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Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture

8 décembre 2009
Affiche de film "Sous la cagoule..."
Affiche de film « Sous la cagoule… »

À ne pas manquer : « Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture » (bande annonce) de Patricio Henriquez, Prix Jutra 2009 du meilleur film documentaire, sera diffusé sur les ondes de Télé-Québec, le mercredi 9 décembre à 20 h. dans le cadre de l’émission DOCS PLUS (en rediffusion: jeudi 10 décembre 22 h 30 et samedi 12 décembre 21 h 50).

J’invite tous nos politiciens (en particulier notre premier ministre Steven Harper, son ministre des affaires étrangères et Michael Ignatieff très ambigu sur la question), nos hauts gradés militaires, de même que ceux et celles qui croient encore justifié le recours à la torture dans certaines circonstances, à regarder ce documentaire.

« Sous couvert de guerre contre le terrorisme, des victimes sont aujourd’hui torturées en toute impunité par des États démocratiques sûrs de leur bon droit. Revenant sur l’historique de la torture et le passé peu glorieux d’une Amérique souvent complice des tortionnaires, le documentaire Sous la cagoule, un voyage au bout de la torture donne un vrai visage à la souffrance et sonne l’alarme face à une nouvelle barbarie qui s’institutionnalise. »

D’ailleurs, est-ce un film comme celui-là qui pousse le gouvernement Harper à couper ou modifier le mode de financement du documentaire au Canada? Une autre façon de museler les voix divergentes?

Restons vigilants: le couperet dont est victime Alternatives à Montréal que  je mentionnais hier, répond aussi à une logique de bâillon dont notre gouvernement conservateur abuse.

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C’est en tant que directeur de la photographie et caméraman que j’ai eu la chance de travailler sur cet important documentaire de Patricio Henriquez. Ces tournages nous ont menés à Kaboul et dans le Sud de l’Afghanistan, au Guatemala, au Canada et à Beyrouth, au Liban, où nous avons rencontré un ancien détenu d’Abou Ghraib en Irak.

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Ajoutons notre nom sur les groupes Facebook «Sauvons le documentaire» et «Sauvons Alternatives» qui dénoncent les politiques rétrogrades du gouvernement Harper.

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Alternatives menacé par le gouvernement Harper

7 décembre 2009
Cimetière de Keti Bendar (Thatta), Province du Sindh, Pakistan, 24 juin 2004.
Cimetière de Keti Bendar (Thatta), Province du Sindh, Pakistan,
24 juin 2004. *

C’est avec stupeur que j’ai appris ce weekend que l’organisation de solidarité international Alternatives, basée à Montréal, risque de fermer ces portes parce qu’une importante part de son financement en provenance de l’Agence canadienne de développement international – ACDI – ne sera pas renouvelée. Le bureau du Conseil privé (le ministère central) du Premier ministre Harper refuse sa signature.

Je cite l’article de Michel Lambert, le directeur d’Alternatives, qui écrivait hier dans Le journal des Alternatives, « Alternatives, victime de journalisme de propagande…? » :

« Dans les faits, Alternatives attendait depuis mars dernier (comme Kairos ! [une autre organisation progressiste visée par le gouvernement Harper]) un renouvellement de son programme de base valant 2.7 millions desquels 25% devait provenir de source de financement autonome. Ce programme allait permettre d’appuyer des groupes sociaux en Irak, en Haïti, en République démocratique du Congo, en Afghanistan et en Amérique Centrale. Les thématiques abordés sont la lutte au changements climatiques (Haïti), les droits des femmes et des minorités (Irak), l’accès à l’information (RDCongo), le développement rural (Afghanistan) et les droits des travailleurs et travailleuses (Amérique centrale – un projet qui devait se réaliser en coopération avec la Confédération des syndicats nationaux – CSN). »

De plus, Michel Lambert nous renvoie au colomnist John Ivison du très conservateur The National Post qui publiait dans ces pages ce weekend, « Funding for leftist group to be cut »:

“The cut to Alternatives’ budget comes just as the government has tabled a report from a panel of experts on the future of a new democratic promotion agency, which the Conservatives pledged to establish in the last Speech from the Throne.”

Cela devient très inquiétant quand c’est le gouvernement conservateur qui veut donner des leçons de démocratie, lui qui ne se gène pas pour bafouer les institutions canadiennes.  Je n’ose imaginer ce que cela sera si il devient un jour majoritaire…

Toujours sur le site d’Alternatives, Michel Lambert cite un ancien agent des renseignements canadien, Tom Quigging, qui écrit dans le The Global Brief, World Affairs in the 21st Century“CIDA Cuts KAIROS Funding: A Warning Call?”

“Is this a warning call to other organizations that receive CIDA funding? Are there other organizations which have been penetrated and then used for partisan goals?” [C’est moi qui souligne.]

Le gouvernement Harper lance-t-il le Canada dans une dangereuse « chasse aux sorcières » qui rappelle les pires années du Maccarthysme aux Etats-Unis ?

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Voir aussi, dans Le Devoir, sous la plume de Marco Bélair-Cirino, « Le couperet tombe sur Alternatives ».

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Plus encore, ajoutons notre nom sur le groupe Facebook « Sauvons Alternatives », le dernier né des « Sauvons… » tel « Sauvons le documentaire », pour n’en nommer qu’un, qui dénoncent aussi les politiques rétrogrades du gouvernement Harper.

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* Cette photographie est extraite du documentaire Voyage dans le Delta de l’Indus, au Pakistan que j’ai réalisé avec Alternatives en 1994, soit l’un des nombreux projets auxquels j’ai participés avec eux, de près ou de loin, ici ou ailleurs. À suivre.

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Leçons oubliées ?

26 novembre 2009
Sur le route de Band-i Amir (Bamiyan), octobre 2004.
Sur le route de Band-i Amir (Bamiyan), octobre 2004.

Hier matin le New York Times rapportait ce que le Président américain a dit au lendemain de son conseil de guerre sur les suites à donner avec leur engagement en Afghanistan : “It is my intention to finish the job.” Il n’a toutefois pas défini comment il allait évaluer si le travail est terminé. Alors, avec l’annonce de l’envoie de troupes supplémentaire qu’il devrait faire la semaine prochaine, sera-t-il en mesure de nous dire quels sont ses objectifs ?

Il est à se demander si dans sa  sa décision il prendra en considération les craintes de son représentant à Kaboul rapportées par Le Monde diplomatique« Dans une lettre rendue publique par une « fuite », l’ambassadeur des États-unis à Kaboul Karl Eikenberry, ancien commandant des troupes américaines en Afghanistan (en 2006-2007), a fait part de ses doutes sur l’envoi de soldats supplémentaires dans ce pays, notamment en raison de la corruption du président Karzaï. » («Afghanistan, les doutes de l’ambassadeur »Le monde diplomatique,  vendredi 13 novembre 2009)

Parce qu’il sera souhaitable que le nouveau prix Nobel de la paix soit en mesure d’arriver avec une autre solution que celle uniquement militaire que lui propose ses conseillés. Toujours dans le Monde diplomatique de novembre, William R. Polk, ancien membre du Policy Planning Council, aussi professeur d’histoire à l’Université de Chicago et auteur, notamment de Violent Politics, a History opf Insurgency, Terrorism & Guerrillla war, From the Americain Revolution to Iraq, écrit dans son article intitulé « Les leçons oubliées du Vietnam » (L’article n’est toujours pas en ligne) :

« Reste, l’intervention de l’Armée américaine : s’il est certain qu’avec une force de frappe supérieur, les États-Unis gagneront toujours les batailles d’importances, les insurgés ne disparaîtront que pour mieux reparaître. […] »

Il poursuit : « Ainsi, cet engagement pourrait s’avérer aussi fatal pour l’actuel président que le Vietnam le fut pour Lyndon Johnson. Pourtant, M. Obama a décidé de « maintenir le cap » en présentant l’Afghanistan comme un berceau du terrorisme – ce qui est faux. C’est l’action militaire américaine qui favorise le terrorisme (particulièrement depuis l’extension des opérations au Pakistan, en Somalie et en Irak), la meilleure recette pour accroître le danger restant le bruits de bottes sur le terrain. Les terroristes n’ont pas besoin de l’Afghanistan, enclavé et mal desservi sur le plan des transports et des communications : les attentats du 11 septembre ont été lancés depuis l’Europe, et les terroristes peuvent opérer de n’importe où.  […] »

Parce que l’on veut toujours oublier ou ne veut comprendre que – je cite toujours le professeur W. R. Polk : « Les Talibans et Al-Qaida obéissent à des logiques très différentes, mais cette distinction demeure confuse dans bien des esprits. Les premiers forment une organisation politique nationale, un véritable gouvernement intérieur en exil qui s’appuie sur un leadership traditionnel et sur une ethnie dominante ; Al-Qaida fait le lien entre des hommes et des femmes installés en divers endroits du globe et agissent seuls, sans commandement central – M. Oussama Ben Laden n’étant pas leur général mais leur gourou. Leurs objectifs diffèrent.

« L’usage de la force peut se révéler dangereux pour une société américaine comme pour son système politique et juridique. C’est pourquoi la prudence s’impose quand on avance sur le fil ténu qui sépare la volonté de sécurité du totalitarisme. » (C’est moi qui souligne)

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Mourir pour Steven Harper ? – Je vous reviens avec un autre article dans les prochains jours.

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Pittsburgh et le sommet du G20

27 septembre 2009
Vu de ma chambre, quartier de Botafogo, Rio de Janeiro, Brésil. Juin 2007
Vu de ma chambre, quartier de Botafogo, Rio de Janeiro,
Brésil. Juin 2007

Est-ce moi qui étais trop occupé cette semaine pour bien suivre l’actualité quotidienne, ou est-ce parce que le sommet du G20 est passé discrètement ? Certainement un peu des deux.

Ou ai-je été distrait par notre premier ministre Harper qui a volé la vedette avec ses non-participations à deux importantes réunions internationales, alors qu’il était, dans un premier temps, dans la même ville à rencontrer un maire, fût-il de New York, pour ensuite se rendre dans un Tim Horton dans le Sud de l’Ontario. Deux bonnes raisons, à ses yeux, pour manquer une rencontre de chefs d’État sur les questions de l’environnement et le lendemain, l’ouverture de la session des Nations Unies où tous les plus grands dirigeants de se monde étaient présents. Cela en dit gros sur l’importance qu’accorde Steven Harper aux affaires étrangères.

Sur la scène internationale, le Canada est devenu l’ombre de lui-même… Quand sera-t-il la risée de tous ?

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Je reviens sur la rencontre de Pittsburgh – où notre premier ministre était présent, cette fois-ci !

Tout de même étrange : il ne semble plus y avoir d’urgences alors que le taux de chômage des pays participants n’a jamais été aussi élevé. Il frôle les 10 % et l’ensemble des analystes s’entend pour dire qu’il n’est pas près de redescendre. Cela est sans compter que depuis le sommet de G20 à Londres, au printemps dernier, les banques se sont remises à faire des profits démesurés et à offrir des primes indécentes à ces dirigeants.

Dans sa chronique du samedi 26 septembre dans Le Devoir intitulée « Voilà Pittsburgh! »,  Gil Courtemanche résume la position des trois groupes de pays présents à ce sommet.

« Le premier […] est composé essentiellement des États-Unis, du Royaume-Uni et du Canada. Ces pays ne trouvent au capitalisme aucun défaut inhérent, […].

« Puis il y a l’Europe, essentiellement menée par la France et l’Allemagne, mais aussi poussée par une vague de contestation populaire qui n’existe pas ici. […] Leur approche est plus directive, plus étatique, mais devant l’opposition des Saxons dont nous sommes, ils acceptent bien souvent des compromis si ténus que même les spéculateurs les trouvent normaux.

« Et il y a ce troisième groupe dont on parle peu, pays qu’on dit émergents : la Chine, l’Inde, le Brésil. Curieusement, ils ont beaucoup mieux résisté que nous à la crise. […] De manières différentes, ces pays organisent leur économie. On ne laisse pas l’aventurisme et la soif du gain décider du sort de la société. Car c’est bien ce qui est survenu en Occident, l’aventurisme et la soif du gain. Non seulement ces pays ont-ils résisté à la crise, mais ils en sortent renforcés. […] »

Avec ce sommet, nous sommes bien loin des déclarations fracassantes de Sarkozy du début de l’année qui clamait la fin du capitalisme sauvage : « Le monde ne sera plus jamais pareil. » (Sic !)

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