher la soif de sang de l’Empire, les appels en faveur d’une guerre ouverte contre le Yémen se multiplient. La raison invoquée pour cette intervention est que l’homme qui a apparemment voulu faire exploser un avion de ligne le jour de Noël 2009 a séjourné un temps dans ce pays et qu’il aurait pu y recevoir des instructions.

Tout comme l’occupation de plus en plus sanglante de l’Afghanistan, Washington veut faire croire au monde que le fait d’attaquer un pays qui héberge des organisations déterminées à résister à la domination US fera en quelque sorte disparaître ces organisations et rendra le monde plus sûr. Ce raisonnement plutôt simpliste ignore quelques faits évidents.

[…] »

À suivre.

Carnet de notes , , , , , , , , , , ,

En cette première journée de tempête de neige à Montréal…

9 décembre 2009
Première neige dans le quartier Villeray, Montréal, 9 décembre 2009
Première neige dans le quartier Villeray, Montréal,
9 décembre 2009
… si l’envie vous prend de vouloir sortir, ne manquez pas :
La Ciné-rencontre sur les conséquences citoyennes de la crise économique

« En ligne depuis l’automne, le site documentaire Web PIB, témoigne de l’impact de la crise économique sur la vie des gens. Grâce à une équipe de cinéastes et de photographes qui arpentent les quatre coins du pays, nous sommes amenés à découvrir des parcours de vie inattendus empreints de courage, résilience et persévérance. À partir d’une brève présentation du documentaire interactif, suivra une discussion sur la situation économique actuelle en présence d’invités spéciaux et de quelques artisans du projet.

« Animé par Hélène Choquette, réalisatrice-coordonnatrice du projet PIB

« Bernard Élie – Professeur associé au Département des sciences économiques École des sciences de la gestion de l’UQÀM.

« Fernand Dansereau – Depuis plus d’une cinquantaine d’années, ce cinéaste émérite a façonné une œuvre artistique riche et diversifiée, composée de documentaires et de fictions.

« Carole Laberge – Conseillère budgétaire de l’ACEF du Nord. Un organisme communautaire, sans but lucratif, spécialisé dans les domaines des finances personnelles, du crédit et de la consommation. »

Cette ciné-rencontre aura lieu ce soir à la Cinérobothèque de l’ONF, 1564 rue St-Denis, de 19h à 21h.

*

Si vous préférez rester à la maison… ou faire les deux !
Affiche de film "Sous la cagoule..."

Je vous rappelle que le film de Patricio Henriquez, « Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture », Prix Jutra 2009 du meilleur film documentaire, (bande annonce), sera diffusé ce soir sur les ondes de Télé-Québec, à 20 h. dans le cadre de l’émission DOCS PLUS (en rediffusion: jeudi 10 décembre 22 h 30 et samedi 12 décembre 21 h 50).

Le synopsis du film: « Sous couvert de guerre contre le terrorisme, des victimes sont aujourd’hui torturées en toute impunité par des États démocratiques sûrs de leur bon droit. Revenant sur l’historique de la torture et le passé peu glorieux d’une Amérique souvent complice des tortionnaires, le documentaire Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture donne un vrai visage à la souffrance et sonne l’alarme face à une nouvelle barbarie qui s’institutionnalise. »

J’invite particulièrement nos politiciens,  dont le Premier ministre M. Steven Harper, le ministres de la Dépense, Peter MacKay, de même que les hauts gradés de l’armée canadienne et tous ceux et celles qui croient encore justifié le recours à la torture dans certaines circonstances – je pense en autre à M Michael Ignatieff – à regarder cet important documentaire.

Carnet de notes , , , , , , , , , , , , , ,

Un autre bon coup pour M. Harper (sic !)

8 décembre 2009
Copenhague, février 2009.
Copenhague, février 2009.
Copenhague, février 2009.

En ce premier jour de la conférence de Copenhague, le Canada a  déjà réussi à se faire remarquer avec son prix de « Fossil du jour »  décerné par le Réseau action climat (RAC) une coalition de plus de 400 organisations non gouvernementales. Récompense que se gouvernement se méritait aussi en 2007 et 2008.

Le gouvernement Harper semble encore une fois sur la bonne voix pour réussir le coup de maître de s’aliéner une vaste proportion des gouvernements présents, exploit déjà accomplit au mois d’octobre dernier à Bangkok où les délégués de 77 pays ont quitté la salle avant même que le Canada prenne la parole lors d’une conférence préparatoire à Copenhague.

D’ailleurs, ce ne sont pas que ces délégués de pays en voie de développement, ni les membres du Réseau action climat (RAC) qui accordent une si mauvaise note à notre gouvernement. Dans sa chronique « Catastrophes annoncées » de samedi dernier dans Le Devoir, Gil Courtemanche termine son papier par :

« Le Canada : C’est évidemment une autre catastrophe annoncés. Citation d’un grand hebdomadaire européen : « Un seul pays se refuse toujours à aborder le dossier climatique avec bonne volonté : Le Canada. » Nous sommes une catastrophe pour la planète, avec les Etats-Unis, la Chine et la Russie, et nous ne faisons même pas semblant de vouloir négocier. Et l’hebdomadaire poursuit : « Le bilan environnemental du Canada est pourtant désastreux : les émissions de gaz à effet de serre ont grimpé de 26% entre 1990 et 2007, ce qui fait du Canada le pays du G8 où ces émissions ont le plus augmenté. Mais on s’en fout, M. Harper, que les Maldives soient englouties, que 200 millions de personnes errent sur les routes qui ne mènent nul part. On s’en fout que les Africains meurent de faim pourvu que le rodéo de Calgary se poursuive et que les sables bitumineux continuent à nous enrichir en tuant un peu partout. Mais cela, personne ne le sait, dit le chef de cabinet. » »

Pour sa part, Josée Bilodeau éditorialiste au Devoir signait hier un commentaire intitulé «Conférence de Copenhague: Avoir confiance» où elle ne ménage pas la position du gouvernement. Elle y écrit que le ministre fédéral de l’environnement, M. Prentice « ne voit dans la protection de l’environnement qu’une menace à l’économie et à l’emploi, fidèle au clientélisme du gouvernement conservateur obsédé par les rentables sables bitumineux de l’Alberta. Après eux le déluge !

« On aura donc compris que le Canada gardera son rôle de cancre en chef à Copenhague tout en tentant de faire croire, comme le font tous les cancres, qu’il est à la hauteur des joueurs-clés […] »

Et cela, au nom du Canada !

*

Je termine en citant un éditorial commun, publié par cinquante-six journaux dans quarante-cinq pays, qui « ont pris l’initiative sans précédent de parler d’une seule voix en publiant un éditorial commun. Nous le faisons car l’humanité est confrontée à une urgence aiguë. Si le monde ne s’unit pas pour prendre des mesures décisives, le changement climatique ravagera notre planète, et, avec elle, notre prospérité et notre sécurité. […]

« Mais les hommes politiques réunis à Copenhague peuvent et doivent s’accorder sur les éléments essentiels d’un accord équitable et efficace et, surtout, sur un calendrier ferme permettant de transformer cet accord en traité. […]

« La transformation sera onéreuse, mais son coût sera largement inférieur à celui du récent sauvetage de la finance mondiale – et infiniment moindre que le prix que nous aurions à payer en cas d’inaction. […] »

Est-ce que notre premier ministre, Steven Harper nous fera porter l’odieux d’être de ceux et celles qui n’ont pas voulu voir,  ni négocier ?

*

Journaux signataires de la pétition :

Economic Observer Chine. Southern Metropolitan Daily Chine. CommonWealth Magazine Taïwan. Joongang Ilbo Corée du Sud. Tuoi Tre Vietnam. Brunei Times Brunei. Jakarta Globe Indonésie. Cambodia Daily Cambodge. The Hindu Times Inde. The Daily Star Bangladesh. The News Pakistan. The Daily Times Pakistan. Gulf News Dubaï. An Nahar Liban. Gulf Times Qatar. Maariv Israël. The Star Kenya. Daily Monitor Ouganda. The New Vision Ouganda. Zimbabwe Independent Zimbabwe.s The New Times Rwanda. The Citizen Tanzanie. Al-Shorouk Egypte. Botswana Guardian Botswana. Mail & Guardian Afrique du Sud. Business Day Afrique du Sud. Cape Argus Afrique du Sud. Toronto Star Canada. Miami Herald Etats-Unis. El Nuevo Herald Etats-Unis. Jamaica Observer Jamaïque. La Brujula Semanal Nicaragua. El Universal Mexique. Zero Hora Brésil. Diario Catarinense Brésil. Diaro Clarin Argentine. Süddeutsche Zeitung Allemagne. Gazeta Wyborcza Pologne. Der Standard Autriche. Delo Slovénie. Vecer Slovénie. Dagbladet Information Danemark. Politiken Danemark. Dagbladet Norvège. The Guardian Grande-Bretagne. Le Monde France. Libération France. La Reppublica Italie. El Pais Espagne. El Mundo Espagne. De Volkstrant Pays-Bas. I Kathimerini Grèce. Publico Portugal. Hürriyet Turquie. Novaïa Gazeta Russie. Irish Times Irlande. Le Temps Suisse.

Carnet de notes , , , , , , ,

Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture

8 décembre 2009
Affiche de film "Sous la cagoule..."
Affiche de film « Sous la cagoule… »

À ne pas manquer : « Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture » (bande annonce) de Patricio Henriquez, Prix Jutra 2009 du meilleur film documentaire, sera diffusé sur les ondes de Télé-Québec, le mercredi 9 décembre à 20 h. dans le cadre de l’émission DOCS PLUS (en rediffusion: jeudi 10 décembre 22 h 30 et samedi 12 décembre 21 h 50).

J’invite tous nos politiciens (en particulier notre premier ministre Steven Harper, son ministre des affaires étrangères et Michael Ignatieff très ambigu sur la question), nos hauts gradés militaires, de même que ceux et celles qui croient encore justifié le recours à la torture dans certaines circonstances, à regarder ce documentaire.

« Sous couvert de guerre contre le terrorisme, des victimes sont aujourd’hui torturées en toute impunité par des États démocratiques sûrs de leur bon droit. Revenant sur l’historique de la torture et le passé peu glorieux d’une Amérique souvent complice des tortionnaires, le documentaire Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture donne un vrai visage à la souffrance et sonne l’alarme face à une nouvelle barbarie qui s’institutionnalise. »

D’ailleurs, est-ce un film comme celui-là qui pousse le gouvernement Harper à couper ou modifier le mode de financement du documentaire au Canada? Une autre façon de museler les voix divergentes?

Restons vigilants: le couperet dont est victime Alternatives à Montréal que  je mentionnais hier, répond aussi à une logique de bâillon dont notre gouvernement conservateur abuse.

*

C’est en tant que directeur de la photographie et caméraman que j’ai eu la chance de travailler sur cet important documentaire de Patricio Henriquez. Ces tournages nous ont menés à Kaboul et dans le Sud de l’Afghanistan, au Guatemala, au Canada et à Beyrouth, au Liban, où nous avons rencontré un ancien détenu d’Abou Ghraib en Irak.

*

Ajoutons notre nom sur les groupes Facebook «Sauvons le documentaire» et «Sauvons Alternatives» qui dénoncent les politiques rétrogrades du gouvernement Harper.

Carnet de notes , , , , , , , , , , , , ,

Alternatives menacé par le gouvernement Harper

7 décembre 2009
Cimetière de Keti Bendar (Thatta), Province du Sindh, Pakistan, 24 juin 2004.
Cimetière de Keti Bendar (Thatta), Province du Sindh, Pakistan,
24 juin 2004. *

C’est avec stupeur que j’ai appris ce weekend que l’organisation de solidarité international Alternatives, basée à Montréal, risque de fermer ces portes parce qu’une importante part de son financement en provenance de l’Agence canadienne de développement international – ACDI – ne sera pas renouvelée. Le bureau du Conseil privé (le ministère central) du Premier ministre Harper refuse sa signature.

Je cite l’article de Michel Lambert, le directeur d’Alternatives, qui écrivait hier dans Le journal des Alternatives, « Alternatives, victime de journalisme de propagande…? » :

« Dans les faits, Alternatives attendait depuis mars dernier (comme Kairos ! [une autre organisation progressiste visée par le gouvernement Harper]) un renouvellement de son programme de base valant 2.7 millions desquels 25% devait provenir de source de financement autonome. Ce programme allait permettre d’appuyer des groupes sociaux en Irak, en Haïti, en République démocratique du Congo, en Afghanistan et en Amérique Centrale. Les thématiques abordés sont la lutte au changements climatiques (Haïti), les droits des femmes et des minorités (Irak), l’accès à l’information (RDCongo), le développement rural (Afghanistan) et les droits des travailleurs et travailleuses (Amérique centrale – un projet qui devait se réaliser en coopération avec la Confédération des syndicats nationaux – CSN). »

De plus, Michel Lambert nous renvoie au colomnist John Ivison du très conservateur The National Post qui publiait dans ces pages ce weekend, « Funding for leftist group to be cut »:

“The cut to Alternatives’ budget comes just as the government has tabled a report from a panel of experts on the future of a new democratic promotion agency, which the Conservatives pledged to establish in the last Speech from the Throne.”

Cela devient très inquiétant quand c’est le gouvernement conservateur qui veut donner des leçons de démocratie, lui qui ne se gène pas pour bafouer les institutions canadiennes.  Je n’ose imaginer ce que cela sera si il devient un jour majoritaire…

Toujours sur le site d’Alternatives, Michel Lambert cite un ancien agent des renseignements canadien, Tom Quigging, qui écrit dans le The Global Brief, World Affairs in the 21st Century“CIDA Cuts KAIROS Funding: A Warning Call?”

“Is this a warning call to other organizations that receive CIDA funding? Are there other organizations which have been penetrated and then used for partisan goals?” [C’est moi qui souligne.]

Le gouvernement Harper lance-t-il le Canada dans une dangereuse « chasse aux sorcières » qui rappelle les pires années du Maccarthysme aux Etats-Unis ?

*

Voir aussi, dans Le Devoir, sous la plume de Marco Bélair-Cirino, « Le couperet tombe sur Alternatives ».

*

Plus encore, ajoutons notre nom sur le groupe Facebook « Sauvons Alternatives », le dernier né des « Sauvons… » tel « Sauvons le documentaire », pour n’en nommer qu’un, qui dénoncent aussi les politiques rétrogrades du gouvernement Harper.

*

* Cette photographie est extraite du documentaire Voyage dans le Delta de l’Indus, au Pakistan que j’ai réalisé avec Alternatives en 1994, soit l’un des nombreux projets auxquels j’ai participés avec eux, de près ou de loin, ici ou ailleurs. À suivre.

Carnet de notes , , , , , , , , , , , , , ,