C’est en lisant la version en ligne du Monde ce matin, que j’ai découvert le projet Facing Change, d’un collectif de photographes américains sur la crise économique qui sévit dans ce pays, la première économie mondiale (sic !). Un projet passionnant, un résultat qui vaut le détour.
La photographie est extrait d’un reportage photos que j’ai réalisé en 1993 à Détroit, au moment où la ville et les travailleurs étaient déjà très affectés par la crise de l’automobile. Je voulais documenter l’impact de cette crise sur les travailleurs de même que l’annonce du gouverneur de l’État du Michigan qui allait couper l’aide sociale à toute personne, après deux années de bénéfices. Mais comment pouvait-on imaginer un État sans dernier recours pour sa population privée de travail ?
Je ne peux m’empêcher de passer sous silence la fermeture définitive de deux usines d’AbitibiBowater, celle de Dolbeau et celle de Gatineau. Fermetures que la compagnie a annoncées il y a de cela près de deux semaines, soit au moment de la naissance de ma petite.
« Ni les autorités, ni les travailleurs, ni les membres des comités de survie qui se creusent la tête pour sauver leurs usines n’avaient été prévenus de la décision livrée par simple communiqué de presse. Dans le cas de Dolbeau, l’usine de papier était le seul gagne-pain industriel d’importance de la région. À moins de trouver autre chose à produire que du papier concurrent, c’est la survie même de la région qui est en jeu.
« Ce manque de savoir-vivre typique de la direction d’AbitibiBowater est d’autant plus choquant que voilà une compagnie qui exploite nos forêts depuis cent ans en profitant de droits de coupe exclusifs et d’ententes plus que généreuses avec Hydro-Québec et le gouvernement provincial.
[…]
« Même si elle ne produit plus de papier dans la région du Lac Saint-Jean, AbitibiBowater y détient toujours plus de 80 % des droits de coupe exclusifs et refuse de laisser quelque concurrent que ce soit reprendre ses installations. Or, contrairement à Terre-Neuve, notre propre gouvernement du Québec ne fait rien pour protéger les siens.
« Combien de temps encore faudra-t-il endurer des élus qui se comportent en entremetteurs serviles de ces parasites sociaux que sont les AbitibiBowater de ce monde? » [C’est moi qui souligne.]
Je reviens aussi cette histoire d’AbitibiBowater pour rappeler à ses dirigeants et à nos politiciens que leurs décisions, ou non-décisions, ont un impact sur des hommes et des femmes qui perdent leur emploi, avec toutes les conséquences personnelles et familiales que cela peut avoir.
Mais fort heureusement que des gens comme Nelson Dumais et sa femme Manon Maltais rencontré dans l’essai photo « La vie devant soi » pour le projet PIB, sont plus forts, plus sincères et plus intègres qu’eux. Et que fort heureusement, ils peuvent compter sur leur famille. En témoigne le commentaire laissé par leur fille sur le site du projet PIB :« Mon père, mon héros ! », par Joanie Maltais-Dumais, le 9 août 2010 : « Je t’aime mon père, soit fort ! »
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Le webdocumentaire à cela de merveilleux : parfois, la relation s’établit « directement » avec l’internaute et leurs commentaires. Dans ce cas-ci, cela a bien fonctionné.
Ami et collègue, c’est dans les bureaux des productions InformAction que j’ai rencontré Vincent en 2005 ou 2006. Tous les deux nous y développions des projets : il terminait « La vie après la shop », je commençais « Chroniques afghanes ».
Ensuite, nous nous sommes revus là-bas et ailleurs : le milieu du cinéma à Montréal est petit et celui du documentaire encore plus.
Il aura fallu le début du webdocumentaire PIB, l’indice humain de la crise économique canadienne, au printemps de l’année dernière, pour que Vincent et moi travaillions ensemble. L’idée de faire un portrait de lui m’est venue à ce moment. Avec PIB, il signe le récit « École-usine » de Formétal, à Montréal, et quelques épisodes de « Les camionneurs ».
En voyant la fin de la production arriver, et sans préavis, j’ai profité d’un échange de matériel de tournage avec Vincent pour croquer quelles images de lui, juste avant son départ pour l’enregistrement de la narration de son nouveau documentaire dont la sortie est prévue cet automne. Quelques minutes ont suffi.
Port-au-Prince – J’apprend que le film de Patricio Henriquez, « Sous la cagoule, voyage au bout de la torture » dont j’ai fait une parti de la direction photo (Afghanistan, Guatemala, Beyrouth, Canada), vient de se mériter le prix Gémeaux de Meilleur documentaire société. Bravo Patricio pour ce film important!
Aussi, le projet de web documentaire de l’ONF, PIB l’indice humain de la crise économique canadienne auquel je participe comme réalisateur sur le terrain et photographe a été nominé dans la catégorie pour meilleur documentaire, affaires publiques Web. Un très beau travail d’équipe toujours en production!